Avec, pour seule arme, la plume
À Monsieur le professeur Samir Kassir,
Dois-je qualifier le peu de temps durant lequel j’ai eu l’honneur d’être une de vos étudiantes (cette même année) de chance, ou comme étant le destin ? Si je m’en tiens à votre amour pour le cinéma égyptien, j’opte inéluctablement pour le deuxième choix. Je remercie cet étrange destin qui a eu la bonté de mettre sur mon parcours d’étudiante un professeur aussi marquant que vous. Marquant, puisqu’en seulement neuf mois, vous avez su me communiquer cette passion, contagieuse de la cause arabe, spécialement libanaise, que je n’avais jamais rencontrée avec autant de ferveur. Cette passion, que vous avez éveillée et que au grand jamais je n’avais soupçonnée, restera une flamme à jamais allumée. L’éteindre serait vous oublier et vous dire adieu. Or je refuse de vous dire adieu. Non, je vous dis à bientôt.
À bientôt, M. Kassir, je vous retrouverai à chaque rayon de bibliothèque, là où règnent les livres et où je pourrais rassasier cette soif de culture et de savoir que vous aimiez partager avec nous.
À bientôt. Je vous retrouverai à chaque fois que j’écrirai un article, là où la plume sera la seule arme que je brandirai pour traduire ma libre opinion. Tout comme vous l’avez si bien fait, au prix de votre propre vie.
Enfin, très bientôt, nous, étudiants et Libanais, vous retrouverons, le jour de la «nahda» de l’indépendance libanaise, où le Liban libre renaîtra de ses cendres, de la façon dont vous l’avez tant rêvé, rendant ainsi hommage à ceux qui, pour lui, ont courageusement combattu et qui ont été lâchement sacrifiés. Tout comme vous. Aujourd’hui, vous nous confiez le flambeau de cette lutte pour le Liban libre, où seule la démocratie sera maître et où les journalistes ne seront pas punis pour le seul « crime » qu’ils auraient jamais commis, l’exercice de leur liberté d’expression. Nous espérons être à la hauteur de ce combat en tirant profit de vos précieux enseignements. Merci pour tout.
Nouchka BOUSTANY
Honte à ce pays!
À l’Ordre de la presse,
À l’Ordre des rédacteurs,
À l’équipe d’an-Nahar
À la famille de Samir Kassir,
En mon nom personnel et au nom des amis de Raymond Eddé, je condamne très vivement le lâche attentat qui a coûté la vie au brillant journaliste et politologue que fut Samir Kassir. Cet assassinat est un nouveau coup porté à la liberté de la presse au Liban.
Aux dirigeants de mon pays, je dis : honte à une nation qui ne préserve ni ne protège la liberté d’opinion et de plume, la liberté de ses citoyens, la liberté tout simplement.
Antoine TUFENKJI
L’intifada de la plume
Les assassins auront beau faire, ils ne pourront plus faire taire la voix d’un peuple assoiffé de liberté et de justice, car s’il existe un point commun entre Marwan Hamadé, Rafic Hariri, Bassel Fleyhane et Samir Kassir, c’est bien leur message national et politique moderne, message qui n’a pas de frontières et que la barbarie veut faire taire à tout prix.
La leçon que ces assassins n’ont pas encore apprise est qu’avec chacun de ces symboles qui disparaît, leur message ne se fait que plus audible, il confirme la place du Liban en tant que pays civilisé, il nous réconcilie avec notre liberté d’expression et exporte au monde de façon plus efficace les fondements de notre société unique, qui dérange, qui n’a pas froid aux yeux, qui fait peur et qui déstabilise certains de nos voisins.
Mais pour chacun de ces martyrs modernes qui succombent, il en naît cent autres, tous aussi déterminés et prêts au sacrifice ultime au nom de la vérité.
L’intifada de la plume est née de plus belle, et nul ne pourra la faire taire, car pour qui ne l’a pas encore compris, c’est par le mot libre, avant tout, que s’affirme la démocratie.
