Arithmétique démographique
À ceux qui prétendent réduire le Liban à une simple question de chiffres démographiques.
Si vous voulez compter les chrétiens du Liban pour transmettre un message quelconque, je vous prie de bien vouloir prendre en considération les indications suivantes :
– Le Parlement, dans un régime comme le nôtre, est censé représenter tous les Libanais, résidents et émigrés.
– Le nombre et la répartition confessionnelle des Libanais émigrés ainsi que les étrangers d’origine libanaise qui ont le droit de récupérer leur nationalité libanaise.
– Les transferts d’argent au Liban effectués par ces chrétiens d’outre-mer et le pourcentage de leur contribution au PNB.
– La contribution des chrétiens du Liban au PIB national.
– Le pourcentage des impôts et taxes payés par certaines régions, bien qu’elles n’abritent que 17 % des Libanais, selon certains, ainsi que leur contribution au budget de l’État.
– Le rôle historique joué par ceux-là mêmes sans qui le Liban n’aurait pas existé ni progressé sur les plans politique, académique, culturel et touristique.
Et si vous voulez toujours compter, en supposant que la démocratie ne soit qu’affaire d’arithmétique étriquée, n’oubliez pas ces quelque 15 millions d’émigrés.
Camille MOURANI
Connaître la vérité
Les Libanais ont le droit de connaître la vérité, tout comme a le devoir M. Detlev Mehlis, suite à sa longue enquête, de découvrir la vérité sur l’attentat monstrueux du 14/02/2005. Espérons simplement que ses conclusions permettront de répondre à l’essentiel de nos interrogations portant sur les commanditaires.
Vues de l’extérieur, il me semble que si les conclusions de l’enquête étaient décevantes, la justice internationale aurait failli à sa raison d’être et le Liban pourrait dire adieu à sa sécurité et à sa stabilité, car alors rien ni personne ne pourra arrêter le cycle infernal de la violence dont l’Irak est en train de faire les frais.
Misons plutôt sur le sérieux de monsieur Mehlis et imaginons un instant que l’enquête désigne, preuves irréfutables à l’appui, un coupable, peut-être identique à notre suspect. M. Fouad Siniora a d’ores et déjà souhaité qu’il soit jugé en dehors du Liban.
En dehors de toute logique politique nationale ou géopolitique régionale, prenons les différentes possibilités (suspect /justification) :
– crime crapuleux (on en voudrait à la personne de Hariri, mais les moyens sont tellement disproportionnés… ) ;
– attentat politico-confessionnel (là aussi les moyens de l’attentat sont disproportionnés) ;
– organisation paramilitaire extralibanaise « palestinienne » à partir des camps de réfugiés où des armes circulent sans commune mesure avec toute la logistique mise en place pour une telle action ;
– logique déstabilisatrice régionale dans le cadre de la politique de la terreur de la nébuleuse el-Qaêda (toujours possible avec des moyens insoupçonnés) ;
– attentat perpétré par l’État ou les services secrets israéliens (pour affaiblir les Syriens et les amener à quitter le Liban, et ainsi couper le cordon alimentant le Hezbollah en tant que force paramilitaire à la frontière nord d’Israël) ;
– attentat perpétré par l’État ou les services secrets syriens (pour accuser les Israéliens de vouloir déstabiliser la situation « assainie » depuis les accords de Taëf) ou encore pour éliminer tout opposant à la trop grande influence mettant en danger sa politique de « diviser pour mieux régner ».
Il faut reconnaître que le champ de manœuvre (sanctions éventuelles) est restreint, surtout s’il s’agit de l’une des deux puissances régionales, à savoir Israël ou la Syrie.
S’il s’agit d’Israël, il y a fort à parier qu’il sera hors d’atteinte d’une quelconque opprobre.
Mais s’il s’agit de la Syrie, alors la boucle est bouclée et les USA pourront à leur guise disposer de l’appui international suffisant pour obtenir contre elle des sanctions.
Dr Riad JREIGE
Montpellier – France
Bravo prince Talal !
Dans L’Orient-Le Jour du 29/8/05, la nouvelle d’un prince saoudien réclamant une Constitution pour son peuple fait l’effet d’un rayon de lumière au bout d’un tunnel obscur. Enfin, un prince qui a le courage de rejeter le manteau tribal conservateur qui couvre la famille royale pour se lancer et lancer son pays dans la direction d’une ouverture vers la modernité. On peut vraiment, à partir d’aujourd’hui, espérer que les pays musulmans, à commencer par le plus conservateur d’entre eux, vont essayer de rattraper un univers lancé au galop vers une globalisation technologique, culturelle et civilisatrice, délaissant au bord du chemin les peuples recroquevillés dans leurs us, coutumes et mœurs ancestraux.
