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L’inauguration en 1955 fut catastrophique

Ce 17 juillet 1955, Walt Disney avait convié une pléiade de stars à célébrer avec lui l’inauguration de Disneyland, mais la fête, retransmise en direct par la télévision et couverte par des dizaines de journalistes, prit un tour calamiteux. Décidé à éblouir les États-Unis, Disney avait fait installer 22 caméras de télévision pour une émission spéciale animée par deux célébrités de l’époque, Art Linkletter et Bob Cummings, ainsi que par un acteur de série B qui allait devenir 25 ans plus tard président des États-Unis : Ronald Reagan. En prévision de l’ouverture du parc, les ingénieurs de l’autoroute numéro 5, Seattle (Nord-Ouest)-San Diego (Sud-Ouest) avaient rajouté une voie. Mais le jour fatidique, toute la région fut coincée dans un embouteillage géant. Sur place, la situation n’était pas meilleure. Disney avait fait imprimer quelque 11 000 billets pour cette journée réservée à la presse et à des invités triés sur le volet. Mais bientôt, 28 000 personnes se pressaient à l’entrée du parc, toutes munies de billets apparemment en règle. La grande majorité des titres avaient été contrefaits. On frôla l’émeute et, racontent les témoins de l’époque, des parents jetaient leurs enfants par-dessus les files d’attente. « Tout ce qui pouvait aller de travers ce jour-là est allé de travers », dit à l’AFP Tim O’Day, un des responsables du service de presse de Disney, et spécialiste de l’histoire de Disneyland. Ce « dimanche noir », réminiscence du « jeudi noir » de Wall Street en 1929, vit en effet les déboires supplémentaires s’accumuler à un rythme soutenu. Tentant de respecter les délais, les ouvriers peignaient encore les décors de la rue principale le dimanche à l’aube, quand les cantonniers la recouvraient d’asphalte. Résultat, les premiers visiteurs s’adossèrent aux murs et se retrouvèrent couverts de peinture fraîche, tandis que les femmes élégantes en talons hauts restèrent collées dans un bitume qui n’avait pas eu le temps de refroidir. Pour rajouter au malheur des « riches et célèbres » ayant eu le privilège d’assister à cette journée, les plombiers du parc s’étaient mis en grève : aucune des fontaines ni des robinets ne fonctionnait, en plein été californien, à un moment où la température ambiante dépassait les 43 degrés Celsius. Totalement dépassés par l’affluence, les stands de boissons et de nourriture n’avaient plus rien à vendre au milieu de la journée et les attractions à peine rodées tombaient en panne les unes après les autres, selon M. O’Day. Le lendemain, les journaux se livraient à un assassinat en règle de Disneyland, prédisant que son fondateur, qui avait hypothéqué sa maison et vendu son assurance-vie pour récupérer les derniers dollars nécessaires à l’achèvement de son rêve, était un homme fini. Mais, heureusement pour lui, le bouche-à-oreille vint suppléer l’échec de son opération de relations publiques, et en septembre 1955, deux mois après l’ouverture, le parc accueillait déjà son millionième visiteur.
Ce 17 juillet 1955, Walt Disney avait convié une pléiade de stars à célébrer avec lui l’inauguration de Disneyland, mais la fête, retransmise en direct par la télévision et couverte par des dizaines de journalistes, prit un tour calamiteux.
Décidé à éblouir les États-Unis, Disney avait fait installer 22 caméras de télévision pour une émission spéciale animée par deux célébrités de l’époque, Art Linkletter et Bob Cummings, ainsi que par un acteur de série B qui allait devenir 25 ans plus tard président des États-Unis : Ronald Reagan.
En prévision de l’ouverture du parc, les ingénieurs de l’autoroute numéro 5, Seattle (Nord-Ouest)-San Diego (Sud-Ouest) avaient rajouté une voie. Mais le jour fatidique, toute la région fut coincée dans un embouteillage géant.
Sur place, la situation n’était pas...