Deux jours après le « non » français à la ratification du traité sur la Constitution européenne, les opérateurs ont accentué leur pression sur l’euro hier à la veille du référendum organisé sur la même question aux Pays-Bas qui pourrait enfoncer le clou du « non ». Cette crainte, qui devrait compliquer plus la situation, car il deviendra difficile de qualifier le « non » français d’événement isolé, a pesé lourdement sur l’euro qui a cassé le seuil de 1,23 $ pour la première fois depuis début octobre 2004. Cela d’autant que le choix de Dominique de Villepin au poste de Premier ministre en France n’a pas été convaincant pour les marchés, car il a été perçu comme le signe d’un statu quo, alors que les cambistes espéraient un chef de gouvernement plus nettement favorable aux réformes économiques pendant les deux ans à venir avant la présidentielle de 2007. En outre, l’annonce par la Commission européenne que l’indice de confiance économique s’est à nouveau dégradé en mai dans la zone euro à 96,1 points contre 96,5 points en avril ainsi que l’indice mesurant le climat des affaires dans cette région qui a reculé à 0,37 point, pour le 5e mois consécutif, contre 0,46 point pendant la même période, a agi également au passif de l’euro. Il en est de même de la baisse du moral des ménages français de -24 en avril à -29 en mai qui a déçu, incitant Amelia Torres, porte-parole du commissaire européen aux Affaires économiques, à dire que la dépréciation de l’euro était liée davantage à la conjoncture économique globale qu’aux résultats du référendum français sur la Constitution. Cela étant, les opérateurs ont été sensibilisés aussi par le rebond de l’indice de confiance des consommateurs américains, calculé par le Conference Board, de 97,5 points en avril à 102,2 points en mai, dans la mesure où les dépenses de consommation aux États-Unis représentent les 2/3 du PIB américain. Eu égard à toutes ces considérations, l’euro n’a pas pu se soustraire aux influences baissières encore hier, se négociant finalement à New York sur un ton très faible à 1,2306 $ contre 1,2470 $ la veille, en baisse de 1,32 %, soit sa plus grande dégringolade en une journée depuis deux mois.
Les Bourses en baisse
La Bourse américaine s’est repliée hier en raison de prises de bénéfices après le long week-end du Memorial Day. Elle n’a pas réagi à la conférence de presse du président George W. Bush qui a rassuré les investisseurs que « l’économie est forte », appelant le Congrès à voter en faveur d’un projet de loi énergétique. Au contraire, les opérateurs ont été influencés par le net fléchissement de l’indice d’activité dans le secteur industriel de la région de Chicago de 65,6 points en avril à 54,1 points en mai. L’annonce par Citigroup qu’elle va payer 208 mls $ pour mettre fin à l’enquête de la SEC a également pesé sur la tendance ainsi que la révision en baisse par AIG de ses bénéfices nets pour 2004 de 11,05 mlds $ à 9,73 mlds $.
Les Bourses européennes ont renoué avec la baisse, plombées par les mauvais indicateurs économiques en provenance de la zone euro. Des prises de bénéfices sur les valeurs bancaires et énergétiques, qui avaient opéré un bond la veille, semblent expliquer aussi ce retournement de la tendance.
À la Bourse de Beyrouth, les actions A et B de Solidere sont retombées de 9,47 $ à 9,41 $ et de 9,55 $ à 9,48 $ respectivement.
Élie KAHWAGI
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Deux jours après le « non » français à la ratification du traité sur la Constitution européenne, les opérateurs ont accentué leur pression sur l’euro hier à la veille du référendum organisé sur la même question aux Pays-Bas qui pourrait enfoncer le clou du « non ». Cette crainte, qui devrait compliquer plus la situation, car il deviendra difficile de qualifier le « non » français d’événement isolé, a pesé lourdement sur l’euro qui a cassé le seuil de 1,23 $ pour la première fois depuis début octobre 2004. Cela d’autant que le choix de Dominique de Villepin au poste de Premier ministre en France n’a pas été convaincant pour les marchés, car il a été perçu comme le signe d’un statu quo, alors que les cambistes espéraient un chef de gouvernement plus nettement favorable aux réformes économiques...