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Actualités - Opinions

Les lecteurs ont voix au chapitre

À toi ce Liban libre Toi qui a tant souffert en silence de la guerre et de l’exode. Toi qui a eu tellement peur pour nous chaque fois que nous sortions de la maison. Toi qui, avec beaucoup d’amour, a su mettre du baume sur nos cœurs d’enfants terrorisés alors que tu étais toi-même terrorisée. Toi qui, par ta douceur, savais muer nos malheurs en espoir alors que la folie gagnait les rues de Beyrouth. Toi qui a nous a appris à pardonner alors que la haine et la destruction étaient les maîtres mots. Toi qui, dans les pires moments, était un ancrage pour nos bateaux en dérive, alors que tu avais envie qu’on te soutienne. Toi qui nous a inculqué le respect d’autrui et la tolérance alors que nous vivions dans une ville où l’on s’entre-tuait à cause des différences. Toi qui vivait ta vie comme une prière, tu nous a insufflé l’amour de Dieu avant toute chose. Pour toi, à l’occasion de ta fête qui sent bon le printemps, je t’offre un cadeau plein de lumière : celui du Liban libre... Carole MOUZANNAR À toutes les mères de jeunes prisonniers Je m’adresse aujourd’hui à toutes les mères des jeunes prisonniers libanais, pour leur demander pardon. Pardon d’avoir, moi, maman libanaise comme elles, ignoré pendant quinze ans leur immense douleur. Pardon de les avoir laissées se débattre seules, face à leur calvaire. Pardon de ne pas les avoir soutenues dans leur chemin de croix. Quinze ans durant, elles ont espéré, jour après jour, un signe, un espoir de revoir leur enfant vivant, quinze ans durant pas une main ne s’est tendue vers elles. Comment avons-nous pu ignorer, nous, mamans libanaises comme elles, leur regard baigné de tristesse ? Comment avons-nous pu nous détourner de leur malheur ? Mais aujourd’hui, nos jeunes, en descendant dans la rue, ont prouvé qu’en unissant leurs voix ils pouvaient abattre des murs de pierre. Bientôt, votre tour viendra, quand toutes les mères libanaises descendront dans les rues à vos côtés, crier votre rage et votre désespoir. Toutes à vos côtés vous donneront le souffle et le courage de poursuivre votre combat. Et ce jour-là, face à tant de douleurs, plus rien ne résistera, ni leur cœur de pierre ni leur mur d’indifférence. L’heure est à l’espoir. Courage, votre combat est le nôtre. Lamia DAROUNI Maman Si je dois te dessiner Je te dessinerai : Avec des yeux doux et paisibles Qui pardonnent Avec un sourire serein Qui relaxe et soutient ! Avec des oreilles qui écoutent Mais ne jugent point Avec des épaules fortes sur lesquelles je peux reposer ma tête Quand les problèmes me dépassent Avec des bras solides Qui me relèvent quand je flanche Avec des mains chaudes Qui caressent et me calment Avec un cœur large et aimant Qui puisse contenir tous les problèmes de la terre Si je peux te dessiner Je te dessinerai au balcon de notre maison, Arrosant la grande plante de gardénia. Je te dessinerai dans mon pays le Liban Auquel je t’associe inévitablement. Bonne fête des mères, maman ! Nicole ABDUL-MASSIH Montréal Bonne fête aux mères libanaises Je suis un enfant adopté libanais. Je vous adresse ce courrier afin de souhaiter une bonne fête à toutes les mamans libanaises et en l’honneur de mon pays. Francis LE BOUCHER Chartres – France *** Nous sommes environ quatre-vingts enfants libanais recueillis par les crèches Saint-Vincent-de-Paul, Bon Pasteur à Beyrouth et adoptés en France, Canada, États-Unis, Belgique, Suisse, Hollande, Angleterre. En ce jour de la fête des mères au Liban, et vu les événements qui secouent notre pays d’origine et de cœur, nous voulons tout particulièrement nous unir avec tous les Libanais pour souhaiter à toutes les mamans libanaises une joyeuse fête. Que ce jour nous accorde la joie de retrouvailles. Qu’il soit le fondement d’un Liban fortifié et uni. Qu’il égrène la paix, le bonheur et la liberté. Pour l’Association des enfants adoptés du Liban (ADEAL). Laurencia GOASDOUÉ Présidente de l’ADEAL Pourquoi pas un référendum? Dans le discours du président syrien Bachar el-Assad, trois points sont mis en avant, qui seraient, d’après lui, le pendant caché à la résolution 1559. 