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Analyse - Benoît XVI moins mystique et plus rationnel que Jean-Paul II

Le cardinal et théologien Josef Ratzinger, devenu pape sous le nom de Benoît XVI, a une foi moins mystique et plus rationnelle que son prédécesseur Jean-Paul II, dont le pontificat a été marqué par un culte fervent à la Vierge Marie, soulignent des théologiens catholiques. Benoît XVI « est vraiment un professeur dans l’âme », mais « il n’a jamais eu beaucoup de contacts avec le peuple », souligne Christian Weisner, président de « Nous sommes l’Église », un mouvement international engagé dans le renouveau de l’Église sur la base du concile Vatican II. Il relève que dans sa Bavière natale, la religion était plus terre à terre que dans la Pologne nationaliste et mystique de Karol Wojtyla. Le passé comme le caractère du nouveau pape laissent penser que l’expression de sa foi sera plus réservée que celle de Jean-Paul II, estiment des théologiens de l’Université grégorienne de Rome, un prestigieux institut jésuite. Dès le premier jour, Benoît XVI a marqué sa différence par rapport à son prédécesseur, avec lequel il travaillait depuis 1981 comme préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi. Le discours très construit qu’il a prononcé mercredi, à la fin de sa première messe avec les cardinaux qui l’avaient élu la veille, était théologiquement solide, fondé sur l’enseignement du Christ. Alors que Jean-Paul II se référait constamment à la Vierge Marie, au point d’irriter les protestants et les anglicans qui ne vouent pas un culte particulier à la mère du Christ, Benoît XVI a fait une seule référence à la fin de son discours à « la maternelle intercession de la très sainte Marie ». Le précédent pape était également très attaché au culte des reliques et a créé plus de saints que tous ses prédécesseurs réunis. Nul ne sait encore si Benoît XVI poursuivra sur la lancée de son prédécesseur, mais il sera intéressant de voir comment il répondra à la pression populaire en faveur d’une canonisation rapide de Jean-Paul II. Lors des obsèques de Jean-Paul II, alors que de la foule massée place Saint-Pierre montait le cri « Santo subito » (saint tout de suite), le cardinal Ratzinger avait terminé son homélie par une concession à la religiosité populaire. « Nous pouvons être sûrs que notre pape bien-aimé est maintenant à la fenêtre de la maison du Père, qu’il nous voit et qu’il nous bénit », avait-il dit. Un prêtre qui le connaît bien souligne qu’après avoir passé plus de vingt ans à Rome, l’ancien préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi a appris à faire comme les Romains, c’est-à-dire « ne jamais dire non, mais en faire à sa tête ». Mais lors d’une récente visite à l’institut biblique pontifical de Rome, Josef Ratzinger avait été très critique envers le culte, soutenu par certains courants de l’Église, autour des « apparitions » de la Vierge à Medjugorje, en Bosnie Herzégovine, n’hésitant pas à qualifier ces apparitions de canular. En 1996, le cardinal Ratzinger s’était également employé à démentir l’existence de toute prophétie apocalyptique dans le « troisième secret de Fatima », le texte de prédiction des enfants bergers portugais qui, le 13 mai 1917, virent l’apparition de la Sainte Vierge. Selon Christian Weisner, le nouveau pape « est dominé par la théologie de saint Augustin et de saint Thomas d’Aquin, et par la philosophie grecque concernant les rapports du corps et de l’âme ». Barry JAMES (AFP)
Le cardinal et théologien Josef Ratzinger, devenu pape sous le nom de Benoît XVI, a une foi moins mystique et plus rationnelle que son prédécesseur Jean-Paul II, dont le pontificat a été marqué par un culte fervent à la Vierge Marie, soulignent des théologiens catholiques.
Benoît XVI « est vraiment un professeur dans l’âme », mais « il n’a jamais eu beaucoup de contacts avec le peuple », souligne Christian Weisner, président de « Nous sommes l’Église », un mouvement international engagé dans le renouveau de l’Église sur la base du concile Vatican II. Il relève que dans sa Bavière natale, la religion était plus terre à terre que dans la Pologne nationaliste et mystique de Karol Wojtyla. Le passé comme le caractère du nouveau pape laissent penser que l’expression de sa foi sera plus réservée que...