Washington prend ses distances avec le gouvernement irakien
le 28 juin 2005 à 00h00
Engagés militairement en Irak, les États-Unis prennent de plus en plus leurs distances sur le plan politique avec un gouvernement irakien qui peine à trouver ses marques. « C’est votre gouvernement, pas le nôtre », a affirmé sans ambages le président américain George W. Bush en recevant la semaine dernière à la Maison-Blanche le Premier ministre irakien Ibrahim al-Jaafari. « Je ne veux pas rejeter la responsabilité sur quelqu’un d’autre, comme on dit, mais il s’agit d’un gouvernement souverain avec un Premier ministre élu. Notre rôle est d’aider. Son rôle est de gouverner et diriger », a ajouté M. Bush.
Plus de deux ans après le renversement de Saddam Hussein et un an après le transfert de souveraineté aux Irakiens, l’armée américaine se trouve à la croisée des chemins. Le pays reste le théâtre de nombreuses violences. Sur le terrain, les pertes américaines continuent d’augmenter, et aux États-Unis le soutien à la guerre diminue. Selon des sondages, six Américains sur dix sont mécontents de la politique de leur président en Irak. Le président Bush a prévu de s’exprimer aujourd’hui à une heure de grande écoute pour expliquer sa politique irakienne.
Le règlement de la question irakienne « ne peut pas être à long terme une entreprise américaine ou une entreprise de la coalition », a prévenu au début du mois la secrétaire d’État Condoleezza Rice. « Ce doit être une affaire irakienne », a-t-elle souligné. Au cours de la conférence internationale sur la reconstruction de l’Irak à Bruxelles, Mme Rice a invité le gouvernement irakien à renforcer la sécurité dans le pays, et ouvrir le système politique et l’économie du pays. Reconnaissant que des contacts avaient eu lieu avec des représentants de l’insurrection, le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld a souligné que ces contacts étaient une affaire strictement irakienne. Washington maintient que les Irakiens ont fait de bons progrès sur le plan politique depuis les élections de janvier, même s’il a fallu des mois pour former le nouveau gouvernement. Les responsables américains estiment toujours que le processus constitutionnel ne prendra pas de retard. Le projet de Constitution irakienne doit être achevé le 15 août puis soumis à référendum avant le 15 octobre, selon la loi transitoire. Washington continue de travailler en coulisses pour que tout se passe comme prévu. Mme Rice a fait une visite surprise en Irak en mai pour demander aux dirigeants de la majorité chiite d’accorder davantage de place aux sunnites. Les Américains sont en contact avec les dirigeants kurdes pour qu’ils sursoient à leur désir d’autonomie.
En février dernier, M. Bush avait annoncé une « nouvelle phase » de la politique américaine en Irak en expliquant que l’armée américaine allait désormais se cantonner dans des opérations de soutien des forces irakiennes. Mais les responsables américains savent qu’il faudra encore du temps avant que la nouvelle armée irakienne soit pleinement efficace et puisse se passer de l’aide américaine.
Engagés militairement en Irak, les États-Unis prennent de plus en plus leurs distances sur le plan politique avec un gouvernement irakien qui peine à trouver ses marques. « C’est votre gouvernement, pas le nôtre », a affirmé sans ambages le président américain George W. Bush en recevant la semaine dernière à la Maison-Blanche le Premier ministre irakien Ibrahim al-Jaafari. « Je ne veux pas rejeter la responsabilité sur quelqu’un d’autre, comme on dit, mais il s’agit d’un gouvernement souverain avec un Premier ministre élu. Notre rôle est d’aider. Son rôle est de gouverner et diriger », a ajouté M. Bush.
Plus de deux ans après le renversement de Saddam Hussein et un an après le transfert de souveraineté aux Irakiens, l’armée américaine se trouve à la croisée des chemins. Le pays reste le théâtre...
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