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Actualités - Opinions

Les lecteurs ont voix au chapitre

Les raisons de la paralysie Vous demandez à la majorité au pouvoir d’assumer ses responsabilités. Quelles responsabilités? Et quelle majorité ? Vous oubliez que les élections ont eu lieu sous le signe d’alliances purement tactiques, genre Joumblatt-Hariri-Hezbollah-Amal. Les deux premiers sont antisyriens, les deux autres sont prosyriens et l’affichent clairement. Voilà d’où vient la paralysie. Nous avons eu un faux départ avec les élections ; nous aurons toujours de fausses arrivées jusqu’au jour ou la IVe République à la libanaise disparaîtra et sera remplacée par celle du général Michel Aoun. En attendant, nous devons encore subir les envolées polémiques des politiciens traditionnels qui nous gouvernent depuis Mathusalem. Ah ! si Joumblatt pouvait se calmer et utiliser son intelligence pour travailler avec le général au lieu de chercher à lui mettre des bâtons dans les roues! Car, voyez-vous, il n’y aura pas de nouveau sauveur du Liban de sitôt si nous ratons l’occasion présente. Henri K. SAMAHA Paris Le danger des panneaux publicitaires De passage dans le Metn, j’ai été très surpris par la densité des nouveaux panneaux publicitaires. Outre leur caractère profondément disgracieux, certains panneaux, comme ceux placés au milieu de l’autoroute de Dbayé, présentent un risque potentiel pour la santé. En effet, leur répétition à un rythme soutenu peut provoquer chez certains sujets des crises d’épilepsie, avec des pertes de connaissance pouvant engendrer de dramatiques accidents de la route. Il faut impérativement que les sujets épileptiques, les personnes prenant des antidépresseurs et les personnes à risque d’épilepsie évitent autant que possible d’avoir dans leur champ de vision ces panneaux publicitaires. Il faudrait également que la société gérante évite de mettre sur tous les panneaux la même image, ce qui favorise l’impression de répétition. C’est la moindre des préventions, car dans un pays moderne, l’implantation de ces panneaux aurait sûrement été remise en cause. Les routes sont suffisamment dangereuses pour ne pas rajouter de risques supplémentaires sous prétexte d’un vulgaire mercantilisme. Professeur Jean-Jacques MOURAD Paris EDL et générateurs Quand M. Maurice Sehnaoui avait été désigné, en son temps, au poste de ministre de l’Énergie et de l’Eau, il avait déclaré, en toute humilité, ne pas être expert en la matière. Je m’étais permis alors de lui envoyer, par le canal de votre journal en date du 9/11/2004, quelques conseils et tuyaux qui auraient pu l’aider dans cette tâche ardue. Le ministre avait, il faut l’avouer, fait tout son possible durant son mandat pour trouver des solutions au problème endémique de l’EDL et avait élaboré des études approfondies allant dans ce sens. Mais en vain… Aujourd’hui, le ministre titulaire est tenu de mettre fin à l’hémorragie que provoque l’EDL, directement dans les finances de l’État et indirectement dans celles des citoyens, qui doivent s’acquitter tous les mois des redevances exigées par les propriétaires des générateurs de quartier et qui s’élèvent souvent à dix fois leur facture mensuelle à l’EDL. En comparaison, les montants dépensés, depuis sa création, par le ministère des Déplacés se chiffrent à 1 800 milliards de livres libanaises. Alors que chaque année, l’EDL coûte autant à l’État et dix fois plus aux abonnés aux générateurs de quartier. En cas de vente, ces derniers ainsi que l’État économiseront des milliards qui sont actuellement dilapidés. De plus, nous serions débarrassés de la pollution causée par les générateurs et de leurs propriétaires. Sans oublier que le courant ainsi fourni bousille tout ce qui fonctionne à l’électricité et que les coupures intempestives de l’office achèvent ce travail de sape. En dehors du Beyrouth administratif, on compte jusqu’à une cinquantaine de coupures par jour. Bonjour les dégâts ! Pour en revenir à l’aspect financier du problème, nous constatons que l’État a, ces dernières années, pour régler le déficit chronique de l’EDL et les intérêts cumulés qui en découlent, contribué en grande partie à l’augmentation de la dette nationale actuelle. Ici, une précision arithmétique : 1 800 milliards deviennent, au bout de dix ans et à un intérêt de 10 % seulement, 4 668 milliards, sans oublier que les taux débiteurs payés par l’État ont atteint parfois 40 % ces dernières années. Maurice MASSABKY La privatisation à quel prix ? Lors de sa visite au Canada en 2003, M. Ghassan Salamé, alors ministre de l’Éducation nationale, porte-parole du gouvernement et, de plus, représentant du Liban pour la francophonie – un homme qui mérite le plus grand respect pour son intégrité –, avait fait un exposé magistral lors d’un déjeuner en présence d’un groupe d’hommes d’affaires libanais au Canada. Je lui avais posé deux questions : l’une sur la dette extérieure du Liban et l’autre sur la privatisation. Sa réponse concernant la privatisation : le gouvernement avait l’intention de réhabiliter les offices autonomes