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Actualités - Chronologie

Le conflit a bousculé les équilibres de la région

Deux ans après l’invasion américaine de l’Irak, le monde arabe enregistre l’amorce d’une lente démocratisation, mais reste confronté à des risques de déstabilisation politique sur fond de menaces terroristes. L’entrée en guerre d’une coalition dirigée par les États-Unis en Irak contre l’ancien dictateur Saddam Hussein a donné le signal à deux mouvements contradictoires et d’inégale ampleur. Elle a, d’une part, étendu le champ d’action du terrorisme à certains États, comme l’Arabie saoudite ou le Koweït, et, d’autre part, provoqué, sous la pression américaine, une timide ouverture démocratique, notamment en Irak, en Égypte et en Arabie saoudite, alors que les Palestiniens ont accéléré la démocratisation de leurs institutions. L’impréparation américaine à l’après-Saddam Hussein, marquée par le démantèlement de l’armée et les renseignements de l’ancien dictateur, a ouvert un boulevard en Irak devant les groupes armés, irakiens, islamiques ou arabes. Les attentats y sont quotidiens contre troupes américaines, forces de sécurité irakiennes, civils et mêmes les symboles politiques du « nouvel Irak ». Les étrangers, notamment les journalistes, cibles faciles, continuent à payer un lourd tribut à la guerre médiatique que se livrent les belligérants sur les chaînes satellitaires qui ont aussi bouleversé à leur façon le paysage politique régional désormais partiellement soustrait au monopole des États. La chute du régime irakien a toutefois également poussé à une amorce de démocratisation des régimes de la région, marqués jusque-là par la lourde présence d’un appareil politique dominant, servant de paravent à des pouvoirs militaires et policiers. L’Irak a entamé le premier sa marche vers la démocratie. Pour la première fois depuis plus de 50 ans, des élections multipartites libres se sont tenues le 30 janvier, remportées par les chiites majoritaires dans le pays et jusque-là opprimés par le régime (sunnite) de Saddam Hussein. L’Égypte, qui reçoit une aide américaine annuelle de quelque 2 milliards de dollars, a suivi, le président Moubarak prônant, pour la première fois de l’histoire égyptienne, le suffrage universel direct et la multiplicité des candidatures pour la présidence de la République. M. Moubarak est au pouvoir depuis 24 ans. Depuis le renversement de la monarchie en 1952, le chef de l’État était coopté par l’armée avant d’être plébiscité par la population. L’Arabie saoudite, dominée par le pouvoir des princes d’une même famille, a organisé, pour la première fois de son histoire, un scrutin municipal. Même si les femmes étaient interdites de participer, ces élections sont un début. La contestation a également fait tache d’huile dans les riches Émirats pétroliers du Golfe, comme le Koweït ou Bahreïn. À noter, également, la situation libanaise, où l’opposition, traumatisée par l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, réclame depuis plus d’un mois une « nouvelle indépendance ». « Malgré les réticences des régimes en place, la démocratie est en marche au Proche-Orient », commentait récemment Amr el-Choubaki, analyste du Centre d’études stratégiques du journal al-Ahram. Les États-Unis affirment que leur politique dans la région a payé. Cependant, la victoire électorale chiite en Irak, voisin de la République islamique d’Iran, chiite, fait craindre l’émergence d’un nouveau pouvoir régional chiite face aux sunnites, qui détenaient jusqu’ici le monopole des pouvoirs au Proche-Orient.
Deux ans après l’invasion américaine de l’Irak, le monde arabe enregistre l’amorce d’une lente démocratisation, mais reste confronté à des risques de déstabilisation politique sur fond de menaces terroristes.
L’entrée en guerre d’une coalition dirigée par les États-Unis en Irak contre l’ancien dictateur Saddam Hussein a donné le signal à deux mouvements contradictoires et d’inégale ampleur. Elle a, d’une part, étendu le champ d’action du terrorisme à certains États, comme l’Arabie saoudite ou le Koweït, et, d’autre part, provoqué, sous la pression américaine, une timide ouverture démocratique, notamment en Irak, en Égypte et en Arabie saoudite, alors que les Palestiniens ont accéléré la démocratisation de leurs institutions.
L’impréparation américaine à l’après-Saddam Hussein,...