Rechercher
Rechercher

Actualités - Opinion

Les lecteurs ont voix au chapitre

Vers une nouvelle indépendance Une date historique à retenir pour le Liban : le 26 avril 2005. Les forces armées syriennes et leurs services de renseignements ont évacué le pays après 29 ans d’occupation. Tout d’abord, il nous faut saluer la capacité de résistance pacifique du peuple libanais qui, malgré les guerres, les vexations, la peur, a continué à avoir confiance en l’indépendance du Liban et sa souveraineté. Ensuite, rendons hommage à tous les martyrs tombés en défendant l’identité libanaise. Sans oublier, bien entendu, les handicapés et les disparus dont la cause, purement humanitaire, doit être prise en charge, tant par les autorités libanaises que par l’Organisation des Nations unies. Mais aussi, il convient de tirer les leçons de cette époque agitée de l’histoire nationale, pour ne pas décevoir le million et demi de patriotes qui ont manifesté le 14 mars 2005 en faveur d’un Liban nouveau. Aux nouvelles générations, et notamment les chercheurs, les diplômés dans tous les domaines politique, économique, social, technique, de pousser à la création d’institutions modernes et intègres dans le cadre desquelles pourrait et devrait enfin s’ouvrir le dialogue interne visant à la reconstruction de l’État de droit. Personne ne demande aux générations nouvelles d’ignorer l’œuvre de leurs prédécesseurs. Mais ces générations ne peuvent pas ignorer que la vieille garde a les yeux constamment fixés sur elles pour s’assurer que le Liban est désormais sur la bonne voie de la reconstruction et du progrès. Un dernier message à l’opposition dans toutes ses tendances : qu’elle demeure unie et solidaire, surtout après les prochaines élections législatives, pour qu’elle contribue, elle aussi, à la renaissance du Liban nouveau. Gaby Jean CHAMI Beyrouth, cité périphérique de l’UE ou capitale régionale du Machreq ? D’aucuns prônent une association de plus en plus étroite avec l’Union européenne. Cela, pensent-ils, améliorera considérablement les perspectives d’avenir et placera notre pays sur la voie de l’intégration économique – faute d’intégration politique – dans cette nouvelle Europe si convoitée aujourd’hui. Du point de vue européen, le décompte est aisé. Il suffit pour cela de comptabiliser le produit net consolidé des échanges commerciaux pour se rendre compte de l’ampleur du déficit en faveur de l’UE. Une association plus étroite, en l’occurrence un libre-échange de biens, c’est-à-dire l’annulation pure et simple de toute entrave douanière, accentuera davantage encore ce déficit, même en y incorporant toute l’aide accumulée découlant de la convention de Barcelone. À plus long terme, cela représente un surcoût : plus question de libéralisme « sauvage » ni d’attraits d’ordre fiscal. D’ailleurs, l’UE compte bientôt aplanir en son sein tout avantage du type Jersey, Liechtenstein ou Luxembourg. Elle ne verra pas de bon œil fleurir à sa périphérie un nouveau paradis fiscal. Sa politique à peine voilée consiste à décourager, à terme, l’établissement à sa porte sud-est d’un éventuel eldorado. Or la vraie destinée de notre pays et la vraie ambition se trouvent ailleurs. En effet, le Liban, à notre humble avis, devra renoncer définitivement à toute ambition industrielle ou agricole même de modeste envergure, car il n’en a point la vocation. Ces secteurs, à la fois pollueurs et inadaptés, ne peuvent qu’oblitérer à terme le bilan déjà peu satisfaisant de notre territoire national. En revanche, nous devrions nous atteler à préserver au mieux notre environnement et nous investir entièrement et exclusivement dans le tourisme, les services et les loisirs. Le Beyrouth de demain devra récupérer progressivement son rôle d’avant-guerre et, mieux encore, celui d’une capitale régionale aux facettes multiples, cosmopolite, libérale et multiculturelle. Rabih MOUJAÈS L’archaïque carcan confessionnel Mgr Audi, dans son homélie du dimanche des Pâques greques-orthodoxes, a gagné le suffrage d’une majorité de Libanais en dénonçant la versatilité dans leurs allégeances des hommes politiques, le manque de programme des partisans de l’opposition et de l’immaturité de ceux qui brandissent les insignes de leur foi à des fins autres que celles du culte. Le patriarche Sfeir et sayyed Hassan Nasrallah continuent à recevoir de leur côté les candidats aux législatives, venus affermir leur crédibilité populaire, pendant que les citoyens sont priés de retirer au plus vite leurs cartes d’électeurs sur lesquelles sont clairement apposées leurs confession et rite. Il est naturel de se demander