Jean-Claude DELIFER
Montréal – Canada
Combien d’assassinats encore?
Je ne me remets pas de l’assassinat de Samir Kassir, et me dis : combien faudra-t-il encore d’actes pareils pour que les Libanais (je parle du peuple et non de ses dirigeants) comprennent que ce n’est qu’ensemble et unis qu’ils pourront faire front à ceux qui les manipulent avec un tel sang-froid?...
Je veux exprimer ici une immense colère. Ceux qui veulent que nous nous taisions sont dans l’impasse.
Il faut publier des manifestes, signer des lettres, crier haut et fort qu’on n’assassinera pas la liberté en nous.
L’assassinat de Samir Kassir nous réveille alors qu’on essayait de nous endormir avec des tractations électorales calquées sur des habitudes périmées, au mépris de tout ce qui s’était exprimé en mars 2005.
Vive les esprits libres du Liban ! animés par la flamme que Samir Kassir a si bien exprimée et qui, elle, ne s’éteindra jamais.
Nada RIZK
Le barrage de la terreur
À défaut d’obus, le régime syrien déploie pour barrage de la terreur ses assassins. Une nouvelle cible, une nouvelle victime, Samir Kassir. Je n’aurai de cesse de répéter les qualités de l’homme ; un homme de conviction, persévérant, doté d’un courage infaillible, une fine plume, un franc-parler, une critique constructive, une honnêteté intellectuelle authentique, une pensée conjuguée avec l’acte, un acte de foi dans le Liban et le monde arabe, pour un monde moderne, débarrassé de la corruption, démocratique et juste.
Les idées et les principes forment la foi, et comme celle-ci, ils sont ineffaçables. Si l’homme va nous manquer, il est désormais vivant en chacun de nous, et notre détermination d’écrire et d’agir pour défendre la liberté, le droit, la justice, les faibles et les opprimés ne s’en trouve que décuplée. Comme tu l’as si bien écrit, Samir, le régime déliquescent de Damas a opté pour le barrage de la terreur. Mais il ne saura nous arrêter.
Pierre NAAYEM
Et si on éteignait nos caméras?...
Attenter à la vie de quelqu’un est le plus grand acte de barabarie qui soit. Pourquoi faut-il que cette barbarie que nous vivons, que nous appréhendons au quotidien, que nous craignons tous les jours un peu plus, cette barbarie qui nous arrache des hommes grands, des hommes courageux, soit, de plus, figée en images insoutenables dans notre mémoire, la mémoire de nos enfants et celle des proches de chaque victime avec le souci du détail qui vous laisse sans voix ? Ces images n’illustrent nullement la grandeur de ces hommes, elles répondent à un besoin indigne d’eux.
Samir Kassir, le ténor du mot juste, du mot vrai, s’est tu à jamais. Respectez son silence. Éloignez-vous du champ, reculez vos caméras, éteingez vos zooms, fermez vos diaphragmes. Pensez à la douleur de perdre un être cher qui vous prend aux tripes et à laquelle viennent s’ajouter ces images morbides. Samir Kassir était un grand homme, fort par sa témérité et sa détermination à aller toujours plus loin.
Icare s’est brûlé les ailes en s’approchant trop de la vérité, mais vous, reporters du moment, apprenez à vous éloigner quand il le faut.
Danny MALLAT
On ne vous oubliera jamais
Cet attentat odieux, horrible, n’a fait qu’embellir votre image à nos yeux, nous, vos étudiants. Ils ont cru nous avoir en éliminant votre plume. Eh bien, ils ont eu tort car ils vous ont immortalisé dans nos cœurs. Soyez certain que nous suivrons le chemin que vous nous avez traces ; il est ancré dans nos âmes.
