À contempler aujourd’hui le paysage politique libanais, nous citoyens qui avons pleuré Rafic Hariri le 14 février et qui avons crié notre colère dans les rues de Beyrouth, nous qui avons participé aux manifestations dont les leitmotivs étaient liberté, vérité, unité sommes en ce jour extrêmement perplexes.
Cette unité qui a prévalu après l’odieux assassinat de Rafic Hariri était-elle un mirage dans l’horizon politique libanais ?
Est-il vrai que nous n’avons pas encore atteint cette maturité politique, immaturité dont s’enorgueillissait si bien Bachar el-Assad il y a quelques mois encore ? Tout le comportement de l’opposition libanaise plurielle ne dément malheureusement pas ces dires.
Que sont devenus les slogans du 14 mars ? Où sont les listes électorales communes ? Qu’est-il advenu du discours politique non confessionnel qui présageait un Liban nouveau ou encore le renouveau du Liban ?
Assistons-nous, comme beaucoup le prévoyaient, à l’effondrement de la révolution du Cèdre ? Comment peut-on applaudir les dernières prises de positions de l’opposition plurielle, toutes tendances confondues y compris Bkerké, qui nous ramènent à un discours d’avant Taëf ?
Et voilà que grâce à cette division renaissent de leurs cendres Jamil Sayyed, ses sbires et leurs commanditaires. Les voilà nous donnant des leçons de patriotisme, tout en se préparant à entrer par la grande porte dans l’arène politique grâce à l’appui inconditionnel du Hezbollah et de quelques résidus de Aïn el-Tiné, dont les alliances électorales nous ébahissent… Ne vous leurrez pas, cette immunité que vous recherchez ne vous fera pas échapper à d’éventuelles poursuites le jour où la commission d’enquête internationale sera enfin sur pied.
Il doit se retourner dans sa tombe, Rafic Hariri, en assistant, place de la Liberté, au hara-kiri collectif de l’opposition après toutes les victoires accumulées, que sa mort avait offertes aux Libanais, toutes confessions confondues. Mais qui est responsable ? Où est le coupable ? Nous voilà tous coupables, musulmans et chrétiens, aounistes et Rassemblement démocratique, Courant du futur et Kornet Chehwane, cheikh, sayyed et patriarche. Que faire pour ne pas retomber dans le piège de Rustom Ghazali, omniprésent sur la scène politique locale à travers ses disciples. Ne donnons pas à ceux-là le fruit des sacrifices des derniers mois sur un plateau d’argent.
Messieurs de l’opposition, sacrifiez vos divergences ! Unissez-vous afin de remporter l’ultime bataille ! Offrez aux générations futures le Liban uni, libre de toute ingérence, démocratique et surtout non confessionnel, ce Liban qui a culminé dans toute sa splendeur le 14 mars dernier. Ne détruisez pas notre rêve ni celui de Rafic Hariri, ce rêve pour lequel il a payé de sa vie. Ne crucifiez pas à nouveau son corps, tant et tant de fois meurtri, mais ressuscitez son esprit par votre solidarité.
Karim HAMADÉ
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats À contempler aujourd’hui le paysage politique libanais, nous citoyens qui avons pleuré Rafic Hariri le 14 février et qui avons crié notre colère dans les rues de Beyrouth, nous qui avons participé aux manifestations dont les leitmotivs étaient liberté, vérité, unité sommes en ce jour extrêmement perplexes.
Cette unité qui a prévalu après l’odieux assassinat de Rafic Hariri était-elle un mirage dans l’horizon politique libanais ?
Est-il vrai que nous n’avons pas encore atteint cette maturité politique, immaturité dont s’enorgueillissait si bien Bachar el-Assad il y a quelques mois encore ? Tout le comportement de l’opposition libanaise plurielle ne dément malheureusement pas ces dires.
Que sont devenus les slogans du 14 mars ? Où sont les listes électorales communes ? Qu’est-il advenu du discours...