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Actualités - Chronologie

Les étudiants et le devoir de mémoire

Le 13 avril est une date importante pour la société civile, pour la symbolique importante qu’elle véhicule, pour l’image qu’elle laisse dans l’inconscient collectif des Libanais. Une image de désordre national, de discorde politique, de déstructuration sociétale, de défragmentation sur le plan de la mémoire, de disparition humaine, de destruction de toutes les structures établies. Une image de désintégration pure et simple d’un pays, impuissant, et livré à tous ses démons, à des tumeurs fatales. Pour les étudiants, le 13 avril est surtout l’occasion de se souvenir de ce qui a été et de ce qui n’est plus à refaire. Un premier rejet des valeurs de la guerre a été fait par les jeunes immédiatement après l’assassinat de Rafic Hariri. C’est toute une violence qui a été instantanément mise au ban, unanimement rejetée par la déferlante populaire de la place des Martyrs. Mais sur les campus également, les étudiants ont organisé une série d’activités, notamment différentes conférences à plusieurs voix pour analyser la guerre à différents niveaux, et chercher à redécouvrir et à se réapproprier une mémoire de la guerre que toute une situation politique les a empêché de purifier. Pour « ne pas qu’elle se répète ». La guerre, c’est d’ailleurs le slogan que les étudiants de l’USJ ont choisi pour l’intifada de l’indépendance. Ainsi, les étudiants de la faculté de sciences politiques de l’Université Saint-Joseph ont eu l’idée de donner la parole à ceux qui ont été les instruments des différentes causes, mais qui n’ont pas eu souvent la possibilité de défendre leurs idéaux sur la scène politique. Une conférence-débat avec trois vétérans de la guerre, des « combattants de la première heure », Massoud Achkar (FL), Bob Azzam (PNL) et Georges Aaraj (PNL) a été organisée sur le campus des sciences sociales. L’exigence de parler de la guerre a été au cœur de l’événement, que ce soit pour les étudiants ou les anciens combattants. Dans ce cadre, Massoud Achkar a indiqué que « nul ne connaît la vraie valeur de la paix mieux que ceux qui ont connu la guerre », estimant qu’il fallait mettre en œuvre tous les moyens pour éviter une reproduction de ces événements. M. Achkar a également indiqué que la guerre du Liban n’aurait pas eu lieu si les institutions étatiques n’avaient pas été sapées. Il s’est prononcé dans ce cadre pour les institutions et l’édification de l’État de droit comme projet d’avenir, estimant que le changement doit être le mot-clé de la nouvelle étape qui se profile à l’horizon au Liban. Les trois anciens combattants ont ensuite évoqué les différentes phases de cette guerre, évoquant les batailles contre les Palestiniens, mais aussi contre les Syriens, la guerre des cent jours, la bataille d’Achrafieh, celle de Tall el-Zaatar et de Zahlé. Ils ont précisé qu’ils ne faisaient certainement pas ces récits par « nostalgie », mettant l’accent sur la « nécessité de rechercher toujours la vérité, même si elle n’est pas toujours en notre faveur ». D’autres conférences ont également été organisées sur le même sujet, notamment l’une, à La Sagesse, plus orientée sur les aspects politiques de la guerre, avec toujours M. Achkar, mais aussi MM. Toufic Hindi et Simon Karam. Dans une initiative remarquée, le courant aouniste de l’USJ a organisé une conférence sur « les risques potentiels d’une nouvelle guerre au Liban », en donnant la parole à différents courants politiques. Le débat a rassemblé MM. Nawaf Moussawi (Hezbollah), Ali Hassan Khalil (Amal), Alain Aoun (CPL), Ahmed Fatfat (Courant du futur) et Simon Karam (Kornet Chehwane). La conférence a été animée par le journaliste Okab Sakr.
Le 13 avril est une date importante pour la société civile, pour la symbolique importante qu’elle véhicule, pour l’image qu’elle laisse dans l’inconscient collectif des Libanais. Une image de désordre national, de discorde politique, de déstructuration sociétale, de défragmentation sur le plan de la mémoire, de disparition humaine, de destruction de toutes les structures établies. Une image de désintégration pure et simple d’un pays, impuissant, et livré à tous ses démons, à des tumeurs fatales.
Pour les étudiants, le 13 avril est surtout l’occasion de se souvenir de ce qui a été et de ce qui n’est plus à refaire. Un premier rejet des valeurs de la guerre a été fait par les jeunes immédiatement après l’assassinat de Rafic Hariri. C’est toute une violence qui a été instantanément mise au ban,...