Je ne cesse de penser à vous ; je n’arrive pas à effacer de ma mémoire ce sourire ironique qui ne quittait jamais vos lèvres, les lunettes au bout de votre nez, ce regard perçant, qui comprenait tout. Et cette éternelle cigarette entre vos doigts. Vous savez, Monsieur, le cendrier est toujours là, en classe, qui vous attend.
Nous devions avoir un cours avec vous, ce vendredi. Nous vous avons attendu, en vain. Vous ne viendrez plus jamais. Je voudrais tant crier ma colère, mais je ne peux pas. Je suis fatiguée, dégoûtée, je me sens vidée. Rassurez-vous : je ne vais pas baisser les bras, lâcher les armes, nos armes : la plume et le papier.
Reine BADDOURA
Un homme courageux
Depuis quelques mois, les Libanais sont tout heureux à l’idée de pouvoir voter librement pour la première fois depuis le retrait des forces syriennes. En tant que membre du comité international de www.lebanese-abroad.com, je revendique mon droit de vote en ma qualité de citoyenne libanaise vivant à l’étranger. D’autres fondent le mouvement Fly.2lebanon.com pour aider les Libanais de l’étranger à aller voter au Liban, et une grande partie des Libanais au Liban est heureuse de pouvoir le faire en l’absence des services secrets syriens.
L’assassinat de Samir Kassir nous amène à nous (re)poser la question suivante : à quoi servirait le droit de vote au sein d’un État qui ne respecte pas les droits fondamentaux de l’homme ? En quittant le Liban, j’avais peut-être choisi la liberté d’expression à la place du droit de vote.
Samir Kassir était bien plus courageux, il avait choisi la liberté d’expression à la place de son droit fondamental d’exister. Quand est-ce qu’on ne nous obligera plus à faire ces choix ?
Nada BOUSTANY
États-Unis
Les mots immortels
Tous ceux qui ont parlé alors que le corps de Samir Kassir était encore coincé dans sa voiture ont raté une belle occasion de se taire, car ce qu’ils ont dit est pire que le crime commis ! Le mieux aurait été de rester silencieux par respect pour l’esprit noble et le courage de cette plume qui est tombée. Mais cette plume, si elle a vacillé, ne touchera pas le sol, car il y aura toujours des mains jeunes pour la relever.
Les hommes ne sont pas importants; notre faiblesse humaine nous a appris qu’avec le temps nous guérissons de l’absence de quelqu’un, mais le mot, lui, reste immortel. L’héritage que nous laisse Samir Kassir est loin des petitesses du partage parlementaire. Il va au-delà des querelles tribales dont est coutumière une certaine caste de politiciens, pour toucher le fond du problème, celui d’un voisin aux ambitions surdimensionnées et surtout rancunier.
J’espère que les grandes puissances comprendront un jour que nous ne pouvons plus jouer les monnaies d’échange.
Pour revenir à notre triste réalité, nous n’avons pas encore compris ce vieil adage qui parle de diviser pour régner. Il a suffi de quelques jours de liberté pour nous saouler au point de nous faire perdre l’essentiel, c’est-à-dire de souder le rempart et surtout de remettre en question les vieilles habitudes face à un voisin prêt à ne faire de nous qu’une bouchée.
Carole Mouzannar NAWAR
Stabilité interdite
Il est interdit à notre pauvre pays de vivre quelques moments de joie, de stabilité et de sérénité ; il nous est interdit d’espérer ou bien de rêver d’un avenir meilleur ; il nous est interdit d’imaginer un futur stable, prospère, démocratique, libre, comme tous les autres pays du monde, car tout signe de civilisation, tout changement fondamental qui affecterait la structure politico-économique constituerait un danger imminent pour les ennemis du Liban.
Au nom de quelle logique assassine-t-on les écrivains, les journalistes, les hommes politiques et tous les grands de ce pays ? Au nom de quelle loi prive-t-on un pays de son essence quand on élimine odieusement et sous l’œil vigilant du monde entier une personnalité aussi respectable, intègre et surtout patriotique que Samir Kassir ?
