Point culminant de l’art du portrait à la Renaissance, la Joconde de Léonard de Vinci nous apparaît tout à la fois très proche et en même temps d’une portée spirituelle idéale, presque inaccessible.
« Proche, car le peintre a aboli la distance entre le modèle et le spectateur par la suppression du premier plan continu qui créait une barrière dans bien des tableaux de cette époque », explique Cécile Scaillerez, conservateur en chef, chargée de la peinture italienne du XVIe siècle, au musée du Louvre.
« D’autre part, Lisa Gherardini non seulement nous regarde, ce qui n’était pas fréquent dans les portraits du XVe – début du XVIe siècle, dans lesquels les regards sont souvent détournés, lointains, distants, mais en outre, elle sourit ».
La Joconde témoigne aussi d’une prouesse technique. « Une telle aisance dans la représentation du corps dans l’espace n’avait jamais été atteinte, note Cécile Scaillerez. L’illusionnisme du tableau est exceptionnel ».
« Le trait est presque totalement évacué et c’est par la lumière que le peintre résout les problèmes de perspective et de dessin. Le Sfumato – embrumé, en italien –, inventé par de Vinci vise à rendre les reliefs, à faire saillir les formes en atténuant les contrastes et les contours ».
L’inaccessibilité du modèle de Vinci vient de ce qu’il cherche à peindre, non seulement ses traits, mais son âme, atteignant là à une autre dimension qu’il matérialise par un attribut impalpable : l’expression du sourire.
Sérénité et bonheur se dégagent de ce subtil sourire, où existe aussi « une nuance indéfinissable, selon Cécile Scaillerez. Quelque chose comme une pointe d’ironie qui vient d’ailleurs plus du regard que de la bouche ».
Point culminant de l’art du portrait à la Renaissance, la Joconde de Léonard de Vinci nous apparaît tout à la fois très proche et en même temps d’une portée spirituelle idéale, presque inaccessible.
« Proche, car le peintre a aboli la distance entre le modèle et le spectateur par la suppression du premier plan continu qui créait une barrière dans bien des tableaux de cette époque », explique Cécile Scaillerez, conservateur en chef, chargée de la peinture italienne du XVIe siècle, au musée du Louvre.
« D’autre part, Lisa Gherardini non seulement nous regarde, ce qui n’était pas fréquent dans les portraits du XVe – début du XVIe siècle, dans lesquels les regards sont souvent détournés, lointains, distants, mais en outre, elle sourit ».
La Joconde témoigne aussi d’une prouesse technique. « Une...
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