De Londres à Charm el-Cheikh
Je suis un lecteur assidu de L’Orient-Le Jour. Quotidiennement, votre journal représente le meilleur lien qui m’attache davantage encore à mon pays d’origine, après plus de 25 ans d’« exil ».
La petite communauté libanaise à Londres, dont je fais partie, a heureusement été épargnée par les récents attentats terroristes dans cette métropole, la plus grande d’Europe.
J’ai du mal à comprendre les réelles motivations de ces jeunes musulmans britanniques qui sont sacrifiés par ceux qui les manipulent, car rien ne justifie l’assassinat de civils innocents, comme celui de dizaines de milliers d’Irakiens et d’Afghans victimes entre autres des forces d’occupation.
Quant aux attentats meurtriers de Charm el-Cheikh, je me demande s’ils se seraient produits à l’ombre d’un régime réellement démocratique dans ce grand pays qu’est l’Égypte.
Tony BASSILA
Londres
Merci M. Livingston
Enfin, un responsable occidental qui n’excuse ni ne justifie le terrorisme international, mais qui explique honnêtement et avec beaucoup de courage les motivations derrière les actes des « terroristes » un peu partout dans le monde. Je mets le mot entre guillemets, non pas parce que je ne condamne pas le terrorisme, mais parce que ces « suicide bombers » ne sont pas les seuls à être des terroristes. En effet, selon MM. Bush, Sharon, Blair ou autres personnalités politiques qui « gèrent » le monde à leur façon, un Palestinien ou un Irakien qui se fait exploser est un terroriste, le parti Hamas qui défend son pays contre l’occupation est terroriste, mais les massacres perpétrés quotidiennement en Irak, en Palestine et auparavant, pendant quinze ans, au Liban ne relèvent pas du terrorisme, parce que « eux » ils tuent pour des raisons plus nobles...
Ce responsable occidental pour qui j’éprouve beaucoup de respect et d’admiration, c’est le maire de Londres, M. Ken Livingston. Au moins lui, il a eu le courage de dénoncer les intérêts de l’Occident, et ce durant des décennies, pour cette partie du monde riche en pétrole qu’est le Moyen-Orient. Mieux : il a eu le courage de critiquer la politique étrangère de son pays et de ses alliés en se posant une question toute simple mais fondamentale : si le Moyen-Orient s’était ingéré dans nos affaires internes, est-ce qu’on le lui aurait permis ? Enfin, un homme qui ne fait pas de distinction entre un Arabe, un chrétien, un juif, un musulman ou un Européen. Un homme juste qui considère que tous les hommes sont égaux...
Merci M. Livingston pour cette leçon de justice que vous avez donnée à votre Premier ministre et au monde entier, et espérons que cela réveillera la conscience d’autres personnalités politiques influentes occidentales, pour que le terrorisme international cesse.
Michèle AOUN
Koweït
C’est la jeunesse qui est visée
Encore une explosion ! Oh non, ne m’en croyez pas plus choquée. Remarquez bien qu’à ce rythme, si aucune déflagration ne s’était fait entendre depuis celle qui a failli coûter la vie à M. Élias Murr, ça m’aurait choquée davantage… Ne nous a-t-on pas habitués à une explosion, disons, toutes les deux semaines environ ?
Non. Ce qui est choquant concernant l’explosion de la rue Monnot, c’est qu’« ils » ont visé la jeunesse libanaise. Que veulent-ils ? S’en prendre à des jeunes dont l’envie la plus vive est de pouvoir vivre dans un Liban qui respire la paix, la sérénité, bref où il fait tout simplement bon se trouver ? Réveiller les démons du passé qui reviendraient hanter de malheureux parents angoissés à chaque fois que leurs enfants sortent ? Encore heureux qu’il n’y ait pas eu de morts !
Mais au fait, saurons-nous jamais qui « ils » sont ? Nous avons osé espérer que la timide brise de changement qui souffle sur le pays est capable de dissiper les nuages noirs et de ramener un ciel plus clément, notamment concernant la sécurité. Au lieu de quoi qu’observons-nous ? Une explosion en entraîne une autre… Comment se fait-il que la police londonienne travaille déjà sur des pistes concrètes pour ce qui est des attentats dans la capitale britannique, alors que chez nous aucun cas d’attentat n’a été élucidé ?
Nouchka BOUSTANY
Culture et JT
Le journal télévisé est sans aucun doute l’émission journalière qui attire l’audience la plus large ; pour un nombre incalculable de raisons, notamment parce qu’elle a le mérite de s’adresser à la masse sans cibler une catégorie particulière de téléspectateurs ; sans oublier qu’elle permet à tout un chacun d’être à jour, qu’il s’agisse de la politique, des découvertes scientifiques, des fluctuations économiques, des nouveautés artistiques et culturelles, tant au niveau local et régional qu’international.
Ceci est le principe. À l’échelle locale, nous cultivons l’art de l’exception. Il est toujours utile de chercher à se démarquer. Mais à ce point ? Sommes-nous contraints de suivre l’humeur changeante et désagréable de tous ces politiciens, ou bien ratons-nous l’essentiel si nous omettons les visites effectuées par Monsieur untel à tel ou tel autre de nos illustres dirigeants ?
Sans oublier nos quelques ravissantes journalistes peinturlurées qui nous couvent inlassablement de leurs œillades bienveillantes.