Walid ABOU SAMAH
Un homme en quête de vérités
Il a été assassiné. Avec une charge explosive adaptée, pour le tuer sec, sans dommages collatéraux. Le crime propre, aux normes des guerres du XXIe siècle. Un travail de professionnel, rien de plus, rien de moins. Mission accomplie, opération réussie.
C’est un universitaire, un homme de réflexion, de dialogue et de débat. C’est un homme de lettres, un homme qui voulait comprendre, prêt à se remettre en cause, revenant à l’histoire et pensant à l’avenir.
C’est un journaliste, un homme en quête de vérités, au pluriel, pour appréhender toute la complexité de la réalité. Un homme de courage, capable d’exprimer son opinion, avec l’analyse critique qui l’accompagne, une opinion critique, qui interpelle les esprits, que la violence soutenue fait taire.
C’est un homme de jeunesse, un espoir pour d’autres jeunes, qui cherchent à relever le défi de combattre la violence par les mots, la sophistication des armes par la pertinence de la sémantique, le crime organisé par une résistance réfléchie.
C’est le jeune universitaire qui exprime son opinion, la soumet à la critique, en débat et discute l’alternative.
C’est un homme qui paie de sa vie son attachement à la démocratie, aux droits de l’homme et à sa liberté.
Dr Rafic BADDOURA
La lutte ne fait que commencer
Les assassins ont essayé de tuer tout Libanais, tout Arabe libre, militant pour la cause de la démocratie, de la dignité et de l’émancipation des forces potentielles positives et patriotiques au sein de ces sociétés fatiguées, meurtries par des décennies de despotisme, d’abus contre les individus et les groupes, de mensonges, mascarades et mépris de toute valeur humaine quand cette valeur contredit l’intérêt du gouverneur.
Beyrouth est de nouveau ensanglanté aujourd’hui. Après le martyre du président Rafic Hariri et de ses compagnons, le martyre de Bassem Fleyhane et de onze autres Libanais innocents, après les voitures piégées, le sang de Samir Kassir a coulé pour nous dire que la lutte, loin d’être terminée, vient de commencer contre l’appareil policier. Mais les Libanais patriotes lutteront au Liban et aux quatre coins du monde pour vaincre ces bandes d’assassins qui se cachent derrière leur position officielle, utilisant les moyens de l’État et l’argent du contribuable pour tuer les hommes libres et patriotes.
Au nom d’un grand nombre d’universitaires libanais de toutes les universités libanaises et en particulier l’USJ à Abou Dhabi, je présente nos plus vives condoléances à Mme Kassir et à ses enfants, et l’expression de nos regrets les plus sincères et notre détermination de continuer avec les amis et camarades de Samir la lutte contre la bande qui détient encore quelque pouvoir au Liban et l’utilise contre la nation.
L’histoire enregistrera que la phase qui s’est presque terminée le 30 avril 2005 a bien commencé, comme le disait Samir Kassir, le jour où Kamal Joumblatt a été assassiné en 1977.
Dr Hani M. Hamdan
Ancien président de l’amicale des anciens de l’USJ aux Émirats arabes unis
Les chemins de la liberté
« Il serait peut-être temps que Beyrouth attende plutôt sa prospérité à retrouver du bonheur des uns et des autres. C’est-à-dire de la démocratie pour tous et pas seulement dans quelques-uns de ses quartiers, et de la paix pour les Palestiniens, les deux conditions d’un grand marché régional qui, seul, peut lui donner un nouveau souffle. » Voilà, en deux phrases tirées de son livre Histoire de Beyrouth, un aperçu de la pensée et de la vision de l’historien, politologue et journaliste Samir Kassir.
Avec l’assassinat de cet intellectuel, porteur d’une véritable pensée républicaine démocrate, engagé dans une lutte farouche pour l’indépendance et la liberté, contre le confessionnalisme archaïque ou les régimes sécuritaires, Beyrouth pleure celui qui l’a si bien raconté.
