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Actualités - Opinion

Pour une évolution du discours estudiantin

L’accélération du rythme des événements a sans doute bouleversé la scène politique libanaise. Aujourd’hui, nous avons surmonté le cauchemar syrien et nous nous sommes engagés sur la voie de la reconstruction et de l’édification d’un Liban nouveau. Ce qui existait hier n’existe plus aujourd’hui, et un changement s’impose à toute la société civile, et plus particulièrement au mouvement estudiantin qui, au cours des quinze dernières années, menait la résistance contre l’occupation syrienne. L’adaptation du mouvement estudiantin à la situation actuelle et future nécessite une réflexion profonde et critique sur le passé, le présent et le futur. Au cours des quinze dernières années, les étudiants attendaient la commémoration d’événements précis pour manifester leur résistance (fête de l’Indépendance, l’affaire de la MTV…) contre les forces d’occupation syriennes. Le discours estudiantin, surtout pendant la période des élections universitaires, tournait autour du refus de toute occupation étrangère et appelait les étudiants à prendre part à la résistance. Aujourd’hui, après le 30 avril, les étudiants doivent élaborer un nouveau discours qui serait à la hauteur de leurs revendications et qui pourrait servir de plate-forme à une société civile développée. Quelles seraient ces revendications tant au niveau politique que socio-économique ? Au niveau politique, d’abord, les étudiants doivent trouver le moyen de faire entendre leur voix aux responsables officiels. À cette fin, ils doivent cibler le pouvoir exécutif et législatif. Depuis 1990, le ministère de la Jeunesse et des Sports a été quasiment absent. Dans une première étape, il s’agit de relancer le rôle essentiel de ce ministère et de le transformer en porte-parole de la jeunesse libanaise au niveau du pouvoir exécutif. De plus, les étudiants doivent garantir leur droit de vote. Pourquoi ne pas voter à l’âge de 18 ans, alors qu’il nous est demandé de faire notre service militaire ? Nous pouvons constituer un groupe de pression et, par là contraindre nos députés de prendre en considération nos doléances lors de l’élaboration de nouvelles lois. Ensuite, au niveau social, un statut doit être accordé aux étudiants en les responsabilisant et en leur accordant une sorte d’indépendance au sein de la société. Nous pouvons nous inspirer de différents modèles existants (français, suisse…), en adoptant ce qui nous convient et en rejetant le reste. Un statut d’étudiant nécessite l’adoption de la carte étudiant (qui fut longtemps l’un des points des programmes électoraux universitaires). De plus, depuis quelque temps, des étudiants s’impliquent dans la « chose publique » à travers la mise en place d’associations civiles, telles que « Basma »… Ce travail vise à renforcer la cohésion sociale, à venir en aide aux plus démunis, et surtout à créer un sens civique chez les jeunes. Enfin, au niveau économique, et compte tenu du faible pouvoir d’achat des jeunes, le gouvernement devrait aider les étudiants en leur accordant des facilités de paiement. Ils pourraient ainsi être exemptés du versement de certaines taxes spécifiques. À titre d’exemple, dans les librairies, si une personne montre sa carte d’étudiant, un montant équivalent aux droits de douane pourrait être déductible de sa facture, à l’instar des touristes à qui l’État rembourse la TVA à leur sortie du territoire libanais. En conclusion, le mouvement estudiantin est confronté à un nouveau défi. Les étudiants devraient résumer leurs doléances en un seul discours, qui constituerait le fondement d’un développement social permettant le passage du cloisonnement confessionnel vers une osmose entre les différentes communautés sous l’ombrelle de la citoyenneté libanaise. Les solutions existent, mais nous avons besoin d’un « brain storming » pour mettre en commun nos idées et élaborer de nouvelles doléances. Les étudiants seraient-ils capables de relever le défi ? Ils doivent s’y préparer d’ici à la prochaine rentrée universitaire. Jad AZKOUL Étudiant en économie – USJ

L’accélération du rythme des événements a sans doute bouleversé la scène politique libanaise. Aujourd’hui, nous avons surmonté le cauchemar syrien et nous nous sommes engagés sur la voie de la reconstruction et de l’édification d’un Liban nouveau. Ce qui existait hier n’existe plus aujourd’hui, et un changement s’impose à toute la société civile, et plus particulièrement au mouvement estudiantin qui, au cours des quinze dernières années, menait la résistance contre l’occupation syrienne. L’adaptation du mouvement estudiantin à la situation actuelle et future nécessite une réflexion profonde et critique sur le passé, le présent et le futur.
Au cours des quinze dernières années, les étudiants attendaient la commémoration d’événements précis pour manifester leur résistance (fête de...