Les autorités de Bagdad et les pays donateurs doivent se réunir aujourd’hui et demain en Jordanie pour tenter de relancer l’aide à l’Irak, pays engagé dans une transition politique à haut risque en raison d’une très meurtrière guérilla.
« Les éléments plaidant en faveur d’une aide à l’Irak sont forts, non seulement d’un point de vue du développement, mais aussi d’un point de vue géostratégique », a indiqué le diplomate canadien Michael Bell, qui coprésidera la rencontre avec le ministre irakien du Plan Barham Saleh.
« L’Irak traverse une transition très importante... S’il ne réussit pas, nous aurons à en subir les conséquences dans la région et concernant la sécurité dans le monde », a-t-il précisé dans un entretien avec l’AFP.
Pour le représentant spécial de l’Onu en Irak, Staffan de Mistura, les prochains six mois seront « cruciaux » pour l’Irak, avec un référendum prévu en octobre sur la nouvelle Constitution et des élections générales avant la fin de l’année. Le projet de Constitution doit être achevé le 15 août puis soumis à référendum avant le 15 octobre, selon la loi transitoire.
« Nous pouvons faire toutes sortes de projets sur l’eau et l’éducation. Mais si nous n’avons pas la Constitution... on peut avoir des perturbations sociales, économiques et politiques de l’Irak bien plus grave que celles que nous avons vues dans le passé », a-t-il averti.
Les représentants de plus de 60 pays et d’organisations internationales, dont les agences de l’Onu et la Banque mondiale, se réuniront sur les rives de la mer Morte pour cette conférence de deux jours.
Il s’agira de la quatrième rencontre de ce type depuis celle qui s’était tenue en octobre 2003, six mois après la fin de la guerre menée par les États-Unis pour renverser le régime de Saddam Hussein. Elle intervient un mois après la conférence de Bruxelles, où la communauté internationale avait affiché un front uni sur l’Irak en apportant un soutien politique fort à Bagdad, mais sans prendre d’engagements précis.
La conférence de Jordanie doit permettre de « faire le suivi des soutiens exprimés pour la transition politique en Irak et donner un nouvel élan aux efforts de reconstruction » du pays, qui dispose des deuxièmes réserves mondiales en pétrole, selon un communiqué des organisateurs.
« Le Canada, les Nations unies et la Banque mondiale espèrent que l’Irak soumettra lors de cette réunion quelques projets à court terme pour faire face aux besoins urgents de la population. »
« Un de nos principaux objectifs est de développer des stratégies pour augmenter les engagements financiers. Mais nous voulons également des projets qui en valent la peine », a souligné le diplomate canadien.
Les pays donateurs ont débloqué un milliard de dollars depuis la conférence de Madrid, alors qu’ils avaient promis plus de 32 milliards de prêts et dons à l’Irak pour la période 2004-2007.
Lors de la conférence de Bruxelles, les responsables irakiens se sont plaints de la lenteur avec laquelle l’aide arrive à cause des craintes liées à l’insécurité et à la corruption. Ils ont également appelé les donateurs à annuler quelque 125 milliards de dollars de dettes contractées pendant le régime de Saddam Hussein.
« Notre travail n’est pas seulement de dépenser des dollars, mais d’être sûrs que nous (...) mettons en place les réseaux financiers adéquats dans le pays » pour recevoir cette aide, a indiqué le chef de mission de la Banque mondiale en Irak, Faris Hadad-Zervos.
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« Les éléments plaidant en faveur d’une aide à l’Irak sont forts, non seulement d’un point de vue du développement, mais aussi d’un point de vue géostratégique », a indiqué le diplomate canadien Michael Bell, qui coprésidera la rencontre avec le ministre irakien du Plan Barham Saleh.
« L’Irak traverse une transition très importante... S’il ne réussit pas, nous aurons à en subir les conséquences dans la région et concernant la sécurité dans le monde », a-t-il précisé dans un entretien avec l’AFP.
Pour le représentant spécial de l’Onu en Irak,...