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Actualités - Reportage

MODE HAUTE COUTURE Les Libanais redémarrent (Photos)

Avec la présentation des collections de l’hiver, les couturiers libanais reviennent en force sur les podiums européens, confirmant un succès qui ne cesse de croître depuis déjà une bonne décennie. Désormais reconnus par la presse spécialisée, la plupart de nos créateurs transforment en voie royale des sentiers laborieusement tracés. Alors que Georges Chakra présentait à Paris une collection où se distinguaient son fameux drapé et ses encolures extravagantes, dans une palette toutefois réduite au blanc-beige-noir-pourpre, Tony Ward mettait en scène ses créations à Rome. Dans cette ville où le jeune couturier est solidement implanté, un parterre prestigieux avait accouru pour applaudir, dans une ambiance d’un romantisme échevelé, son hommage stylistique à Madame Bovary. Tony Ward est en effet fasciné par la charge de rêve qui porte cette dernière héroïne du romantisme à la française. Dans des tissus conçus par lui et commandés aux quatre coins du monde, Ward a confirmé son style à travers des tailleurs superbement coupés et des robes longues à donner des insomnies à l’alter ego de Flaubert. TENDANCE La fourrure de nouveau sous les projecteurs Cet hiver, impossible d’échapper aux poils! Des grands noms de la mode aux petites marques, tout le monde en pince pour la fourrure. Cette dernière est plus que jamais dans le vent, portée par des femmes de plus en plus jeunes. L’âge moyen des porteuses de fourrure est en effet passé de 49 ans à 34 ans en six ans. Image démodée d’un vêtement symbole de réussite sociale, campagnes virulentes de protection des animaux avec mobilisation des défenseurs de la cause animale et des top models, mais aussi crises économiques avaient fait plonger les commandes depuis les années 90. Mais pour la «peau de luxe», les temps durs sont oubliés et refont leur apparition sur les podiums et dans les vitrines. Créée en 1954, la maison Saga Furs est l’un des artisans du retour en force de la fourrure grâce à ses techniques d’innovation. Saga a contribué à faire revenir à la mode la fourrure, tant contestée dans les années 80 et 90. Tous les créateurs ou presque se sont passé le mot pour retourner leur veste doublée de vison. Plus qu’un complot anti-écolo, il faut y voir une simple conséquence de la baisse des prix de revient avec l’arrivée sur le marché des producteurs chinois. D’où les visons, astrakans, renards argentés, blaireaux, chinchillas, écureuils... Milan, Paris, Londres, Montréal, New York, toutes ces capitales de la mode ont vu défiler de la fourrure sous toutes les coutures. Déjà en mars dernier, la soirée d’ouverture de la semaine de la mode de Montréal a vogué sur la tendance. Ainsi, le Conseil canadien de la fourrure, en association avec la maison Birks, a présenté les plus belles fourrures. Le vison, le chinchilla, le lynx, le renard roux s’accordaient avec des pierreries multicolores, tandis que le karakul et l’astrakan avaient une touche vintage contemporain. À Milan, quasiment toutes les collections – Fendi, Cavalli, Dolce et Gabbana, Gucci, Marni, Prada, Armani, Ferré... – ont proposé de la fourrure, du manteau à la jupe en passant par la veste et les bottes. Nouveauté de la saison, les sacs s’y mettent aussi comme chez Bally, où le nouveau directeur artistique des accessoires, l’Espagnol Johnny Coca, propose une besace en vison, unie ou à damier. Les magasins Carlton ont aussi lancé la fourrure sur les sacs à main, les écharpes, les gants, les chapeaux, les ponchos actuellement populaires. Cette griffe suisse tout comme l’italienne Tod’s aiment aussi les sacs en mouton retourné dans un esprit plus trappeur. Consuelo Castiglioni pour Marni voit l’hiver placé sous le signe de la fourrure avec le vison traité comme un