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Bernard Hinault prend son mal en patience

Quintuple vainqueur du Tour de France cycliste, Bernard Hinault, surnommé le « Blaireau », prend son mal en patience sur la Grande Boucle où il officie, ponctuellement, en qualité de responsable des relations extérieures. Le sprint de l’Espagnol Alejandro Valverde, mardi à Courchevel, lui a donné du baume au cœur. Il sent, en effet, la succession poindre à l’horizon d’un Tour encore et toujours plombé par l’Américain Lance Armstrong. On pouvait légitimement croire que le « Blaireau » avait enfin trouvé des sujets de satisfaction dans le premier épisode de montagnes où, à l’image des opérations menées dans le Ballon d’Alsace, le Texan avait été secoué. Non point, Bernard Hinault persiste encore dans son sentiment. « Moi, je dis qu’il n’a pas été attaqué, martèle-t-il. Lance Armstrong a encore joué au chat et à la souris avec ses rivaux, ce qui n’est pas tout à fait pareil. Il est obéi au doigt et à l’œil. Il met ses cow-boys devant et, terminé ! » Heureusement, Alejandro le magnifique, jeune de Murcie de 25 ans, a sorti ce rush rageur qui a eu un effet immédiat sur la rétine du prodige d’Yffiniac. Bernard Hinault a donc, un court instant, accroché un bémol à l’habituel courroux qu’il nourrit à l’encontre des rivaux qu’il juge toujours trop attentistes et passifs. Harcèlement « Valverde fait partie des prétendants à la victoire, observe Bernard Hinault. C’est un petit coureur complet qui sait sprinter et grimper. Il lui faudra travailler le secteur du contre-la-montre, et cela viendra. Ils sont quatre ou cinq à arriver : Valverde, mais aussi Cunego, Thomas Dekker et Popovych.» Aurait-il oublié l’Italien Ivan Basso ? « Non, Basso a 29 ans, se révolte-t-il. Il faut arrêter avec lui. C’est presque un trentenaire. S’il était aussi bon qu’on le prétend, il devrait déjà poser des problèmes à Armstrong... ». Existe-t-il une recette pour empêcher le protégé de Johan Bruyneel d’inscrire une septième fois son palmarès au troisième événement sportif mondial après les Jeux olympiques et la Coupe du monde de football ? « S’ils n’ont pas encore compris qu’il faut tenter et essayer encore et encore, estime le fermier. Un harcèlement mené en règle pourrait le déstabiliser. Sinon, il contrôlera la course, comme à son habitude. Dans un tel contexte, tu trouves toujours des alliés. Et Armstrong serait bien obligé de laisser partir des coups. Mais là, il faut convenir que c’est lui qui écrit le scénario. Si on songe à une défaillance de sa part, on pourra attendre longtemps. » Popularité intacte Le Breton se lamente au fur et à mesure qu’il analyse la situation. Un casse-tête ! « Je ne vois vraiment pas qui pourrait le prendre à l’heure actuelle, soupire-t-il. Songez qu’il possède une marge de deux ou trois minutes sur Rasmussen au chronomètre.» Bernard Hinault a plus que jamais du mal à aller dans le sens d’un homme ayant bâti sa réputation (ou presque) sur le seul Tour de France. « Avec un tel programme, je serais encore coureur, souffle-t-il. Et Eddy (Merckx) aussi... ». L’évocation de la présence française donne aussi la nausée à l’employé d’ASO. Sylvain Chavanel ? « Je me pose la question de savoir s’il existe. C’est le désert. Tu en vois un toi ? s’emporte-t-il. Il y a bien Christophe Moreau, mais a-t-il intérêt à jouer une hypothétique place sur le podium au détriment d’une victoire d’étape ? » En fait, seules les (bonnes) nouvelles émanant de l’éditeur (Jacob-Duvernet) peuvent calmer le bouillant champion, à l’heure de la détente. Il savoure un bon comportement de son bouquin Hinault par Bernard Hinault , avec la collaboration de son ami Jean-Paul Brouchon : 28 000 exemplaires vendus. Preuve de la popularité intacte de l’homme qui a écrasé les années 80.
Quintuple vainqueur du Tour de France cycliste, Bernard Hinault, surnommé le « Blaireau », prend son mal en patience sur la Grande Boucle où il officie, ponctuellement, en qualité de responsable des relations extérieures.
Le sprint de l’Espagnol Alejandro Valverde, mardi à Courchevel, lui a donné du baume au cœur. Il sent, en effet, la succession poindre à l’horizon d’un Tour encore et toujours plombé par l’Américain Lance Armstrong.
On pouvait légitimement croire que le « Blaireau » avait enfin trouvé des sujets de satisfaction dans le premier épisode de montagnes où, à l’image des opérations menées dans le Ballon d’Alsace, le Texan avait été secoué.
Non point, Bernard Hinault persiste encore dans son sentiment. « Moi, je dis qu’il n’a pas été attaqué, martèle-t-il. Lance Armstrong a...