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Ce que le peuple attend de l’opposition

Le 14 mars 2005, le peuple libanais, toutes confessions confondues, est accouru à Beyrouth, venant des villages les plus reculés, en dépit des aléas et des dangers de la route, pour être le protagoniste de la plus importante manifestation de l’histoire du Liban depuis 1943. Nos compatriotes entendaient ainsi exprimer leur attachement à la souveraineté nationale et leur condamnation des erreurs et des abus du pouvoir. Les manifestants le savent pour l’avoir expérimenté tous les jours : ce pouvoir est incapable de pourvoir à leur besoins essentiels (sécurité sociale, scolarisation, retraite, contrôle du territoire, services de police, fourniture d’eau et du courant électrique, urbanisme, lutte contre le dumping commercial syrien, etc.). L’inertie et l’incurie de l’État sont un obstacle rédhibitoire à tout projet d’investissement ou de développement. Place des Martyrs, les Libanais, menacés par le sous-développement et la paupérisation, ont voulu protester contre la corruption. Ils dénoncent le clientélisme confessionnel qui gangrène l’État, les fortunes spectaculaires et rapides édifiées dans les cercles restreints du pouvoir, en collusion avec l’occupant, la gestion opaque des crédits ministériels et le népotisme qui préside au partage des charges et dépouilles de l’État. Les effets délétères de la gabegie érigée en méthode de gouvernement se font sentir dans leurs foyers par la malnutrition des enfants, l’abandon scolaire précoce, la santé publique à vau-l’eau, la précarité comme norme de vie, le chômage de longue durée, l’émigration et le désespoir... Les manifestants protestaient enfin contre la dérive délictueuse de l’État. La fraude électorale est devenue endémique au Liban. Les lois votées au profit de quelques-uns au détriment de l’intérêt général sont évidentes aux yeux de tous, de même que les violations répétées de la Constitution entérinées par un Parlement complaisant pour permettre l’accès et le maintien au pouvoir de l’actuel président. C’est dans la mesure où l’opposition se fera le porte-parole des aspirations des Libanais à la souveraineté, à la dignité et à la justice qu’elle sera enracinée dans la volonté populaire, c’est-à-dire légitime, et que le peuple, galvanisé par l’espoir de voir enfin les choses changer, continuera à la soutenir. Le peuple libanais a joué son rôle, il attend maintenant de l’élite qu’il a plébiscitée qu’elle remplisse le sien ; que l’opposition d’aujourd’hui, appelée à devenir le gouvernement de demain, reste soudée et, le retrait syrien accompli, s’attelle sans délai à tous les chantiers de développement. Mounir BEJJANI Général à la retraite
Le 14 mars 2005, le peuple libanais, toutes confessions confondues, est accouru à Beyrouth, venant des villages les plus reculés, en dépit des aléas et des dangers de la route, pour être le protagoniste de la plus importante manifestation de l’histoire du Liban depuis 1943.
Nos compatriotes entendaient ainsi exprimer leur attachement à la souveraineté nationale et leur condamnation des erreurs et des abus du pouvoir.
Les manifestants le savent pour l’avoir expérimenté tous les jours : ce pouvoir est incapable de pourvoir à leur besoins essentiels (sécurité sociale, scolarisation, retraite, contrôle du territoire, services de police, fourniture d’eau et du courant électrique, urbanisme, lutte contre le dumping commercial syrien, etc.). L’inertie et l’incurie de l’État sont un obstacle rédhibitoire à tout...