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Actualités - Opinion

Pronostics réservés quant à une rencontre Sfeir-Nasrallah

Des amis communs déploient des efforts pour une rencontre entre le patriarche Sfeir et le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah. Le site envisagé serait l’évêché maronite de Beyrouth. Au cas où le rendez-vous ne serait pas possible, on se rabattrait sur le substitut consistant à dépêcher à Bkerké une délégation de cadres du parti. Pressé régulièrement de questions sur un éventuel dialogue avec le sayyed, le patriarche répond toujours qu’évidemment il ne s’y refuse pas, mais que cela dépend des circonstances ainsi que de l’utilité effective de tels échanges. Cependant des sources politiques et ecclésiastiques pensent que pour le moment une entrevue entre les deux pôles reste hautement improbable. Et cela, à cause des éléments suivants : – Durant sa visite aux États-Unis, le cardinal a clairement explicité, à plusieurs reprises, que la Résistance, après avoir réussi à déloger l’occupant israélien du Sud, n’a plus de raison de rester armée. Et Chebaa, alors ? Pour Mgr Sfeir, la juridiction de cette enclave fait l’objet d’un différend entre trois États, le Liban, la Syrie et Israël. Le dossier peut être traité, pour la gouverne des Nations unies. Auquel cas, le Hezbollah devrait s’intégrer, entendre uniquement, à la vie publique libanaise. Comme il le fait déjà par le truchement de ses députés et de ses activités humanitaires ou sociales. Le prélat a défendu, défend toujours, la logique qui veut que dans un pays normalement constitué, seul l’État, étant en charge de l’ordre et de la sécurité des citoyens, peut être armé. Ajoutant que si une partie de la population est armée, l’autre doit l’être aussi. Ou plutôt, inversement, que si une partie de la population est sans armes, l’autre doit l’être également. Au nom de l’égalité de tous devant la loi. Cependant, Mgr Sfeir souligne constamment qu’il n’est pas question de désarmer le Hezbollah par la force, mais par libre consentement, après dialogue. Donc, si le sayyed devait voir le patriarche, ce serait pour lui répéter, à son tour, ses arguments connus sur la nécessité de garder les armes du Hezb, pour faire face à Israël. En pratique, il n’en sortirait rien d’autre qu’un constat de positions inconciliables. – La clause de la 1559 ordonnant le désarmement de toutes les milices, libanaises ou non libanaises, est appelée à être effectivement mise sur le tapis une fois le retrait syrien parachevé. Afin que le Liban recouvre sa souveraineté, son unité, son indépendance et rétablisse l’autorité exclusive sur l’ensemble du territoire national par le biais de ses forces régulières. – De toute façon, il appartiendra au gouvernement issu des prochaines élections législatives de se prononcer sur le rôle du Hezbollah et sur le timing approprié pour son désarmement. Des concertations élargies seront sans doute développées à ce sujet en vue d’un consensus général. Qui porterait également sur le statut des camps palestiniens et sur leur arsenal. D’une manière globale, il faudra coopérer avec le Conseil de sécurité de l’Onu en vue de l’application complète de la 1559 et de toutes les résolutions consacrant les droits du Liban, sa sécurité régionale, sa souveraineté et son indépendance politique. Cela à la lumière du rapport que Kofi Annan doit remettre au Conseil le mois prochain. Le problème, c’est que sayyed Hassan Nasrallah soutient que l’armement du Hezb est une question purement libanaise, qui doit être discutée uniquement à l’intérieur, sans aucun recours à l’extérieur. Une façon de confirmer son rejet de la 1559. Mais en précisant que cet armement peut se discuter, si on propose une formule défendant le Liban différente et aussi valable de l’équation en place alliant la Résistance et l’armée. Émile KHOURY
Des amis communs déploient des efforts pour une rencontre entre le patriarche Sfeir et le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah. Le site envisagé serait l’évêché maronite de Beyrouth. Au cas où le rendez-vous ne serait pas possible, on se rabattrait sur le substitut consistant à dépêcher à Bkerké une délégation de cadres du parti. Pressé régulièrement de questions sur un éventuel dialogue avec le sayyed, le patriarche répond toujours qu’évidemment il ne s’y refuse pas, mais que cela dépend des circonstances ainsi que de l’utilité effective de tels échanges.
Cependant des sources politiques et ecclésiastiques pensent que pour le moment une entrevue entre les deux pôles reste hautement improbable. Et cela, à cause des éléments suivants :
– Durant sa visite aux États-Unis, le cardinal a...