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Actualités - Opinion

Plus jamais !

Face à la violence en ce qu’elle a de plus horrible, de plus inhumain, combien dérisoires paraissent les mots pour la dénoncer, et sordides, futiles même, les problèmes auxquels chacun de nous, pauvres Terriens, se trouve quotidiennement confronté. Résignons-nous donc à l’admettre, cette terrible évidence, déni sans cesse réaffirmé du plusieurs fois millénaire « tu ne tueras point » : en ce XXIe siècle qui en est encore à ses premiers balbutiements, des hommes continuent à assassiner des hommes, au nom de principes, disent-ils, que la raison rejette, tout autant que les religions. Hier, c’était la machine infernale lancée du ciel contre les Twin Towers de New York ; puis chez nous au Liban, c’était l’engrenage de la tourmente enclenchée par l’assassinat de Rafic Hariri ; et à peine plus loin, les massacres d’innocents dans un Irak écartelé ou dans un Darfour comme maudit, soudain plongé l’un et l’autre dans un enfer appelé hélas à durer. Un jour de septembre 2001, nous nous découvrîmes tous américains, puis par la suite madrilènes. Nous voici tous londoniens. Et demain ?… Sans doute éternels citoyens d’un monde qui tous les jours, inexorablement, se rapproche du gouffre, comme attirés par le vide avant que d’être happés par lui. Ceux qui ont planté hier leurs machines infernales dans les stations de métro ou d’autobus savaient-ils qu’à l’autre bout d’un Royaume qui jamais n’a été aussi uni – et nous avec lui – qu’en ce sombre jeudi, les maîtres du monde s’apprêtaient à se pencher sur les problèmes (sida, pauvreté, endettement) des moins nantis pour tenter de leur trouver des solutions ? Condamnés à avouer leur ignorance des causes véritables de cette haine, les dirigeants réunis à Gleneagles en sont à reconnaître aussi leur impuissance et à se contenter d’ânonner un bien peu rassurant : « La lutte contre le terrorisme continuera», parce que « c’est le combat du progrès contre la barbarie ». Hélas, née dans la violence des éléments naturels déchaînés, cette planète paraît condamnée à vivre dans la violence humaine au quotidien, avant sans doute d’en être victime. Entre-temps, il y aura toujours des groupes, des individus pour semer la mort, pour terroriser leurs semblables, pour s’obstiner dans une suicidaire marche à reculons. L’important dans cette succession de chutes interrompues qu’est la vie de l’humanité, est de continuer, malgré tout, malgré certains, à vouloir aller de l’avant. L’important est de toujours se rappeler que c’est en tentant de le défaire, notre pitoyable univers, qu’il se fait – à l’image de la cigarette qu’on roule entre ses doigts, disait Paul Valéry. Même si « nous autres civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles » ? Surtout, oui… Christian MERVILLE

Face à la violence en ce qu’elle a de plus horrible, de plus inhumain, combien dérisoires paraissent les mots pour la dénoncer, et sordides, futiles même, les problèmes auxquels chacun de nous, pauvres Terriens, se trouve quotidiennement confronté.
Résignons-nous donc à l’admettre, cette terrible évidence, déni sans cesse réaffirmé du plusieurs fois millénaire « tu ne tueras point » : en ce XXIe siècle qui en est encore à ses premiers balbutiements, des hommes continuent à assassiner des hommes, au nom de principes, disent-ils, que la raison rejette, tout autant que les religions. Hier, c’était la machine infernale lancée du ciel contre les Twin Towers de New York ; puis chez nous au Liban, c’était l’engrenage de la tourmente enclenchée par l’assassinat de Rafic Hariri ; et à peine plus loin, les...