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CITOYEN GROGNON Tracas quotidiens

Detlev par-ci, Mehlis par-là. Enquête par-ci, arrestations par-là. Le pays tout entier a les yeux braqués sur l’enquêteur international. Personnage aussi admiré que craint et qui devient, au fil de la progression de l’enquête, une véritable vedette nationale. Oui mais, entre deux arrestations, ponctuées des sirènes hurlantes de convois express de 4 x 4 noires, c’est comme si le pays s’arrêtait de vivre et que plus rien d’autre n’existait. Surtout pas le citoyen qui, lui, continue d’encaisser jour après jour les sales coups que lui réserve le quotidien. De nouveau, les sempiternelles pannes de courant qui viennent le narguer, lui faisant craindre un hiver des plus désagréables, alors que le prix du carburant poursuit son ascension vertigineuse. Encore les éternels problèmes d’eau, distribuée au compte-gouttes, carrément coupée par endroits, au gré des caprices du fonctionnaire de permanence, alors que certains privilégiés ne se privent pas de la gaspiller ouvertement. Toujours ces routes cabossées, ces fameuses routes, si mal entretenues qu’elles tuent des centaines de personnes chaque année. Et puis aussi cette indiscipline qui règne partout, de la rue aux administrations, caractérisée par l’inévitable « yalla méché », saupoudrée d’un zeste de corruption. Cette fameuse corruption qui sanctionne le simple citoyen au profit du plus rusé, et qui entraîne telle administration à retarder ou même à stopper le paiement de ses factures de soins, et telle autre à lui soutirer quelques sous en trop, prétextant quelque obscure raison. Cette corruption qui, au fil des ans, a mis dans l’impasse la nation tout entière, alors que sont outrageusement dépensés les deniers publics. Des poches se remplissent encore. D’autres se vident toujours. La crise continue ses ravages, balayant tout sur son passage. Les faillites ne se comptent plus. « Liquidation totale pour fermeture », lit-on, dans le meilleur des cas, sur les devantures de nombreux magasins. Le citoyen garde pourtant le moral, dans l’espoir d’un avenir meilleur. Dans l’espoir surtout qu’émergera très bientôt un pays digne de ce nom. Mais la rentrée scolaire approche. Les scolarités pleuvent déjà, prématurément. Les échéances n’attendront pas, elles, la fin du rapport Mehlis. Mais le citoyen pourra-t-il y faire face cette fois encore ? Anne-Marie EL-HAGE

Detlev par-ci, Mehlis par-là. Enquête par-ci, arrestations par-là. Le pays tout entier a les yeux braqués sur l’enquêteur international. Personnage aussi admiré que craint et qui devient, au fil de la progression de l’enquête, une véritable vedette nationale.
Oui mais, entre deux arrestations, ponctuées des sirènes hurlantes de convois express de 4 x 4 noires, c’est comme si le pays s’arrêtait de vivre et que plus rien d’autre n’existait.
Surtout pas le citoyen qui, lui, continue d’encaisser jour après jour les sales coups que lui réserve le quotidien.
De nouveau, les sempiternelles pannes de courant qui viennent le narguer, lui faisant craindre un hiver des plus désagréables, alors que le prix du carburant poursuit son ascension vertigineuse.
Encore les éternels problèmes d’eau, distribuée au...