Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Évacuation ou pas, à Tel-Aviv on va à la plage

La population de Tel-Aviv, métropole israélienne majoritairement laïque, s’adonnait ce week-end aux plaisirs de la plage et de la table à la terrasse des cafés, alors que les fidèles juifs, en ce jour de shabbat, vivaient dans le déchirement l’évacuation des colonies de Gaza. Le rivage de la croisette est piqueté à perte de vue de parasols. Des nuées de baigneurs et baigneuses flirtent, nagent ou se restaurent face à la mer sur une étroite bande de sable avec, en arrière-plan, les gratte-ciel et les tours de la ville où, selon un slogan de la municipalité, « la vie ne s’arrête jamais ». On est loin, très loin, des images d’Israël habituellement retransmises par les médias internationaux ! « Ici, on va à la plage même quand les bombes explosent à Jérusalem », explique Omer Tal, un lycéen de 17 ans après un bain de soleil sur la plage. « Les médias font toujours dans le noir et blanc », confie à l’AFP Ygal Serna, l’une des grandes plumes du quotidien à grand tirage Yediot Aharonot. « Les (juifs) religieux ont toujours constitué une minorité bruyante. L’Israël réel est une combinaison de ce que vous voyez ici, à Tel-Aviv, et de ce que vous avez vu cette semaine dans la bande de Gaza », dit-il en faisant référence aux images fortes des derniers jours montrant les quelque milliers de colons juifs de la bande de Gaza, en larmes, traînés de force par des centaines de policiers et soldats hors de leurs maisons et des synagogues, à quelques dizaines de kilomètres au sud de Tel-Aviv. La réalité est qu’Israël, une société largement occidentalisée et libérale, mène une guerre tribale avec les Palestiniens, poursuit Ygal Serna. Nathalie Ber, une étudiante de 24 ans, dit toutefois avoir eu le cœur meurtri en regardant les images de l’évacuation de Gaza. Ce qui ne l’empêche pas d’aller se dorer sur la plage. Elle reconnaît néanmoins que le retrait est dans l’intérêt d’Israël. Un sondage diffusé samedi par la radio publique met en évidence la ligne de fracture causée par le retrait de Gaza. Selon cette enquête, 75 % des Israéliens qui se définissent comme laïcs se déclarent favorables au retrait, tandis que 79 % des personnes se présentant comme « religieuses » y sont hostiles. Les deux camps se sont affrontés durant les semaines qui ont précédé l’opération d’évacuation en arborant des rubans de couleur : orange pour les opposants au retrait, bleu pour ses partisans. Si à Jérusalem l’orange a dominé, à Tel-Aviv, c’est le bleu de la mer qui l’a emporté. « La société israélienne a toujours été polarisée », fait valoir Ygal Serna. « Il y a les juifs établis ici depuis longtemps, les nouveaux arrivés, les colons, les juifs russes de plus en plus nombreux. En ce qui me concerne, je me sens plus proche d’un intellectuel palestinien de Cisjordanie que d’un colon », poursuit-il. Tel-Aviv et Jérusalem illustraient parfaitement samedi ces contrastes. Avec ses cafés et ses plages bondés, sa croisette noire de monde, la métropole de Tel-Aviv rappelle une station balnéaire européenne en été. À Jérusalem, à moins d’une heure de voiture à l’est, les boulevards sont déserts, les feux de circulation clignotent uniquement à l’orange ou pas du tout, les gens sont repliés chez eux jusqu’à l’apparition des trois premières étoiles, samedi soir, qui marqueront la fin du shabbat.

La population de Tel-Aviv, métropole israélienne majoritairement laïque, s’adonnait ce week-end aux plaisirs de la plage et de la table à la terrasse des cafés, alors que les fidèles juifs, en ce jour de shabbat, vivaient dans le déchirement l’évacuation des colonies de Gaza.
Le rivage de la croisette est piqueté à perte de vue de parasols. Des nuées de baigneurs et baigneuses flirtent, nagent ou se restaurent face à la mer sur une étroite bande de sable avec, en arrière-plan, les gratte-ciel et les tours de la ville où, selon un slogan de la municipalité, « la vie ne s’arrête jamais ». On est loin, très loin, des images d’Israël habituellement retransmises par les médias internationaux !
« Ici, on va à la plage même quand les bombes explosent à Jérusalem », explique Omer Tal, un lycéen de 17 ans...