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Les lecteurs ont voix au chapitre

Pourquoi pas des technocrates ? Êtes-vous comme moi désabusés par ces tergiversations qui ont précédé la formation de notre gouvernement ? Il y a de quoi être déçu. Qu’est devenu l’esprit du 14 mars ? Où est cette fougue qui s’est emparée de tout un peuple, y compris de nos leaders politiques ? Les paroles et les promesses n’ont-elles plus de valeur ? On a assisté à une gigantesque partie de cartes, les joueurs changeant à chaque remise. On distribue une première fois, cela ne plaît pas, alors on remet la donne et ainsi de suite jusqu’à une naissance, non point au forceps, mais à l’arraché. À mon avis, une équipe de technocrates aurait mieux fait l’affaire. Nous avons besoin, de nos jours, de professionnels prêts à se consacrer corps et âme à redresser les affaires publiques. Certains diront qu’ils ne sont pas représentatifs ou qu’ils ne s’y connaissent pas en politique, mais dites-moi, chaque Libanais n’est-il pas un politicien en puissance ? Tout est à refaire en commençant par le bas de l’échelon si nous voulons continuer à évoluer dans ce monde globalisé où les frontières sont en train de tomber les unes après les autres. Laissons nos sentiments de côté, et réfléchissons de manière logique et scientifique, comme cela se passe sous d’autres cieux. Le Liban, il est vrai, est une mosaïque de communautés, mais ne sommes-nous pas tous des minorités, et n’y a-t-il pas des gens de bonne volonté qui travaillent dans un esprit non communautaire pour l’intérêt de tout le peuple, de toute la nation ? Dr Riad EL-ALAILI Membre du conseil municipal de Beyrouth Sur la voie d’une vraie démocratie ? À la dernière séance parlementaire consacrée au vote de confiance, ce sont indéniablement les discours de quelques députés qui auront été les plus convaincants aux yeux de la majorité des Libanais. Ces discours ont porté sur des questions primordiales qui sont à la base des revendications de notre peuple, à savoir, au départ, l’entente entre tous les partis, qu’ils soient de nature confessionnelle ou idéologique. À ce tournant de notre histoire où la question sécuritaire interne nous préoccupe déjà, et au vu de la situation globale alarmante au Proche-Orient, il est de notre devoir, avec nos dirigeants, d’éviter tout malentendu, tout dérapage, facteurs néfastes pour la réalisation d’une union nationale, base de l’édification de notre avenir. Ne trahissons pas le destin de tout un peuple déjà fragilisé par des années de guerre et une occupation venue couronner une situation économique inquiétante. Une fois les questions internes résolues, il nous sera possible de contrer les menaces et les dangers externes qui nous guettent. La solution à cette situation est à la portée de nos dirigeants. Faisons-leur confiance, même si leur tâche n’est pas aisée, afin de récolter les fruits de l’entente et de la paix après tant d’années de patience et d’espoir. Hilda DADOURIAN Dory Chamoun a osé Quoi dire quand on lit les journaux, réduits à de simples constatations, comme si on était obligé d’accepter cette pauvre réalité telle qu’elle est, car, encore une fois, nous n’avons pas le choix ? Un homme, un seul a osé briser le silence, un homme qui a eu le courage de dire qu’il attend un mot d’excuse. C’est Dory Chamoun. Oui, et pourquoi ne pas présenter des excuses à ce peuple ? Mérite-t-il des excuses ou bien est-il incapable de les comprendre ? Reprenez les mêmes et vous aurez la même histoire, changez-les et vous aurez une histoire différente. L’amertume est à la hauteur des évènements, mais l’espoir d’avoir un jour un pays libre et capable de s’autogérer nécessite un changement radical dans le paysage politique actuel qui n’est autre que le fruit de l’enfer que nous avons vécu durant vingt ans. Théophile HOYEK Aux frontières du cynisme Dans le plus pur