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Jean-Paul II et la Chine : une lutte pour le contrôle de l’Église

Les relations entre le Vatican et la Chine sont restées tendues sous le pontificat de Jean-Paul II, mais sa demande de pardon en 2001 pour les erreurs passées des missionnaires en Chine pourrait servir de base à une relance du dialogue, selon les experts. La question de la nomination des évêques par une association patriotique contrôlée par le gouvernement reste, à côté de la reconnaissance diplomatique que le Saint-Siège confère à Taïwan, le principal obstacle sur lequel butte une normalisation. En 1999, « il y avait eu des rumeurs persistantes selon lesquelles un accord allait être conclu pour le début du nouveau millénaire », se souvient Richard Madsen, un spécialiste américain du catholicisme en Chine à l’Université de Californie à San Diego (UCSD), qui qualifie la relation entre Pékin et le Vatican de « tumultueuse ». Un voyage en Chine du souverain pontife avait alors été envisagé. Mais dès le début de l’année 2000, les relations s’étaient brusquement dégradées avec la nomination par Pékin de six évêques sans consultation avec le Vatican. Plus tard dans la même année, le pape canonisait 120 martyrs chinois, provoquant la colère de Pékin. Mais Jean-Paul II n’avait pas abandonné l’idée de se rendre dans le pays le plus peuplé du monde et présenta en 2001 des excuses pour les erreurs et les fautes commises dans le passé par des missionnaires dont les activités étaient étroitement liées aux intérêts des puissances impérialistes. « Dans la seconde partie de son pontificat, Jean-Paul II a eu une conscience beaucoup plus nette que le cas chinois était différent » de celui des pays d’Europe de l’Est, relève le père jésuite Benoît Vermander, directeur de l’institut Ricci de Taipei. Au début de son règne, qui coïncide avec la politique d’ouverture et de réforme mise en œuvre en Chine à partir de la fin des années 70, le pape polonais avait autorisé, dans un train de mesures destinées aux catholiques des pays communistes, les évêques de l’Église clandestine à choisir eux-mêmes leurs successeurs sans en référer au Vatican, et ce pour se protéger des autorités chinoises. Ainsi, aujourd’hui, seuls environ un tiers des catholiques de Chine, qui sont entre 10 et 15 millions, sont encadrés par l’association patriotique officielle. Mais tandis que des catholiques chinois se plaisaient à rêver d’un effondrement du communisme dans leur pays après la chute du rideau de fer, le contrôle sur les activités religieuses avait été renforcé suite à la répression du mouvement de la place Tiananmen en 1989, puis encore davantage après l’interdiction de la secte d’inspiration bouddhiste Falungong en 1999. Si la méfiance de Pékin à l’égard du Vatican demeure, une évolution semble possible. Dimanche, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Liu Jianchao, jugeait ainsi que la demande de pardon du pape était « favorable à une amélioration des relations entre le Vatican et la Chine ». La route est toutefois encore semée d’embûches. On apprenait ainsi hier l’arrestation, par les autorités chinoises, de deux ecclésiastes quelques jours avant la mort du pape.
Les relations entre le Vatican et la Chine sont restées tendues sous le pontificat de Jean-Paul II, mais sa demande de pardon en 2001 pour les erreurs passées des missionnaires en Chine pourrait servir de base à une relance du dialogue, selon les experts.
La question de la nomination des évêques par une association patriotique contrôlée par le gouvernement reste, à côté de la reconnaissance diplomatique que le Saint-Siège confère à Taïwan, le principal obstacle sur lequel butte une normalisation.
En 1999, « il y avait eu des rumeurs persistantes selon lesquelles un accord allait être conclu pour le début du nouveau millénaire », se souvient Richard Madsen, un spécialiste américain du catholicisme en Chine à l’Université de Californie à San Diego (UCSD), qui qualifie la relation entre Pékin et le Vatican de «...