Conséquence d’un bras de fer sur les prix entre le gouvernement et les compagnies pétrolières chinoises, les pénuries d’essence se multiplient en Chine, provoquant l’inquiétude des industriels et des particuliers.
La crise a éclaté dans la province manufacturière du Guangdong (Sud), il y a quelques semaines, et le virus se propage dans des régions aussi différentes que le Heilongjiang dans le grand Nord-Est ou le Jiangsu, voisines de Shanghaï.
Certains craignent justement que la capitale économique du pays soit touchée à son tour.
L’envolée des prix du baril de brut sur le marché mondial et la forte demande locale ont provoqué cette crise, alors que les raffineries du Guangdong sont à sec.
Le gouvernement a mis sur le compte des intempéries la pénurie dans la province méridionale pour expliquer les retards dans l’approvisionnement, argument recevable mais pas totalement satisfaisant pour expliquer entièrement les interminables files d’attente aux stations-service.
La cause première est à chercher dans la bagarre qui oppose la Commission nationale pour la réforme et le développement – le principal organe gouvernemental de planification économique – et les deux géants pétroliers chinois, PetroChina et Sinopec, expliquent les analystes.
Chaque mois, le gouvernement fixe les prix du pétrole en prenant comme référence ceux du mois précédent sur les marchés de New York, Rotterdam et Singapour, et les laisse flotter ensuite avec une marge de 8 % maximum par rapport au cours du jour.
Selon les provinces, les prix du pétrole en Chine varient de 43 à 47 dollars le baril.
Or, avec un baril à 67 dollars sur les places internationales, Sinopec et PetroChina se sont braquées, refusant d’approvisionner les raffineries avec un pétrole importé plus cher de 20 dollars le baril par rapport aux prix fixés pour le marché chinois.
Cette crise met en lumière les problèmes actuels d’une économie chinoise survoltée et en manque de carburant, de plus en plus orientée vers le marché mais toujours sous la bride du gouvernement qui redoute de perdre le contrôle politique.
« L’orientation de l’économie chinoise vers le marché est insuffisante, ce qui provoque trop de contradictions », estime He Jun, un expert chez Anbound, consultant international en énergie.
Pour ce qui est de la responsabilité de la crise, les avis divergent.
«Ce n’est pas juste de faire porter le chapeau aux deux firmes », estime Qian Xiaoyu, analyste chez United Securities, à Shenzhen (Sud).
Sinopec Guangdong, filiale du groupe Sinopec, affirme qu’elle n’a pas ralenti ses activités mais demande des actions rapides.
Tout en qualifiant le système des prix de « stupide », He Jun, l’analyste de chez Anbound, estime lui que les compagnies sont responsables de la crise.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Conséquence d’un bras de fer sur les prix entre le gouvernement et les compagnies pétrolières chinoises, les pénuries d’essence se multiplient en Chine, provoquant l’inquiétude des industriels et des particuliers.
La crise a éclaté dans la province manufacturière du Guangdong (Sud), il y a quelques semaines, et le virus se propage dans des régions aussi différentes que le Heilongjiang dans le grand Nord-Est ou le Jiangsu, voisines de Shanghaï.
Certains craignent justement que la capitale économique du pays soit touchée à son tour.
L’envolée des prix du baril de brut sur le marché mondial et la forte demande locale ont provoqué cette crise, alors que les raffineries du Guangdong sont à sec.
Le gouvernement a mis sur le compte des intempéries la pénurie dans la province méridionale pour expliquer les...