style des films de James Bond, voilà que les États-Unis et la Grande-Bretagne se précipitent à la rescousse du mini-sous-marin russe, échoué par 200 mètres de fond, avec sept marins à bord. Initiative honorable, qui prouve qu’en quelques heures, il est possible de monter une opération qui sans doute a coûté plusieurs millions. Entre-temps, les enfants du Niger continueront de mourir de faim. Bien sûr les Américains et les Britanniques sont à pied d’œuvre, mais trop peu et trop tard. Une famine avait été annoncée dès mars 2005 ; les sonnettes d’alarme avaient été tirées, et les ONG, à leur tête Médecins sans frontières, s’égosillaient à attirer l’attention et à réveiller la bonne conscience du monde, qui se veut civilisé. Il n’aurait pas coûté plus de 5 millions de dollars pour prévenir la famine du Niger, selon les estimations des Nation unies. Au risque de paraître cynique, nul n’est dupe, ceux-là mêmes qui viennent d’accourir à la rescousse des marins russes se sont permis de laisser le drame du Niger se jouer. Entre la réalité et la mise en scène, il n’y a qu’un pas à franchir, celui qui fera de nos acteurs des héros. Peu importe le prix payé, dans ce cas ce sera des vies humaines. Jean-Claude DELIFER Montréal , Canada Transparence ou opacité ? Depuis que l’État de droit a succédé à l’État-sécurité, les citoyens se sont imaginé que l’opacité chère aux régimes totalitaires avait disparu avec le défunt, et que les grandes questions intéressant le pays se traiteraient désormais dans la transparence, à la portée de l’opinion publique qui, dans une démocratie, est juge du comportement du pouvoir. Or, il reste une question qui laisse le public perplexe : celle de la zone du Sud occupée en 1978 par l’invasion israélienne et libérée en mai 2000. Passons outre à la période où le pays a subi la sujétion et la tutelle. Mais aujourd’hui, nous avons un Parlement libre et un gouvernement libre : comment peut-il y avoir un problème à ce que notre armée aille occuper cette zone, à l’instar de n’importe quel pays dont les dirigeants sont conscients de leur responsabilité ? L’ONU, garante de notre indépendance et de notre souveraineté, qui a créé pour nous la Force intérimaire, Finul, nous invite avec insistance à déployer notre armée jusqu’à la frontière. Or, chez nous, le pouvoir a l’air, non seulement de se faire prier, mais de regimber. Chose incompréhensible pour tout esprit doué d’une logique élémentaire. Y a-t-il une explication ? Dans un pays qui se dit « État de droit », n’appartient-il pas au citoyen d’interpeller les responsables dans une matière tellement importante et à la fois tellement simple ? Autrement, ce citoyen serait frustré de son droit de savoir, et il serait alors préférable de reconnaître carrément que nous n’avons pas cessé d’être dans un système d’opacité : adieu transparence, que nous entendons proclamer si souvent par les tenants du pouvoir. Albert SARA Adressez vos commentaires par fax (01/360390), par lettre (rubrique Courrier des lecteurs, boîte postale 2488) ou par mail : redaction@lorientlejour.com
Pourquoi pas des technocrates ?

Êtes-vous comme moi désabusés par ces tergiversations qui ont précédé la formation de notre gouvernement ? Il y a de quoi être déçu. Qu’est devenu l’esprit du 14 mars ? Où est cette fougue qui s’est emparée de tout un peuple, y compris de nos leaders politiques ? Les paroles et les promesses n’ont-elles plus de valeur ?
On a assisté à une gigantesque partie de cartes, les joueurs changeant à chaque remise. On distribue une première fois, cela ne plaît pas, alors on remet la donne et ainsi de suite jusqu’à une naissance, non point au forceps, mais à l’arraché.
À mon avis, une équipe de technocrates aurait mieux fait l’affaire. Nous avons besoin, de nos jours, de professionnels prêts à se consacrer corps et âme à redresser les affaires publiques. Certains diront...