De grâce, Messieurs-Dames des JT, alignez-vous un peu sur les modèles européens et américains en matière de professionnalisme (y compris vestimentaire).
Soyez concis et rigoureux à l’extrême dans vos bulletins, informez intelligemment ces pauvres téléspectateurs ennuyés et écœurés, mais surtout introduisez d’urgence la notion de culture, osez une ouverture sur le monde artistique, scientifique, médical, touristique. Étendez-vous sur les problèmes d’actualité, sur les innovations de pointe. Faites des reportages, traquez de nouveaux horizons.
Au lieu de cultiver l’art de la déprime 100 000 volts en insistant sur les misères ambiantes, divertissez le peuple en tablant sur le moral. Relativisez les mesquineries à l’eau de rose pour lui ouvrir de nouveaux horizons, nettement plus valorisants pour sa santé mentale.
« Le poids des mots, le choc des photos », c’est du concis plus de l’intelligent, mais aussi être porteur d’un message utile dans l’information, la compréhension et l’assimilation des événements en toute objectivité, respect et rationalité.
May SALHA
Jeunes comploteurs
C’est bien connu, la jeunesse libanaise complote tous les soirs dans les rues et les cafés de la rue Monnot pour, par exemple, préparer la visite de Condoleezza Rice à Beyrouth... Vous ne le saviez pas ? Allons, allons, il faut se réveiller un peu !
Serge SÉROF
Pas de TV libanaises au Canada
Les télévisions libanaises par satellite ne peuvent être captées au Canada. Il n’y a aucune télévision qui émet des programmes libanais sur le territoire canadien alors qu’aux USA et en Australie, les Libanais peuvent suivre tous les programmes des chaînes suivantes : LBC, Future, MBC, ART et autres. Le seul programme que nous pouvons voir est le Journal télévisé de la LBC sur Internet et encore, parfois cela est très difficile car aux heures d’affluence, le serveur ne peut pas se connecter.
Pourquoi les chaînes libanaises ne peuvent-elles pas être captées chez nous ? Bon nombre de Libanais émigrés voudraient suivre leurs émissions préférées sur ces chaînes, comme le font leurs parents et amis au sud de la frontière canado-américaine.
Marcel HENOUD
Tous libérés
« Je vivais mes propres convictions dans un espace de six mètres carrés, plutôt que de vivre celles des autres à l’air libre », a dit Samir Geagea.
Je ne suis pas un inconditionnel de M. Geagea, mais il faut reconnaître qu’il a du mérite. Le mérite de n’avoir pas été l’esclave d’une nation étrangère aux dépens de son pays. Que dire de certains de nos politiciens qui, eux, ont accepté une tutelle étrangère pour garder leur place ? Ils ont dormi tranquille pendant une quinzaine d’années mais auront-ils la conscience tranquille le jour où le peuple décidera de les juger pour l’avoir empêché d’accéder à la liberté, l’indépendance, la justice et surtout la dignité ?
M. Geagea, vous n’êtes pas le seul à être sorti de prison. C’est tout le peuple libanais qui est libre aujourd’hui. Cependant, nous devons tout faire pour ne plus jamais accepter qu’un État étranger nous emprisonne et nous domine.
Mais la question est de savoir si on en est vraiment capable. La réponse est en chacun de nous.
Carlos ACHKAR
Kinshasa
Un esprit libre
La journée du 26 juillet est historique à plusieurs niveaux. La libération de Geagea marque le point de départ d’une réelle réconciliation nationale. Cette journée montre, si besoin est, que l’homme a été injustement emprisonné parce qu’il entravait la mainmise syrienne totale sur la décision libanaise. C’est donc bien un prisonnier politique qui a sacrifié onze ans de sa vie pour l’indépendance du Liban. Le 26 juillet prouve aux détracteurs et ennemis (instrument par excellence de la politique syrienne au Liban) que le « hakim » est toujours là et qu’il est tout naturellement un chef avec lequel il faut compter sur l’échiquier libanais. J’appelle nos hommes politiques à un examen de conscience approfondi sur toutes les injustices et les souffrances qu’ils ont imposées à cet homme parce qu’il a refusé de se soumettre à la volonté syrienne d’anéantir le Liban et le peuple libanais dans toutes ses composantes. Son discours démontre la force de ses convictions et la justesse de son combat. Il démontre également l’importance de son rôle dans la reconstruction de l’unité nationale et l’édification d’un État digne de ce nom, au sein duquel tous ses fils seront égaux.
Youssef RIZK
Belgique
Rancœur postélectorale
La rancœur postélectorale, encore une fois… Une voix très respectable et respectée, celle de M. Dory Chamoun, déplore le fait que MM. Aoun et Geagea ne se soient pas excusés auprès du peuple libanais. Mais ceux à qui des excuses sont réclamées sont ceux-là mêmes qui ont payé le prix fort au nom de l’indépendance et du retour de la souveraineté ; les autres ont été récompensés et se sont tous retrouvés ministres.
En tant que citoyen, je m’attendrai aussi, dans la même foulée, à des excuses de l’Autorité palestinienne, de la Syrie, de MM. Berry, Gemayel, Joumblatt, pour ne citer que ceux-là. Des excuses oui, mais dans le cadre d’une réconciliation nationale où chacun des intervenants militaires, les Ahrar inclus, ferait son mea culpa. Le temps des demi-mesures et des amnisties à sens unique est révolu.
Jean-Claude DELIFER
Montréal, Canada
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