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Actualités - Opinion

Le Point Timide début

Lors du débat de dimanche dernier, qui l’a emporté ? Selon le quotidien Bild , et il est le seul à avancer un tel jugement, c’est elle ; mais s’il faut en croire les sondages, ce serait plutôt lui qui a gagné. Ne cherchez pas : il s’agit bien évidemment du face-à-face télévisé qui a opposé le chancelier allemand sortant Gerhard Schröder à Angela Merkel à quelques jours du scrutin du 18 septembre. Ailleurs, nul n’ignore depuis le mois dernier que Hosni Moubarak a catégoriquement rejeté les timides propositions de rencontre « à l’américaine » formulées notamment par Ayman Nour. Le week-end dernier, des voix se sont élevées pour réclamer une transparence plus grande concernant l’état de santé du chef de l’État, entré dans sa soixante-douzième année et qui envisage, murmure-t-on, de briguer un troisième mandat. On l’a compris : il est question là de Jacques Chirac, admis à l’hôpital militaire de Val-de-Grâce pour un problème vasculaire mineur. Parce que le raïs, lui, se porte comme le Pont-Neuf et, à 77 ans, n’éprouve aucunement le besoin de faire publier à intervalles réguliers un bulletin médical. Revenons à l’Égypte. Il y a eu lundi la surprise créée par le refus de la commission électorale, qui a à sa tête le président de la Cour constitutionnelle, de se conformer à la décision de la Cour suprême autorisant des ONG à suivre le déroulement de l’élection d’aujourd’hui mercredi et du coup de se placer au-dessus de la loi. 20 juin dernier, à l’Université du Caire, la secrétaire d’État américaine Condoleezza Rice prend la parole devant un parterre d’hommes politiques, de professeurs et d’étudiants. Ce qu’elle dit dans un premier temps relève de l’autocritique, mais l’appel qui suivra va jeter un froid dans la salle et dans l’univers politique arabe. « Tout au long des soixante années passées, dit-elle, les États-Unis ont privilégié la stabilité au Proche-Orient au détriment de la démocratie, sans pour autant atteindre aucun de ces objectifs. Désormais, nous allons soutenir les aspirations démocratiques de tous les peuples. » Puis, après un rapide tour d’horizon de la conjoncture dans un certain nombre de pays de la région – Irak, territoires palestiniens, Liban, Syrie, Iran, Arabie saoudite –, le chef de la diplomatie US cite le président égyptien qui, par sa décision d’amender la Constitution et d’organiser des élections multipartites, a « ouvert la voie du changement ». Deux mois et demi plus tard, comme en écho, un haut responsable de l’Administration américaine, Daniel Fried, relayait hier mardi le message en estimant que la présidentielle est « une façon d’ouvrir une brèche qui permettra d’aller plus loin ». Au Caire où l’on adore se gargariser de mots, personne par contre ne se berce d’illusions : le président étant assuré d’être réélu pour un cinquième mandat de six ans, toute la question est de savoir par quelle marge de voix. C’est, dit-on, une affaire non pas de personnes mais de mentalités. On ne redécouvre pas, sous l’effet de quelque miracle, les bienfaits du libre choix après cinquante-trois ans de lavage de cerveaux, à l’ombre d’un État omniprésent à tous les niveaux, à toutes les étapes de la vie des citoyens et alors que l’analphabétisme continue de gangrener la population. Pour l’Égyptien moyen, le réveil à la modernité politique – à tout le moins à l’un de ses signes extérieurs –, ce serait en ce mercredi un vote acquis à 55-65 pour cent des voix. Car, pour le reste, les slogans ne laissent aucune place à l’imagination. C’est, assène Moubarak, « la vision d’un leader, la créativité d’un peuple » ; « l’espoir et le changement », selon le « Ghad » d’Ayman Nour ; « un sérieux changement », si l’on veut suivre le néo-Wafdiste Nooman Gomaa. Les sept autres candidats se contentent de faire de la figuration, folklorique le plus souvent, et des promesses, pour rester dans le ton de la campagne. L’électeur sait faire preuve de pragmatisme, en jugeant à leur juste mesure les réalisations des deux décennies et demie passées. Quant aux observateurs étrangers, qui connaissent bien mal l’âme profonde de cette Égypte plusieurs fois millénaire, ils lui prêtent volontiers une résignation qu’il est loin d’éprouver. Les rapports corrects du régime avec ses partenaires de la scène locale, le respect des accords passés avec Israël, l’appui aux modérés palestiniens face aux extrémistes du Hamas et du Jihad islamique ? Autant d’ « acquis » qui sont loin de faire vibrer en lui une quelconque fibre patriotique, encore moins nationaliste arabe tant semble lointain le souvenir d’une certaine doctrine qui jadis s’appelait nassérisme. L’important en ce siècle de toutes les incertitudes et qui débute assez mal s’appelle le chômage, de criantes inégalités sociales, une économie qui ne profite qu’aux « fat cats », l’inexorable dérive islamiste, un chancre bureaucratique qui engloutit les ressources de l’État. Alors, six ans de plus pour recommencer, et avec les mêmes… Christian MERVILLE
Lors du débat de dimanche dernier, qui l’a emporté ? Selon le quotidien Bild , et il est le seul à avancer un tel jugement, c’est elle ; mais s’il faut en croire les sondages, ce serait plutôt lui qui a gagné. Ne cherchez pas : il s’agit bien évidemment du face-à-face télévisé qui a opposé le chancelier allemand sortant Gerhard Schröder à Angela Merkel à quelques jours du scrutin du 18 septembre. Ailleurs, nul n’ignore depuis le mois dernier que Hosni Moubarak a catégoriquement rejeté les timides propositions de rencontre « à l’américaine » formulées notamment par Ayman Nour.
Le week-end dernier, des voix se sont élevées pour réclamer une transparence plus grande concernant l’état de santé du chef de l’État, entré dans sa soixante-douzième année et qui envisage, murmure-t-on, de briguer un...