Je voudrais bien comprendre. J’ai beau essayer d’analyser la situation, de passer en revue les choix, les éventualités envisagées. Je ne comprends toujours pas le chemin emprunté par le général Aoun.
Depuis plus de quinze ans, par ses propos directs, par son honnêteté légendaire, par son idéalisme et son patriotisme à tout rompre, il a su atteindre les foules au cœur. Il a su mobiliser nos parents, nos enfants aussi, nous donnant l’espoir de lendemains meilleurs.
Durant la guerre de libération, nous avons suivi, les yeux fermés, ses slogans. « Tous contre la présence et l’hégémonie syrienne ». Quel beau discours. Quelle belle perspective.
Lors de la guerre contre les Forces libanaises et contre Samir Geagea, nous avons assisté, tristes et quelque peu inquiets, à la division de la rue chrétienne, à la haine qui n’a pas manqué de s’installer au sein des familles, espérant que le général entrevoyait la solution au bout du tunnel.
Mais en guise de solution, c’était l’exil pour lui et l’occupation syrienne pour nous. Une présence envahissante et pénible que nous avons supportée, tant bien que mal, pendant quinze longues années, alors que les partisans du général étaient arrêtés, déportés en Syrie, torturés, tués. Alors que ses sympathisants étaient victimes des pires traitements lorsqu’ils osaient manifester ou même se manifester.
Le jour du retour au Liban, nous avons revécu, émus, la liesse des jours où nous montions à Baabda lui exprimer notre soutien. Nous avons applaudi ses paroles, remplis d’espoir, déjà galvanisés par l’intifada de l’indépendance.
Nous avons tourné la page de la présence syrienne. Le général a tourné la page de l’exil.
Liberté, réconciliation, souveraineté : de beaux mots qui ont enfin retrouvé leur sens ce jour-là.
Mais voilà que contrairement à nos attentes, pris au piège d’une actualité politique haïssable, Michel Aoun se retrouve l’allié de Talal Arslane, Sleimane Frangié et Michel el-Murr, trois noms si étroitement liés à la présence syrienne. Trois noms qui ont tellement contribué à réprimer ses partisans et opprimer ses sympathisants.
Je m’efforce de comprendre ce choix, mais je n’y arrive pas. J’attends toujours une explication qui ne vient pas.
Telles sont ma peine et ma grande déception.
Celles aussi d’un grand nombre de Libanais qui attendaient le retour de l’exilé avec tant d’espoir et qui se demandent aujourd’hui : « Mais que fait donc le général ? »
Anne-Marie EL-HAGE
Je voudrais bien comprendre. J’ai beau essayer d’analyser la situation, de passer en revue les choix, les éventualités envisagées. Je ne comprends toujours pas le chemin emprunté par le général Aoun.
Depuis plus de quinze ans, par ses propos directs, par son honnêteté légendaire, par son idéalisme et son patriotisme à tout rompre, il a su atteindre les foules au cœur. Il a su mobiliser nos parents, nos enfants aussi, nous donnant l’espoir de lendemains meilleurs.
Durant la guerre de libération, nous avons suivi, les yeux fermés, ses slogans. « Tous contre la présence et l’hégémonie syrienne ». Quel beau discours. Quelle belle perspective.
Lors de la guerre contre les Forces libanaises et contre Samir Geagea, nous avons assisté, tristes et quelque peu inquiets, à la division de la rue chrétienne, à la...
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