de quelle manière consolider l’amorce d’unité nationale née dans le sang versé le 14 février alors que tous nos recours, comme précédemment indiqué, restent uniquement de nature religieuse. Certes, les discussions stériles sur le découpage (caza, mohafazat) sont supposées nous faire espérer des réformes, mais ce n’est un secret pour personne qu’elles visent en fait à favoriser les intérêts des députés en place. Verrons-nous pointer un candidat qui nous proposerait d’œuvrer, une fois élu, pour de futures législatives basées sur un programme politique, social et économique nouveau en lieu et place de cet étouffant et archaïque carcan confessionnel ? Un Atatürk version libanaise serait le bienvenu, non pour établir une dictature, mais pour dépoussiérer nos moyenâgeuses appartenances. Dolly TALHAMÉ Notre Liban et pas celui des autres Assis en tailleur, ils célébraient la naissance du Liban, pays petit, certes, mais placé sous le signe de l’hospitalité et de l’amour du prochain. Hélas, ce Liban ne tarda pas à réveiller les jalousies de ses voisins. Aujourd’hui, bien des années après, j’égrène les vieux souvenirs : – Les cloches des églises annonçant un événement ou appelant les fidèles à la messe. – Les idylles naïves qui naissaient autour de la fontaine. – Les jeunes villageoises s’affairant autour de la nouvelle mariée pour lui appliquer la « henné ». – La « naoura » actionnée par un âne qui consentait à tourner, tourner encore, inconscient de sa contribution à l’agriculture. – Le « natour » (garde champêtre) fermant les yeux sur mon larcin, dans le verger voisin. – Le maître de l’unique école du village acceptant, en guise d’écolage, œufs, olives et lait. Je lui pardonne les coups de férule pour me punir… Mon Liban, c’est tout cela et bien d’autres choses encore. C’est ce vieillard chenu, immortalisé par Saïd Akl, Assaad Sebaaly, les Rahbani, Feyrouz. C’est Farès Zoghby, Raymond Gebara, Jeannot Serhal… Vive notre Liban et pas celui des autres ! Nadim TAKIEDDINE Espoir et bout du tunnel 26 avril 2005, date phare de l’histoire contemporaine de notre Liban, date charnière, date qui sera imprimée dans notre mémoire collective avec ce cri venant du fond de notre âme : plus jamais ça, plus jamais de guerres fratricides, plus jamais de protectorat de quelque nature soit-il. Le Libanais, de par sa nature, a soif de liberté, d’indépendance et de vie paisible. Voici venu pour lui l’aube d’un renouveau, d’une nouvelle république. Nous avons tous touché le fond de l’abîme et voilà que nous remontons tout doucement la pente qui, je l’espère, nous mènera au salut final. Mais attention, le chemin est semé d’embûches, les collabos sont toujours parmi nous, certains tentent de se faire oublier en renonçant à tout avenir politique, mais d’autres, par contre, élèvent encore la voix, manigancent et s’agitent dans tous les sens. La cause est trop noble pour laisser passer cette immense chance de changement, changement de mentalités, de personnages et de priorités. Les élections législatives doivent impérativement concrétiser ce changement et je m’adresse là, encore une fois, à mes concitoyens, les priant de ne plus refaire les erreurs du passé. Dr Riad EL-ALAILI Membre du conseil municipal de Beyrouth NDLR Dans le nombreux courrier que nous recevons quotidiennement, certaines lettres comportent des passages qui seraient difficilement publiables. Pour cette raison, et aussi afin de faire paraître le plus grand nombre possible de lettres, le journal se réserve le droit de n’en reproduire que les parties les plus significatives et d’en rectifier certains termes désobligeants. En outre, chaque missive doit comporter la signature (nom et prénom) de son auteur. Les lecteurs, nous en sommes certains, le comprendront, ce dont nous les remercions par avance.

Vers une nouvelle indépendance

Une date historique à retenir pour le Liban : le 26 avril 2005.
Les forces armées syriennes et leurs services de renseignements ont évacué le pays après 29 ans d’occupation. Tout d’abord, il nous faut saluer la capacité de résistance pacifique du peuple libanais qui, malgré les guerres, les vexations, la peur, a continué à avoir confiance en l’indépendance du Liban et sa souveraineté.
Ensuite, rendons hommage à tous les martyrs tombés en défendant l’identité libanaise. Sans oublier, bien entendu, les handicapés et les disparus dont la cause, purement humanitaire, doit être prise en charge, tant par les autorités libanaises que par l’Organisation des Nations unies.
Mais aussi, il convient de tirer les leçons de cette époque agitée de l’histoire nationale, pour ne...