afin de les revaloriser avant de les privatiser. Hélas, depuis cette date, ces offices continuent d’afficher des bilans négatifs à la fin de chaque exercice fiscal. Partout dans le monde, les sociétés privatisables sont celles qui dégagent le plus de profit pour l’État puisqu’elles offrent des services d’une nécessité vitale tels que l’eau, l’électricité, le téléphone, etc. Monsieur le Premier Ministre, avant de privatiser, faites payer les abonnés, tous les abonnés, et vous n’auriez plus besoin alors de vendre. D’autre part, si une réhabilitation et un assainissement sérieux sont effectués, il sera possible de transformer ces offices en sociétés mixtes, leur gestion devant impérativement être confiée au secteur privé. Salah EL-ACHKAR Lisez « L’Histoire de Beyrouth » À tous les francophones qui éprouvent quelque intérêt pour l’avenir de Beyrouth : si vous ne l’avez pas fait depuis sa parution à l’automne 2003, lisez-le d’urgence. Durant deux ans, je n’ai pas eu le courage de m’y attaquer. Trop gros pavé, trop sérieux. Passer deux mois et demi place des Martyrs m’a ancrée à Beyrouth. Y croiser tout le temps Samir Kassir était rassurant ; être spontanément dans la rue me mettait donc du côté des « justes »... Son assassinat est insupportable. Lire deux mois plus tard son livre sur Beyrouth donne la chair de poule. Dans tous ses détails, ce livre éclaire et donne envie de lire tous les ouvrages cités en référence. Ce livre renforce les convictions et explique le sens de l’histoire. Ce livre donne le courage de croire et d’agir pour que, comme le dit Kassir dans la dernière phrase, Beyrouth « soit ». Et avec elle tout le pays. Beyrouthine de sang et de cœur, ce livre lu en août 2005 me rend beyrouthine de tête. Nicole FAYAD La déception est grande Il y a quelques mois, la rue laissait éclater sa joie après le départ des Syriens, la chute du gouvernement et la promesse d’élections libres. Qu’en est-il aujourd’hui ? Que sont devenues les promesses d’intégrité, de solidarité et de renouveau ? L’espoir est-il mort de voir qu’un jour, la politique et les politiciens renonceront au bon (?) vieux schéma féodal et aux us familiaux, pour ne pas dire tribaux. Il est temps que la valeur et les compétences priment sur les origines et l’appartenance. Nous voulons donner de nous, ou redonner, l’image d’un peuple uni, ouvert, multiculturel, capable de surmonter les pires des difficultés. Malheureusement, c’est une image totalement différente que reflètent les informations que nous recevons à l’étranger, les querelles de personnes bloquant tout le système démocratique du pays. Comment voulez-vous que nos gouvernants soient pris au sérieux et que revienne la confiance dans nos institutions ? La déception est grande, mais nous voulons continuer à espérer que le comportement de notre classe politique changera au cours des prochains mois. Jean ABINASR Le projet maritime de Jounieh Je suis d’accord avec ce que vous dites dans le petit article intitulé : « Jounieh sous la menace d’un nouveau projet maritime ». Dommage qu’il ne soit pas signé pour que celui qui l’a écrit soit félicité. Je ne sais pas comment j’aurais à justifier une telle horreur à nos amis qui viendraient visiter les restes de notre beau Liban. Pourriez-vous lancer une pétition pour l’abandon de ce projet ? Bonne continuation. Georges JAMHOURI Esprit du 14 mars, où es-tu? Nous y avons cru Nous y avons rêvé De ce Liban libre et souverain. Il était à portée de main. Et voilà que tout bascula à nouveau. Les cartes furent redistribuées, Encore et encore… C’est à n’y rien comprendre ! D’espoir en désillusion D’une frustration à une autre Du questionnement à la colère. Les élections terminées, On aurait aimé être soulagé, On aurait aimé souffler, Mais l’incertitude et les craintes Primèrent sur tout et tous. Ces tiraillements et ces insultes, Chaque jour, encore et encore… Alors que ce pauvre peuple a soif, Alors que ce pauvre peuple a faim. Cet esprit magique Ressenti à des millions de kilomètres à la ronde Jusqu’aux continents les plus lointains Peut-il n’avoir été qu’un mirage ? Nicole ABDUL-MASSIH Montréal Adressez vos commentaires par fax (01/360390), par lettre (rubrique Courrier des lecteurs, boîte postale 2488) ou par mail : redaction@lorientlejour.com
Les raisons de la paralysie

Vous demandez à la majorité au pouvoir d’assumer ses responsabilités.
Quelles responsabilités? Et quelle majorité ? Vous oubliez que les élections ont eu lieu sous le signe d’alliances purement tactiques, genre Joumblatt-Hariri-Hezbollah-Amal. Les deux premiers sont antisyriens, les deux autres sont prosyriens et l’affichent clairement. Voilà d’où vient la paralysie.
Nous avons eu un faux départ avec les élections ; nous aurons toujours de fausses arrivées jusqu’au jour ou la IVe République à la libanaise disparaîtra et sera remplacée par celle du général Michel Aoun. En attendant, nous devons encore subir les envolées polémiques des politiciens traditionnels qui nous gouvernent depuis Mathusalem.
Ah ! si Joumblatt pouvait se calmer et utiliser son intelligence pour...