L’euro a enregistré hier son premier rebond significatif depuis une bonne semaine, se rapprochant du seuil de 1,23 $ qu’il avait cassé à la baisse la veille pour retomber jusqu’à 1,2160 $. Ce mouvement s’explique par le statu quo monétaire observé par la BCE à l’issue de la réunion de son Conseil de gouverneurs (voir par ailleurs), surtout après que son président, Jean-Claude Trichet, eut laissé entendre qu’une baisse de taux, réclamée par les gouvernements européens, n’était pas à attendre dans l’immédiat tout en se montrant moins catégorique sur le sujet que par le passé. Ce développement a donc réduit le différentiel de rendement entre les obligations en euro à 10 ans (3,22 %) et les T.Bonds américains sur la même maturité (3,90 %). Bien que ce différentiel de 68 points de base soit moins rémunérateur pour l’euro, il reste pourtant inférieur aux 90 points de base observés auparavant. Ce phénomène n’a pas tardé à privilégier la monnaie unique sur le dollar sous le rapport de la rentabilité. Cela d’autant que les marchés venaient d’apprendre la veille du président de la Réserve de Dallas, Richard Fisher, que la Fed avait bientôt fini de relever ses taux. En outre, le dollar s’est ressenti de l’annonce hier d’une augmentation du nombre des demandes hebdomadaires d’allocations chômage aux États-Unis de 25 000 à la fin de la semaine dernière pour s’établir à 350 000, en raison de plusieurs suppressions d’emplois entraînées vraisemblablement par le ralentissement de l’économie américaine. Cette crainte a été renforcée par la publication d’un autre rapport du cabinet de conseil Challenger, Gray & Chtismas faisant état de 82 283 suppressions d’emplois en mai, en hausse de 42 % par rapport à avril, à la veille des chiffres du chômage américain pendant la même période devant paraître aujourd’hui. Cela étant, les opérateurs ont estimé devoir rééquilibrer leurs positions de change à la lumière de ces développements après avoir largement anticipé le « non » français et hollandais à la Constitution européenne. Ils ont aussi ignoré la hausse de 0,9 % des commandes industrielles aux États-Unis en avril et la révision en hausse de la productivité américaine de 2,6 % à 2,9 % au 1er trimestre 2005 contre 2,3 % au 4e trimestre 2004 et ont continué à racheter l’euro. Celui-ci est parvenu, en effet, à se négocier finalement à New York autour de 1,2275 $ contre 1,2190 $ la veille, en hausse de 0,70 %.
Volatilité des Bourses
La Bourse américaine a suivi une tendance contrastée hier, dans le sillage des indicateurs économiques mitigés publiés hier aux États-Unis. Il a ainsi repris son souffle après sa nette hausse de la veille, ignorant l’annonce par Wal-Mart qu’elle tablait sur une progression de 2 à 4 % de ses ventes en juin et par Citigroup qu’il va fusionner avec Federated May. Pourtant, le rachat de StorageTek par Sun Microsystems et de Shopping.com par eBay a redonné un peu d’actualité aux placements dans le secteur technologique.
Les Bourses européennes ont fini pour la plupart sur de nouveaux plus hauts, soutenues toujours par les exportateurs sous la conduite du secteur automobile. La reprise des prix pétroliers a profité aussi aux sociétés productrices comme Total, BP et Shell.
À la Bourse de Beyrouth, la tendance est restée partagée entre la baisse des actions A de Solidere de 9,55 $ à 9,52 $ et la hausse des actions B de 9,44 $ à 9,51 $.
Élie KAHWAGI
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