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Actualités - Opinion

ANALYSE Des défis difficiles attendent l’Autorité palestinienne

En héritant d’un territoire menacé d’un chaos sécuritaire et économiquement dévasté, l’Autorité palestinienne doit relever de formidables défis pour prouver au monde que les Palestiniens méritent leur propre État. Pendant 38 ans d’occupation, le territoire exigu où s’entassent plus de 1,3 million de Palestiniens dans des conditions souvent miséreuses était économiquement dépendant d’Israël, qui veut, au grand dam des Palestiniens, continuer à contrôler les personnes et les marchandises entrant dans la bande de Gaza. Or, si l’Autorité palestinienne peut dans un avenir proche mettre en œuvre des projets générateurs d’emplois, le développement économique à long terme de la bande de Gaza dépend, selon des experts, du sort des points de passage et de l’amélioration de la sécurité dans le territoire. « Plus de 90 % des échanges commerciaux de la bande de Gaza se font avec Israël qui, en maintenant son contrôle sur les points de passage, semble déterminé à subordonner notre économie à la sienne et nous empêcher d’élargir nos échanges à d’autres pays », affirme Jabr al-Qarnawi, du Centre pour les recherches sur l’emploi, basé à Gaza. Israël exige de pouvoir contrôler, aussi bien pour des raisons sécuritaires qu’à cause des accords douaniers, les marchandises, et dans un premier temps les personnes, entrant dans la bande de Gaza depuis l’Égypte, quitte à les inspecter dans un autre point de passage, Kerem Shalom, situé en territoire israélien à la limite de la bande de Gaza et de l’Égypte. Selon M. Qarnawi, le développement de l’agriculture sur les terres occupées par les ex-colonies et les projets de construction dans les zones évacuées sont susceptibles de créer entre 20 et 25 000 emplois, un chiffre dérisoire pour un territoire dont environ 35 % de la population active est au chômage. Pour remédier au problème, l’Autorité palestinienne doit créer les conditions propices pour attirer les investissements afin de générer un nombre important d’emplois et donner un coup de fouet à l’économie. « Les investissements sont tributaires du climat que l’Autorité palestinienne peut instaurer, surtout dans le domaine sécuritaire, mais aussi dans les volets juridique et fiscal », souligne M. Qarnawi. « La création d’emplois est étroitement liée au comportement et à la politique de l’Autorité », ajoute-t-il. Depuis le début de l’intifada, la bande de Gaza, comme le reste des territoires palestiniens, a graduellement sombré dans l’anarchie et des groupes armés y sévissent en toute impunité au nom de la « résistance ». Ce chaos a culminé la semaine dernière avec l’assassinat à Gaza du général Moussa Arafat, conseiller du leader Mahmoud Abbas et ancien patron des services de sécurité. Si la fin de ce chaos est essentielle pour attirer les investissements, elle l’est aussi pour l’avenir du processus de paix, estime l’analyste Hassan al-Kachef. « L’Autorité palestinienne doit se doter d’une stratégie et des outils nécessaires pour faire instaurer l’ordre et la loi et pour cela elle doit d’abord se réformer de l’intérieur », affirme M. Kachef. Selon lui, le règlement du problème des armes des mouvements comme le Hamas, qui refusent de les déposer, ne peut être réglé qu’à travers « un réel partenariat » politique avec l’Autorité palestinienne. « L’Autorité parle de pluralisme, mais elle est dominée par un seul parti (le Fateh), ce qui fait que les factions armées croient, à tort, que leur force est tributaire de la faiblesse de l’Autorité », souligne-t-il. « Mais dans le cadre d’un partenariat, la question des armes devient plus facile à régler », ajoute-t-il. Selon M. Kachef, le rétablissement de la sécurité et la fin des frictions entre les différents mouvements donneront à l’Autorité palestinienne des arguments pour réclamer des pressions sur Israël en vue d’une relance des négociations pour la création de l’État palestinien prévu par la « feuille de route », plan de paix international. « Israël parie sur notre échec. C’est à nous de relever ce défi », conclut-il. Ezzedine SAID (AFP)
En héritant d’un territoire menacé d’un chaos sécuritaire et économiquement dévasté, l’Autorité palestinienne doit relever de formidables défis pour prouver au monde que les Palestiniens méritent leur propre État.
Pendant 38 ans d’occupation, le territoire exigu où s’entassent plus de 1,3 million de Palestiniens dans des conditions souvent miséreuses était économiquement dépendant d’Israël, qui veut, au grand dam des Palestiniens, continuer à contrôler les personnes et les marchandises entrant dans la bande de Gaza. Or, si l’Autorité palestinienne peut dans un avenir proche mettre en œuvre des projets générateurs d’emplois, le développement économique à long terme de la bande de Gaza dépend, selon des experts, du sort des points de passage et de l’amélioration de la sécurité dans le...