«Liverpudlian » pur souche, l’admirable Jamie Carragher a incarné mieux que quiconque les valeurs de détermination, de courage et de travail qui ont permis à Liverpool de se qualifier pour la finale de la Ligue des champions de football, en écartant Chelsea (1-0) mardi.
Défenseur au sobre classicisme, Carragher a éclaboussé de sa carrure, de sa hargne, de son intelligence cette demi-finale. Sans jamais céder dans le combat à l’Ivoirien Didier Drogba, qui avait tant pesé sur les Allemands du Bayern Munich au tour précédent, l’international anglais (17 sélections) a mené avec fermeté sa ligne défensive.
Seul cette saison Manchester City, en deux matchs de championnat (1-0, 0-0) avait ainsi réussi à ne pas céder devant la puissance offensive de Chelsea. Seulement mardi, les Blues étaient amputés de leurs ailes, sans Damien Duff et Arjen Robben.
Ils ont ainsi concentré leurs charges dans l’axe défensif, butant sans cesse sur l’ardeur granitique de Carragher, aidé de son compagnon finlandais Sami Hypia. Jamais Liverpool ne parut véritablement mis en danger. Avec leur ange gardien, les Reds pouvaient s’envoler vers le paradis d’une nouvelle finale de C1, le 25 mai à Istanbul.
« Evertonian »
« Ce club a été bâti sur ce genre de nuits et nous étions désespérés de ne plus revivre ces instants. Il y avait des scènes fantastiques à la fin », se réjouissait le héros, accablé de louanges déjà pour son comportement en quarts de finale face à la Juventus Turin et pour l’ensemble de sa saison.
Jamie Carragher, 27 ans, n’est pourtant pas un vrai « Scouser » (habitant du centre de Liverpool), mais bien plutôt à l’origine un « Evertonian », un supporteur de l’autre club – honni – de la ville, Everton. Bien que parti jouer à Liverpool à l’âge de 9 ans, son cœur est resté bleu jusqu’à ses 16 ans.
Engagement
Avant de se mettre au rouge de Liverpool. Depuis le départ de Michael Owen, son meilleur ami, pour le Real Madrid à l’été 2004, il est le plus ancien joueur formé au club, avant même son capitaine Steven Gerrard. Ayant débuté à 18 ans, il lui aura cependant fallu neuf saisons pour être reconnu à sa juste valeur par le Kop d’Anfield.
Baladé à tous les postes défensifs sous le précédent manageur Gérard Houllier –ce qu’il considère avoir été un bienfait –, il a été replacé en défense centrale en début de saison par Rafael Benitez. « Il est le meilleur défenseur central en Angleterre en ce moment, il a la mentalité que tous les manageurs attendent d’un joueur », dit de lui l’Espagnol.
Une semaine à peine après son arrivée, Benitez donnait déjà du « Carra » – le surnom de Jamie Carragher –, un signe de confiance dans le professionnalisme du garçon, sage, exemplaire. Sous la menace d’un deuxième avertissement qui l’aurait privé de la finale, le vainqueur de la Coupe de l’UEFA en 2001 ne s’est pas épargné face à Chelsea.
La fermeté de son engagement avec les Reds est indéniable. « Je ne ferai jamais ça (quitter le club) », disait-il au quotidien britannique The Times après la qualification pour les demi-finales. « Je pense que c’est très important de rester ici. Nous construisons pour remporter le championnat. C’est l’objectif de notre manageur. »
« Si vous m’offrez maintenant la possibilité, juste une fois, de gagner le championnat avec Liverpool, avant la fin de ma carrière, je vous serre la main, ajoutait-il. Être champion ici une fois, ça a probablement autant de valeur que l’être trois ou quatre fois ailleurs ». Une vraie foi de « Scouser ».
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Défenseur au sobre classicisme, Carragher a éclaboussé de sa carrure, de sa hargne, de son intelligence cette demi-finale. Sans jamais céder dans le combat à l’Ivoirien Didier Drogba, qui avait tant pesé sur les Allemands du Bayern Munich au tour précédent, l’international anglais (17 sélections) a mené avec fermeté sa ligne défensive.
Seul cette saison Manchester City, en deux matchs de championnat (1-0, 0-0) avait ainsi réussi à ne pas céder devant la puissance offensive de Chelsea. Seulement mardi, les Blues étaient amputés de leurs...