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Le Chef de file des faucons de la droite

Considéré comme l’enfant terrible de la droite nationaliste israélienne, l’ancien Premier ministre, Benjamin Netanyahu, avait provoqué la surprise, le 7 août dernier, en renonçant au portefeuille des Finances au sein du gouvernement Sharon, afin de porter un coup à la mise en œuvre du plan de retrait de Gaza. N’ayant jamais caché son opposition au plan Sharon, d’aucuns ont estimé que le timing de ce coup d’éclat avait des visées purement politiciennes. En quittant le gouvernement, se dissociant ainsi du retrait de la bande de Gaza auquel le noyau dur du Likoud est hostile, M. Netanyahu cherchait manifestement à supplanter M. Sharon à la tête du grand parti de la droite, avant les élections législatives. Depuis sa cuisante défaite face à M. Sharon lors d’une première tentative de reprendre la tête du Likoud en décembre 2000, M. Netanyahu a joué la carte de la droite musclée, prenant ainsi la tête de l’opposition au plan de retrait de la bande de Gaza. Mais s’il jouit du soutien de la frange dure de la droite, M. Netanyahu était beaucoup moins populaire en Israël en tant que ministre des Finances, en raison de sa politique économique ultralibérale, qui avait cependant l’appui des milieux d’affaires. Sa démission était d’ailleurs intervenue une semaine après la présentation du budget de l’État pour 2006 dans lequel il révisait à la hausse ses prévisions pour le coût du retrait qui sera au total de 1,8 milliard de dollars. M. Netanyahu fut en 1996 le plus jeune Premier ministre de l’histoire d’Israël. Partisan déclaré du Grand Israël, il s’était acharné, pendant ses trois ans au pouvoir, à freiner le processus né des accords israélo-palestiniens d’Oslo (1993). Mais ses convictions ne l’avaient pas empêché de céder aux pressions américaines et de conclure deux accords avec Yasser Arafat, ce qui lui avait valu à droite des accusations d’opportunisme. Son échec électoral de 1999, face au numéro un travailliste Ehud Barak, avait été suivi par de sérieux problèmes avec la justice, M. Netanyahu et son épouse Sara ayant fait l’objet d’une enquête pour une affaire de corruption alors qu’il était au pouvoir. La justice avait finalement renoncé à les inculper faute de preuves. M. Netanyahu, qui avait démissionné de la direction du Likoud et du Parlement après sa défaite de 1999, avait vainement tenté un premier retour en politique en décembre 2000. Pur produit de l’élite ashkénaze qui a fondé Israël, il a passé toute sa jeunesse aux États-Unis, d’où son anglais parfait et son aisance avec les médias. Ce débatteur a d’abord fait carrière dans la diplomatie, avant d’être élu à la Knesset en 1988. Son ascension a ensuite été météorique, puisqu’il est devenu peu après vice-ministre des Affaires étrangères, puis, en 1992, chef du Likoud et leader de l’opposition.

Considéré comme l’enfant terrible de la droite nationaliste israélienne, l’ancien Premier ministre, Benjamin Netanyahu, avait provoqué la surprise, le 7 août dernier, en renonçant au portefeuille des Finances au sein du gouvernement Sharon, afin de porter un coup à la mise en œuvre du plan de retrait de Gaza. N’ayant jamais caché son opposition au plan Sharon, d’aucuns ont estimé que le timing de ce coup d’éclat avait des visées purement politiciennes.
En quittant le gouvernement, se dissociant ainsi du retrait de la bande de Gaza auquel le noyau dur du Likoud est hostile, M. Netanyahu cherchait manifestement à supplanter M. Sharon à la tête du grand parti de la droite, avant les élections législatives.
Depuis sa cuisante défaite face à M. Sharon lors d’une première tentative de reprendre la tête du...