L’actrice autrichienne-suisse Maria Schell, grande vedette du cinéma allemand, est morte mardi soir à l’âge de 79 ans, dans le sud de l’Autriche, a rapporté hier la radio publique ORF. L’actrice fut aussi une des quelques grandes vedettes internationales du cinéma et du théâtre de langue allemande. Surnommée «l’ange blond», elle acquit la célébrité notamment en France et à Hollywood dans les années cinquante, avant donc sa compatriote Romy Schneider.
Maria Schell est née en 1926 à Vienne d’un père écrivain suisse et d’une mère actrice autrichienne. En 1938, après l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne nazie en 1938, sa famille s’enfuit vers la Suisse. Ses trois frères, Maximilian – de quatre ans son cadet et qui a aussi obtenu la notoriété internationale –, Immy et Carl sont aussi devenus acteurs. Maria Schell va ensuite à l’école en France et commence des études de commerce. Sa carrière commence à seize ans lorsque le metteur en scène Sigfrit Steiner engage la jeune fille pour son film Der Steinbruch (1942). Après des études d’art dramatique à Zurich, elle monte sur les planches à Berlin puis Vienne. Viendra ensuite un second rôle en 1948 dans Der Engel mit der Posaune (L’ange à la trompette).
En 1954, c’est la percée internationale avec le prix de la meilleure interprétation féminine à Cannes, pour son rôle dans Le dernier pont, un film contre la guerre.
Maria Schell, qui incarna le modèle de la jolie fille fraîche et charmante des Alpes autrichiennes, vécut aussi à Hollywood, où elle tourna notamment Les frères Karamazov avec Yul Brynner. Elle a joué aux côtés de partenaires célèbres comme Gary Cooper, Marcello Mastroianni, Glenn Ford, Orson Welles, Yves Montand ou Marlon Brando (dans Superman en 1978).
Cette actrice polyglotte (allemand, français, anglais, italien) aura tourné, sans doublages, dans plus de 200 productions pour le cinéma et la télévision. Ernest Hemingway la félicitera personnellement pour le rôle de Maria dans une adaptation télévisée américaine du roman For Whom The Bell Tolls (Pour qui sonne le glas).
Elle tournera ainsi pour Luchino Visconti comme pour Claude Chabrol. Elle s’est aussi produite au théâtre dans le monde germanique, par exemple dans Le retour de la vieille dame.
Maria Schell, qui s’est éteinte dans sa ferme de Carinthie (sud de l’Autriche) avait été récemment hospitalisée pour une pneumonie. Elle avait subi plusieurs attaques cérébrales ces dernières années et, dépressive, avait tenté de se suicider en 1991. Son frère Maximilian avait consacré en 2002 une biographie télévisée (Meine Schwester Maria) à sa sœur malade. Trois fois mariée, Maria Schell laisse deux enfants.
Elle était pleurée hier en Autriche. «Avec Maria Schell, nous perdons une icône du théâtre et du cinéma de langue allemande, il était impossible de la voir sans être touché », a souligné le secrétaire d’État autrichien à la Culture, Franz Morak, lui-même acteur connu. C’était une star qui ne se comportait pas comme telle : « Elle avait les pieds sur terre et elle était très drôle », a déclaré pour sa part son collègue Siegried Rausch.
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