Espérons que l’appel du prince Talal ben Abdel Aziz sera entendu et écouté, non seulement par les religieux et les princes d’Arabie saoudite, mais aussi par tous ceux qui s’occupent de politique et de religion au Liban, et dans le monde arabe et islamique.
Roger AKL
L’île flottante à Jounieh
Nous partageons pleinement votre indignation face au projet de l’île flottante dans la baie de Jounieh. Cette incroyable initiative non seulement viendra bouleverser la sérénité d’une des plus belles baies du monde mais, de plus, ouvrira la voie à d’autres projets similaires, détruisant définitivement un des atouts majeurs du Liban maritime.
Il faut absolument empêcher ce crime écologique d’aboutir. Qu’ils aillent implanter leur île ailleurs, qu’ils nous laissent notre baie en paix.
Eddie HOMSI
Riverain de la baie de Jounieh
Une source précieuse
Merci de me donner l’opportunité de vous faire part de mes impressions sur votre journal.
Vous êtes pour moi une source précieuse d’informations diverses sur le Moyen-Orient.
En effet, ne parlant pas l’arabe, il m’est difficile d’avoir un autre avis que celui des journalistes occidentaux sur les questions de votre région. Surtout qu’en ce moment l’actualité est plutôt riche.
J’aurais bien aimé une rubrique satirique, mais j’imagine que cela vous vaudra les foudres de vos lecteurs. C’est peut-être trop occidental…
Alors merci et je me réjouis de vous lire demain encore.
Mme Jacky PUGIN
Genève - Suisse
Projets inachevés
Le 1er février 2005, un article était publié concernant des travaux d’élargissement sur la route dite de Damas, à la hauteur de la caserne de Fayadieh. Ces travaux devaient être interrompus soit par les tempêtes, soit par le trafic automobile, soit encore par les événements qui ont suivi le 14 février. Mais six mois plus tard, nous en sommes toujours au même point et les écoles rouvrent leurs portes dans moins d’un mois !
Messieurs les responsables, expliquez-nous ce qui se passe. Pourquoi faut-il tellement de temps pour élargir une route aussi fréquentée et dangereuse? Pourquoi ne pas avoir profité des vacances scolaires et du beau temps pour achever ce projet avant l’hiver et avant la réouverture des écoles? Pourquoi tout ce temps perdu? Pas assez d’argent, disent certains, pas assez de pots-de-vin, diront d’autres.
Il a fallu 20 morts, des manifestations, des cris de douleur, des larmes de colère pour obtenir que des travaux soient entamés en vue d’aménager un passage pour piétons sur cette route, à la hauteur de Louaizé.
Pourquoi donc tous les projets ne sont jamais menés à terme?
Fouad A. SALHA
Retour au pays…
De passage au Liban, j’ai ressenti le besoin de me recueillir sur la tombe de mes grands-parents, enterrés à Ajaltoun (Kesrouan). J’ai cherché en vain un cimetière. Aux interrogations, je n’ai reçu qu’un silence pudique ou un sourire gêné. On m’a finalement expliqué qu’il n’y avait pas de cimetière dans cette région. J’ai demandé ce qu’on faisait des corps. On m’a expliqué qu’ils étaient gardés quelques années dans les sous-sols de l’église, dans de vulgaires caveaux bétonnés, puis vidés dans une fosse commune dès que le besoin de place se faisait sentir….
Ces usages barbares sont inexplicables dans un pays où la foi est si omniprésente et où le clergé possède des millions de mètres carrés.
J’oubliais quelques exceptions dignes d’un autre temps: les seuls cercueils que l’on ne profane pas sont ceux des familles nobles de la montagne qui reposent dans des caveaux particuliers. Même à la pire époque du féodalisme, les gens du peuple avaient aussi le droit à quelques mètres carrés pour reposer en paix.
Professeur Jean-Jacques MOURAD
Adressez vos commentaires par fax (01/360390), par lettre (Rubrique Courrier des lecteurs, boîte postale 2488) ou par mail : redaction@lorientlejour.com
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats