L’euro a nettement progressé face au dollar hier sur les marchés des changes internationaux, après la publication de deux statistiques économiques américaines inférieures aux attentes des investisseurs. Ceux-ci ont donc été très déçus par l’annonce des directeurs d’achats de la région de Chicago que leur indice d’activité industrielle (PMI) a plongé à 49,2 points en août contre 63,5 points en juillet, alors qu’ils tablaient sur un indice en baisse à seulement 61 points. Ce déclin de 14,3 points en un mois, qui est le plus fort jamais enregistré dans l’histoire de cet indice depuis sa création en janvier 1968, n’a pas tardé à inciter les opérateurs à se débarrasser du dollar au profit des autres grandes monnaies sous la conduite de l’euro, surtout qu’un indice inférieur à 50 points signale en général une activité économique en contraction. Cela d’autant qu’on venait d’apprendre que l’indice mesurant les nouvelles commandes a également chuté à 46,5 points contre 69,6 points et celui des carnets de commandes à 45,7 points contre 56,1 points pendant la même période. L’effet de ces chiffres décevants a été amplifié ensuite par la révision à la baisse de la croissance du PIB américain à 3,3 % au 2e trimestre contre 3,4 % annoncé dans un premier temps, alors que dans la zone euro le PIB a augmenté de 0,3 % au 2e trimestre après une hausse de 0,4 % au 1er trimestre selon l’estimation publiée hier par l’office européen des statistiques Eurostat. Ce développement, conjugué à une baisse du chômage en France de 1 % en juillet, à 9,9 % de la population active, et de 0,88 % en Allemagne en août à 9,6 % par rapport à juillet, est venu donc privilégier l’euro sur le dollar dans la mesure où les marchés semblent s’installer dans un contexte où les investisseurs suivent de très près la croissance américaine à la lumière des ravages de l’ouragan Katrina et ses dégâts possibles sur l’économie des États-Unis. En effet, la monnaie unique est parvenue à repasser allègrement le seuil de 1,23 $, se négociant finalement à New York à 1,2335 $ contre 1,2220 $ la veille, en hausse de 0,94 %.
Les Bourses toujours soutenues
La tendance de la Bourse américaine était généralement incertaine hier au gré des variations des prix pétroliers et en réaction à de mauvais indicateurs économiques. La chute de l’indice PMI de Chicago et la révision en baisse du PIB américain au 2e trimestre ont donc mis en lumière la possibilité d’un ralentissement futur de la croissance à cause de l’ouragan Katrina. Pourtant, les opérateurs ont été plus ou moins rassurés par les propos tenus par le chef des conseillers économiques de la Maison-Blanche, Ben Bernanke, qui a estimé que Katrina devrait avoir un impact modeste sur l’économie américaine si les infrastructures de la région du golfe du Mexique ne sont pas durablement touchées. La cote a été également soutenue par des nouvelles selon lesquelles l’investisseur Carl Icahn cherche à augmenter sa participation dans Time Warner jusqu’à 10 % de son capital et que Microsoft a acheté Teleo, une société spécialisée dans la téléphonie sur Internet.
Les Bourses européennes ont terminé en nette hausse. Elles ont été largement soutenues par les pétrolières (Total, BP et Royal Dutch Shell) qui ont profité de la nouvelle flambée du brut. L’annonce par la Fédération allemande de l’industrie automobile que les immatriculations ont progressé de plus de 6 % en août a également appuyé la tendance.
À la Bourse de Beyrouth, Solidere a été diversement orientée, les actions A ayant légèrement progressé de 12,02 $ à 12,04 $ alors que les actions B se sont maintenues à 12,05 $.
Élie KAHWAGI
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