Nous espérions vivre la nouvelle « nahda », celle du XXIe siècle avec des acteurs de la scène politique et culturelle de sa trempe, notre rêve s’est brisé dans une explosion à Achrafieh au cœur de Beyrouth.
Comme un signe, 29 ans presque jour pour jour après l’entrée des troupes syriennes au Liban, celui qui a été l’un des défenseurs du Liban libre, mais aussi de la cause palestinienne, a payé cher le prix de ses convictions. La lutte par l’écrit, la recherche historique, l’analyse politique ont été balayées par quelques grammes d’explosifs. Mais si un assassinat est un instantané dans l’histoire, un instant tragique de la vie d’un pays qui a traversé les siècles, l’écrit aspire à la postérité… et notre rêve renaît des cendres comme un Phénix.
Aragon disait dans la préface du Monde réel : « La machine un jour s’arrête, qu’on la juge sur ce qu’elle a fait. » La machine Kassir s’est arrêtée prématurément en ce 2 juin, à nous de suivre « les chemins de la liberté » qu’il a commencé à tracer avec tant d’autres qui ne sont plus, mais que l’on retrouve un soir de solitude, bien des années après leur mort au fond d’une bibliothèque, tandis que l’odeur de brûlé des quelques grammes d’explosifs se sera à jamais évaporée.
Marc KALOUSTIAN
Plaidoyer pour un autre 1789
Certes, tout le monde ne connaissait pas Samir Kassir. Certes, tout le monde ne lisait pas ses articles. Mais le Liban – du Nord au Sud – et les Libanais, tous, auront saisi l’ampleur de la perte,
le poids insoutenable et énorme de la perte.
La mort de Samir Kassir a soufflé toutes les lueurs des bougies consumées place de la Liberté. Sa mort aura suffi pour mettre à terre tous les drapeaux libanais brandis place de la Liberté ; elle aura suffi pour les traîner dans la boue et les mettre en lambeaux.
Une énième fois ; une fois de trop. Sans doute.
Car le temps du printemps, de quelque couleur qu’il soit, est révolu.
Le temps des révolutions douces, orange, rouge et vert cèdre est révolu.
Oublier le 14 mars 2005. Pour mieux continuer l’âpre combat de l’intafada de l’indépendance. Pour enfin le mener à bien, et parvenir à atteindre, peut-être bientôt, un jour sûrement, les rives de la liberté. La vraie.
Pas celle des slogans. Pas celle non plus des élections-plébiscites. Encore moins celle prônée par ceux-là mêmes qui ont fabriqué la guerre libanaise. Cette « guerre des autres » que l’on a si bien su s’approprier.
Et qui, à force, est devenue une seconde nature.
Le temps des révolutions douces est révolu. Le temps d’un autre 1789, dépassionné, rationnel et cartésien, est bel et bien arrivé. Car lorsque tout est perdu, on n’a plus rien à perdre. Reste à savoir qui incarnera le nouveau Robespierre.
Lélia MEZHER
Paris
Garder l’espoir
Une pensée chaleureuse à ta famille, à ton frère Sleimane, notre camarade de classe au Lycée franco-libanais de Beyrouth, à toute la promotion 75 qui doit fêter ses retrouvailles à Beyrouth 30 ans après. Mais quel Beyrouth ? Celui où il est interdit de réfléchir, de penser ? Celui où il n’y aurait plus de place pour les gens qui osent dire à voix haute ce qu’ils pensent ? Il faut être des brebis qui ne haussent même pas la tête pour regarder l’horizon, et quel horizon ?
Nous ne voulons pas que la disparition tragique de Samir soit récupérée par des politiciens à des fins électorales. Nous voulons surtout pousser un cri de colère et de désarroi devant une telle haine des libres penseurs et des pensées libres. Garder l’espoir de voir un jour le Liban vraiment libre.
Christine ZACHARIOU
et ses amis du lycée au Liban et à l’étranger
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