L’euro s’est renforcé face au dollar hier, alors que le billet vert s’essoufflait au lendemain de la décision largement anticipée de la Fed de relever son principal taux directeur de 2,75 % à 3 %. Bien que la banque centrale US ait jugé qu’elle pouvait remonter le loyer de l’argent aux États-Unis « à un rythme mesuré », les analystes n’ont pas vu cette fois dans cette formule la promesse que les hausses des taux se poursuivront dans les prochains jours sauf si les conditions conjoncturelles le permettaient. À cet égard, ils ont fait état que la Fed a pris acte dans son communiqué des signes d’essoufflement de l’économie US notés depuis quelques semaines. Et d’ajouter que dans le contexte des déficits structurels actuels, une croissance ralentie n’est pas un ingrédient pour un dollar fort. Cela étant, les opérateurs ont été très sensibilisés hier par l’annonce que l’activité dans les services aux États-Unis s’est ralentie en avril selon les directeurs d’achat du secteur (ISM) pour retomber à 61,7 points contre 63,1 points en mars. Cela d’autant qu’ils venaient d’apprendre aussi que les sociétés du secteur ont été plus réticentes à embaucher, comme en témoigne le recul de l’indice mesurant l’emploi à 53,3 points contre 57,1 points pendant la même période. Cela étant, et compte tenu aussi que les services aux États-Unis représentent 80 % de l’économie US, il n’est guère surprenant que les investisseurs procèdent à des ventes bénéficiaires sur le dollar. Ce phénomène n’a pas tardé à profiter à l’euro, surtout après le maintien par la BCE de son principal taux directeur à 2 % à l’issue de la réunion de son conseil de gouverneurs, malgré les appels incessants de plusieurs responsables politiques européens à une baisse des taux. La conférence de presse de Jean-Claude Trichet, le président de la BCE, a eu plus d’effet sur les opérateurs que la décision de l’institution d’observer un statu quo, surtout qu’il a affirmé qu’une baisse des taux n’est pas une option malgré le ralentissement de la croissance dans la zone euro. Eu égard à toutes ces considérations, la monnaie unique s’est retrouvée hier dans une situation privilégiée face au billet vert, se négociant finalement à New York à 1,2945 $ contre 1,2875 $ la veille, en hausse de 0,54 %.
Les Bourses en hausse grâce à General Motors
La Bourse US était bien en hausse hier, stimulée par l’annonce de l’augmentation de la participation du milliardaire Kirk Kerkorian dans le constructeur automobile General Motors. Le titre de cette société s’est envolé, entraînant dans son sillage le restant de la cote dans la mesure où cette nouvelle rassurait les gens sur le fait qu’un investisseur important pense qu’il y a de la valeur dans les entreprises US. De plus, les performances des autres sociétés pour le 1er trimestre ont également apporté un grand soutien à la tendance.
Il en est de même des Bourses européennes qui ont fini dans l’ensemble au plus haut du jour, soutenues par le retournement de tendance favorable du secteur automobile US. En outre, l’annonce de bons résultats trimestriels par Capgemini, Bouygues, Publicis, Lafarge, Total, Suez, Linde, BAT... a également agi dans le sens de la hausse généralisée de la cote européenne.
À la Bourse de Beyrouth, Solidere a étroitement fluctué dans les deux sens au lendemain d’un long week-end chômé. Les actions de la catégorie A ont légèrement reculé de 9,92 $ à 9,90 $, alors que celles de la catégorie B ont progressé de 9,92 $ à 9,94 $.
Élie KAHWAGI
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