1- Le « refroidissement » du front sud. 2- L’implantation au Liban des réfugiés palestiniens. 3- Une paix séparée entre le Liban et Israël. Pourquoi laisserait-on l’étranger proche, celui plus lointain, ou même encore les dirigeants de notre pays décider pour nous de questions fondamentales relatives à notre devenir? Il revient au peuple, loin des surenchères partisanes ou étrangères et des desseins obscurs, de prendre position sur ces sujets par la voie du référendum. – Êtes-vous pour ou contre un armistice total, compte tenu du fait qu’un calme plat règne sur tous les autres fronts arabes et sachant qu’en cas de réponse affirmative, c’est notre seul peuple qui en subira les conséquences économiques et sécuritaires au nom et pour le compte de tous les peuples arabes vivant, eux, en paix? – Êtes-vous pour que le Liban s’engage à ne signer de traité de paix avec Israël que concomitamment avec la Syrie ? – Êtes-vous pour l’implantation des réfugiés palestiniens au Liban avec l’octroi de la nationalité libanaise ? Pierre NAAYEM L’heure de gloire En voyant les photos de la manifestation du 14 mars 2005 et en regardant la télévision, je n’ai pu m’empêcher de pleurer de joie. Oui, c’était l’heure de gloire. Oui, le Liban a gagné. Mes larmes étaient aussi des larmes de tristesse, car je n’ai pas pu me joindre à vous dans ces instants historiques, étant hors du pays. J’ai rêvé toute ma vie de cet instant et le voilà qui se réalise. Je fais partie de la génération de la guerre et je fais partie des personnes qui ont perdu un être cher dans ce conflit. Ma mère est morte à côté du président martyr Béchir Gemayel et j’ai, à un moment, perdu l’espoir de voir la cause pour laquelle ils sont morts se réaliser. Mais le 14 mars 2005 est le jour où tous les tabous sont tombés et toutes les peurs aussi. Tout le monde a réclamé d’une même voix la souveraineté. Merci à vous tous, merci à Rafic Hariri et aux personnes qui sont tombées avec lui, car leur mort nous a rassemblés. Rita RENKEMA-NAJJAR Hollande Femmes et libanaises Aujourd’hui – et le moment sera historique – la femme libanaise s’en est allée rejoindre son homologue masculin à la place des Martyrs. Tous deux sont mus par un même sentiment d’injustice et d’horreur, poussés par un même désir de vérité et de paix. Mais elle garde néanmoins l’étrange impression que par ce mouvement cathartique et révolutionnaire, c’est réellement son assujettissement de femme qui, soudain, s’exprime et se libère. Aujourd’hui, le monde arabe regarde, étonné, cette population féminine qui dénonce les assassins. Ces mêmes femmes que l’on taxait de coquetterie, d’égoïsme, de futilité, de lâcheté, de soumission ou encore d’ignorance, ce sont à présent elles qui, toutes générations confondues, parlent désormais, et dénoncent sur un ton résolument patriotique. Aujourd’hui enfin, la cause libanaise épouse la cause de la femme, et elles tendent ensemble, dans un même élan libérateur, vers une émancipation absolue et une autonomie véritable. Vu sous cet angle-là, une question se pose alors, adressée à sayyed Hassan Nasrallah, dont la légendaire intelligence politique ne faisait jusque-là aucun doute : Se pourrait-il que le Hezbollah se soit pris à son propre piège ? Se soulèverait-il sinon, de manière aussi crue, contre ce qui