Éclairage
L’Iran et l’Irak vers un accord
de coopération militaire
le 08 juillet 2005 à 00h00
Malgré l’hostilité américaine, l’Irak va signer avec son ancien ennemi l’Iran un accord de coopération militaire qui prévoit notamment que Téhéran contribue à la formation des forces armées irakiennes.
« C’est un nouveau chapitre dans nos relations avec l’Irak. Nous allons lancer une vaste coopération en matière de défense », a déclaré hier le ministre iranien de la Défense, l’amiral Ali Chamkhani, lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue irakien Saadoun al-Doulaimi.
« Nous allons former des commissions qui s’occuperont du déminage, identifieront les disparus de la guerre et (...) participeront à la formation, à la remise sur pied et à la modernisation de l’armée irakienne », a-t-il ajouté, écartant par avance une intervention de Washington : « Personne ne peut nous empêcher d’aboutir à un accord. »
L’Irak tente pour sa part de se rapprocher des autres États à population musulmane, afin de renforcer sa légitimité dans la lutte contre la guérilla, et semble peu disposé à se soumettre sur ce point aux consignes de son allié américain. « Personne ne peut dicter à l’Irak ses relations avec les autres pays », a déclaré à Téhéran le chef de la diplomatie irakienne, après s’être recueilli mercredi sur la tombe du soldat iranien inconnu.
Des accords sur la présence étrangère en Irak
Al-Doulaimi s’est réjoui du progrès considérable dans les relations entre les deux pays, qui s’étaient livré une guerre farouche entre 1980 et 1988, qui avait fait des centaines de milliers de morts. Il a annoncé, sans plus de détails, que Téhéran avait offert un milliard d’euros en signe de soutien à la reconstruction en Irak.
Ce rapprochement apparaît d’autant plus surprenant que, l’an dernier encore, les responsables irakiens se joignaient aux Américains pour accuser l’Iran de vendre des armes aux insurgés et de faciliter l’infiltration de combattants étrangers venus prêter main-forte à la guérilla. Bagdad avait même refusé une précédente offre de Téhéran, qui proposait de former des gardes-frontières irakiens.
La victoire de la coalition chiite lors des législatives irakiennes du 30 janvier dernier a cependant permis de renouer le dialogue. Le Premier ministre Ibrahim al-Jaafari doit se rendre la semaine prochaine en visite officielle à Téhéran.
Les deux voisins demeurent en revanche en désaccord sur la présence des soldats étrangers en Irak. L’Iran demande leur départ immédiat, hypothèse écartée une nouvelle fois par al-Doulaimi. « S’ils partent dans la situation actuelle, ils laisseront le champ libre à l’insurrection et la crise. Nous devrions prendre le temps d’entraîner nos propres forces pour remplacer les troupes multinationales », a-t-il estimé.
Peter GRAFF/ Reuters
Malgré l’hostilité américaine, l’Irak va signer avec son ancien ennemi l’Iran un accord de coopération militaire qui prévoit notamment que Téhéran contribue à la formation des forces armées irakiennes.
« C’est un nouveau chapitre dans nos relations avec l’Irak. Nous allons lancer une vaste coopération en matière de défense », a déclaré hier le ministre iranien de la Défense, l’amiral Ali Chamkhani, lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue irakien Saadoun al-Doulaimi.
« Nous allons former des commissions qui s’occuperont du déminage, identifieront les disparus de la guerre et (...) participeront à la formation, à la remise sur pied et à la modernisation de l’armée irakienne », a-t-il ajouté, écartant par avance une intervention de Washington : « Personne ne peut nous...
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