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HOLY LOLA Bertrand Tavernier Pierre (Jacques Gamblin) et Géraldine (Isabelle Carré) ne peuvent pas avoir d’enfant. Ils décident donc de quitter l’Auvergne où ils vivent, pour partir adopter au Cambodge. Sur place, ils s’installent dans un hôtel occupé uniquement d’adoptants français comme eux. Ils sympathisent avec quelques-uns, dont Marco et Annie. Rapidement, le couple commence ses démarches. D’orphelinat en orphelinat, de paperasses administratives en entretiens avec des fonctionnaires dépassés ou corrompus, leur motivation s’en ressent et le couple vit des moments difficiles. Au plus près des personnages, Tavernier – qui sort un film très différent de ce qu’il a l’habitude de faire – filme habilement cette détresse terrible qui habite les adoptants. On suit avec beaucoup d’émotion le parcours épineux de ce couple charismatique et très touchant que forment Gamblin et Isabelle Carré. BOUDU Gérard Jugnot Christian Lespinglet (Jugnot aussi face à la caméra), galeriste surendetté, sauve de la noyade Boudu (Depardieu), un SDF qui tentait de se suicider. Il va le ramener chez lui, mais l’homme s’incruste. L’arrivée de ce dernier va agir comme un chien fou dans le jeu de quilles qu’est la vie de Christian, coincé entre sa femme Yseult (Catherine Frot, trop caricaturale), dépressive, et sa galerie de peinture au bord de la faillite. Pourquoi Jugnot, réalisateur et acteur populaire, a voulu pour sa 9e réalisation faire un remake de Boudu sauvé des eaux ? Il aurait pu s’en passer. Son film est assez lent et on a l’impression que Gérard Jugnot s’ennuie un peu et, au final, on s’ennuie avec lui, malgré quelques «scénettes» drôles qui fonctionnent bien mais qui ne sauvent pas le film. Le casting était pourtant bon et, comme d’habitude, Depardieu se taille la part du lion avec le rôle de Boudu. BRICE DE NICE James Huth aAvec Élodie Bouchez, Jean Dujardin, Clovis Cornillac, Bruno Salomone, Alexandra Lamy. Sale gosse de 30 ans, délaissé par un père affairiste, Brice s’est réfugié dans sa vie de surfeur... niçois! Dans le Vieux Nice, on rigole des attitudes gamines de ce looser, mais on se presse aussi à ses mythiques soirées dans la villa paternelle. Un jour, son père est envoyé en prison. Le voilà sans ressources, sans domicile, sans rien. Il décide d’aller à Biarritz pour une compétition de surf. Allez, avouons-le, voir Brice – personnage créé par Jean Dujardin pour le café théâtre puis pour la télévision – débarquer au cinéma ne rassurait guère. Inquiétude vaine. Ce qui a fonctionné sur quelques minutes a très bien été adapté en long métrage, non seulement par le créateur (Loulou dans Un gars, une fille) mais surtout par l’équipe qui l’entoure. On s’éclate des jeux de mots crétins, des vannes acerbes de Brice. Certaines scènes touchent même au «culte», comme les virées de Brice avec sa mob et son porte-planche. Le film glane le kitsch et la futilité, indispensables à son entreprise, tout en gardant une personnalité propre. Et même si, au bout d’une heure, on sent le film s’essouffler un peu, on le finit avec beaucoup de plaisir. À voir, surtout qu’il n’est pas encore sorti en salles au Liban. Il le fera, avec du retard comme d’habitude.

HOLY LOLA
Bertrand Tavernier

Pierre (Jacques Gamblin) et Géraldine (Isabelle Carré) ne peuvent pas avoir d’enfant. Ils décident donc de quitter l’Auvergne où ils vivent, pour partir adopter au Cambodge. Sur place, ils s’installent dans un hôtel occupé uniquement d’adoptants français comme eux. Ils sympathisent avec quelques-uns, dont Marco et Annie. Rapidement, le couple commence ses démarches. D’orphelinat en orphelinat, de paperasses administratives en entretiens avec des fonctionnaires dépassés ou corrompus, leur motivation s’en ressent et le couple vit des moments difficiles. Au plus près des personnages, Tavernier – qui sort un film très différent de ce qu’il a l’habitude de faire – filme habilement cette détresse terrible qui habite les adoptants. On suit avec beaucoup d’émotion le...