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MANAGEMENT Le contrôleur ne contrôle plus

Par Jihane ABI AZAR * Certains comportements managériaux nous amènent à avoir une vision assez particulière de la gestion des entreprises et nous obligent à reconsidérer certains de nos a priori. En effet, dans de nombreuses entreprises, le recrutement de contrôleurs de gestion est devenu un des « hobbies » préférés des managers. Nous sommes donc en droit de nous demander quelles sont les raisons qui poussent le dirigeant à agir de la sorte. Est-ce une nécessité pour le bon fonctionnement de l’entreprise ou est-ce un phénomène de mode, peut-être éphémère ? Afin de mieux comprendre cet état de fait, il est essentiel de définir la notion de contrôle et de préciser la place et l’importance de la fonction dans l’organisation. Le contrôle de gestion, régulateur des comportements, désigne le « processus par lequel les dirigeants s’assurent que les ressources sont obtenues et utilisées avec efficience, efficacité et pertinence ». Ces quelques dernières années, la fonction de contrôle de gestion a fait l’objet de profondes mutations. Après avoir longtemps privilégié les aspects purement techniques, le contrôle de gestion intègre des éléments sociopolitiques pour tenir compte des comportements des acteurs dans l’organisation et des différents contextes organisationnels. L’approche traditionnelle de la structure par division qui a été développée en 1920, notamment au sein de Ford et de General Motors, est remise en cause. À l’époque, le contrôleur de gestion se contentait de vérifier que les résultats réels étaient conformes à ce qui avait été prévu. Son rôle principal s’est focalisé sur la production d’informations chiffrées, basées quasi exclusivement sur la comptabilité. Par conséquent, il détenait la redoutable réputation d’être un inspecteur ou dénicheur de problèmes. Mais cette approche du contrôle de gestion ne correspond plus à la réalité économique d’aujourd’hui qui se caractérise par l’importance de la compétitivité « hors prix, hors coût ». En effet, pour un client, le choix entre deux propositions dépend des services et autres avantages qui sont proposés en plus du produit de base. Il faut donc améliorer la qualité des biens et services produits afin de satisfaire au mieux les clients. L’entreprise doit, également, de plus en plus tenir compte du bien-être de ses salariés. La satisfaction de son personnel est une donnée qui ne peut pas être négligée par les dirigeants d’une organisation. L’entreprise a beaucoup à gagner en améliorant le sort des employés car ce sont eux qui participent à la création de valeur. Ainsi, le contrôle de gestion « a pour vocation d’être un système d’animation et de motivation ». Dans ce contexte, le contrôleur de gestion doit jouer le rôle d’un véritable chef d’orchestre. Son rôle est devenu polyvalent. Il doit être à la fois spécialiste et généraliste, opérationnel et fonctionnel, technicien et humain. L’expression « contrôleur de gestion » reflète mal la réalité de ce métier. Le contrôleur ne contrôle plus, il anime, il conseille, il coordonne et il informe. L’identité de l’entreprise, le système de valeurs, la culture et le comportement du dirigeant sont devenus les facteurs déterminants du rôle que joue le contrôleur de gestion au sein de l’organisation. Par conséquent, ce service peu rester une « coquille vide », ou à l’inverse devenir « l’éminence grise » de la direction. * Spécialiste en comptabilité et contrôle de gestion – Centre de recherche et d’études doctorales de l’ESA (CRED). En coopération avec l’ESA
Par Jihane ABI AZAR *

Certains comportements managériaux nous amènent à avoir une vision assez particulière de la gestion des entreprises et nous obligent à reconsidérer certains de nos a priori. En effet, dans de nombreuses entreprises, le recrutement de contrôleurs de gestion est devenu un des « hobbies » préférés des managers. Nous sommes donc en droit de nous demander quelles sont les raisons qui poussent le dirigeant à agir de la sorte. Est-ce une nécessité pour le bon fonctionnement de l’entreprise ou est-ce un phénomène de mode, peut-être éphémère ? Afin de mieux comprendre cet état de fait, il est essentiel de définir la notion de contrôle et de préciser la place et l’importance de la fonction dans l’organisation.
Le contrôle de gestion, régulateur des comportements, désigne le « processus...