semble être la volonté du peuple proprement libanais (et nous n’entrerons pas dans de stériles considérations numériques) ? Finalement, et pour paraphraser le titre de l’œuvre de Jean-Louis Schlegel, le Parti de Dieu s’insurgerait-il contre la liberté des hommes – et celle des femmes ? Maya CHÉHAB Hommage aux Libanais Lundi 14 mars 2005 : la place des Martyrs noire de monde. Le Liban comme jamais vu à travers son histoire. Une marée humaine déferlant des quatre coins du pays vers la place de la Liberté, dans une liesse indescriptible. La colère s’est transformée en euphorie. Colère après l’odieux assassinat de l’ancien premier ministre Rafic Hariri et ses compagnons, dans un siècle où le mot barbarie devrait être rayé du dictionnaire. Colère contre l’occupation, l’imposture, la domination. Colère contre l’absence de l’État, spectateur passif, muré dans son silence. Le peuple s’est réveillé, toutes communautés confondues : il a transformé la colère en euphorie, le deuil en mariage, la mort en baptême : c’est la naissance. Il est loin, le fantôme de la guerre civile. L’heure est au courage, à la détermination, à la vérité. Le même refrain est entonné : « Liberté, souveraineté, indépendance, unité nationale. » La peur et l’oppression sont tombées devant le cèdre et le multiconfessionnalisme vit désormais sous la voûte du drapeau aux couleurs éternelles. A toi, cher et beau Liban, indépendant et souverain, à ton noble peuple qui refait ton histoire. Tania YOUAKIM Un souffle de liberté Il est incontestable que le 14 mars 2005, il y eut au Liban un souffle de liberté. Les Libanais n’ont, hélas, qu’un seul souhait : qu’on les rétablisse dans leurs droits car ils sont conscients de leurs obligations. Désormais, notre pays doit être gouverné par un homme à poigne. Enfin je cite Émile Zola qui disait : « En démocratie, l’essentiel est entre les mains du peuple et les institutions valent ce que les citoyens en font. » Denise LABAKI France PS : pour écrire cet article, je me suis inspirée d’une chronique de mon père, José Labaki. Bravo les FSI! Je suis élève en classe de troisième. Nous avons reçu il y a quelques jours la visite inopinée, au collège, d’un officier des Forces de sécurité intérieure, venu nous mettre en garde contre les risques que représente la drogue dans le milieu estudiantin. Un dérapage n’est pas à exclure, si on ne fait pas attention. À titre d’exemple, nous a-t-il dit, il ne faut pas accepter, lors d’une invitation, un verre proposé par un inconnu, ou fumer une cigarette. Même les dragées sont à déconseiller. À notre âge, tout est tentant. Il faut savoir se contrôler. Durant deux heures d’un débat à cœur ouvert, tous les sujets tabous ont été abordés. Bravo et merci à nos FSI pour cette initiative. Rosy A. SABBAGHA Adressez vos commentaires par fax (01/360390), par lettre (Rubrique Courrier des lecteurs, boîte postale 2488) ou par mail : redaction@lorientlejour.com
À toi ce Liban libre
Toi qui a tant souffert en silence de la guerre et de l’exode.
Toi qui a eu tellement peur pour nous chaque fois que nous sortions de la maison.
Toi qui, avec beaucoup d’amour, a su mettre du baume sur nos cœurs d’enfants terrorisés alors que tu étais toi-même terrorisée.
Toi qui, par ta douceur, savais muer nos malheurs en espoir alors que la folie gagnait les rues de Beyrouth.
Toi qui a nous a appris à pardonner alors que la haine et la destruction étaient les maîtres mots.
Toi qui, dans les pires moments, était un ancrage pour nos bateaux en dérive, alors que tu avais envie qu’on te soutienne.
Toi qui nous a inculqué le respect d’autrui et la tolérance alors que nous vivions dans une ville où l’on s’entre-tuait à cause des différences.
Toi qui vivait ta vie comme une prière,...