drap de laine, ou l’astrakan, valeur sûre des collections milanaises. Karl Lagerfeld chez Fendi rend la fourrure incontournable grâce à un travail de couleur, de tricot, de rasage sur des visons blancs, des chinchillas, des renards chocolat, myrtille, violet et rouge. Le soir, les robes claquent sous un manteau de vison blanc. «1925» était écrit dans le dos d’une robe. En effet, 2005 sera l’année du 80e anniversaire de la griffe Fendi née sur le travail de la fourrure et qui appartient au groupe LVMH. Pour l’occasion, un ancien logo puisé dans les archives, a été ressorti et actualisé: un petit écureuil se promène sur les nouveaux sacs de la maison, autre activité incontournable de la marque. Sonia Rykiel a enchaîné les manteaux et les grands cols en renard argenté. Le plus surprenant, un court blouson zippé/clouté a fait sensation. La fourrure se porte principalement sur la tête en chapka ou en casquettes d’aviateur, mis à part une veste courte en astrakhan ourlée de renard, chez Jean-Paul Gaultier. À New York, la présentation de la collection de la chanteuse Jennifer Lopez, «Sweetface», a été interpellée par les activistes antifourrure de PETA. «Boycottez J-Lo et son commerce sanglant», indique le site Internet créé à l’occasion par l’association, rappelant que des créateurs de renom, dont Stella McCartney ou Vivienne Westwood, ont créé des fourrures synthétiques parfaitement imitées «et qui ne font pas des animaux des victimes de la mode». Les collections prêt-à-porter sont souvent, pour les militants antifourrure, l’occasion de montrer leur mécontentement face à l’exploitation des bêtes. À l’occasion d’un récent défilé Chanel au Carrousel du Louvre, Anna Wintour, rédactrice en chef du magazine Vogue américain, s’est vu entartée par des militants antifourrure. Au Royaume-Uni, Zara a été la cible de militants antifourrure pendant plusieurs années, si bien qu’à partir du 1er janvier 2005, Inditex, propriétaire de la chaîne de mode, ne vendra plus du tout de fourrure dans ses magasins. Après une décennie où la mode, paralysée par un violent dilemme existentiel («c’est mal, mais c’est si bon»), avait remis la matière honteuse au placard, elle affiche déjà pour l’hiver prochain un come-back étonnant de la fourrure. JOAILLERIE «Oui», un mot en or Il y a toujours un «oui» dans une bague. Un anneau vous attache bien sûr. Le porter est un consentement. Pour ceux qui ne l’auront pas compris, Victoire de Castellane, l’espiègle et romantique conceptrice de la joaillerie Dior, a créé une bague qui dit tout simplement oui. Avec une écriture toute ronde comme celle des écolières attardées à qui l’on en conte encore, ce «oui» est un bien joli mot. Un mot joyeux qui salue les bonnes choses de la vie, étire les lèvres comme un sourire, clame une promesse, annonce gaiement qu’on s’est rendue, et laisse entendre la suite de la formule consacrée : « Je le veux.» «Oui», avec un point de diamant sur le «i», on n’y avait jamais pensé, et c’est la victoire de Victoire de l’avoir trouvé ! FIFI ABOU DIB
Avec la présentation des collections de l’hiver, les couturiers libanais reviennent en force sur les podiums européens, confirmant un succès qui ne cesse de croître depuis déjà une bonne décennie. Désormais reconnus par la presse spécialisée, la plupart de nos créateurs transforment en voie royale des sentiers laborieusement tracés. Alors que Georges Chakra présentait à Paris une collection où se distinguaient son fameux drapé et ses encolures extravagantes, dans une palette toutefois réduite au blanc-beige-noir-pourpre, Tony Ward mettait en scène ses créations à Rome. Dans cette ville où le jeune couturier est solidement implanté, un parterre prestigieux avait accouru pour applaudir, dans une ambiance d’un romantisme échevelé, son hommage stylistique à Madame Bovary. Tony Ward est en effet fasciné par la...