La campagne d’Orange II a permis à Bruno Peyron de réunifier en 50 jours, 16 heures et 20 minutes le record autour du monde à la voile en équipage et celui du trophée Jules-Verne, concluant une très belle aventure dont rien ne permet encore de prévoir la suite.
« C’est fait et c’est bien fait. C’est mieux comme ça », a commenté Bruno Peyron. « Le Jules-Verne, on l’a commencé à deux, l’autre n’est plus là, c’était Peter Blake. Ensuite d’autres nous ont rejoints », a ajouté le skipper français, dans un vibrant hommage à l’emblématique marin néo-zélandais assassiné en décembre 2001 sur son bateau en Amazonie.
Peyron et ses hommes avaient trois buts au départ : « Premièrement revenir, deuxièmement récupérer le Jules-Verne, et troisièmement battre le record du tour du monde », comme l’a résumé Jacques Caraës, le régleur d’Orange II. Contrat rempli, avec beaucoup de panache.
Désormais la question est posée : est-il possible de passer sous les 50 jours autour du monde ? Et avec quel bateau ? À la lumière de ce tour du monde, la réponse est oui, car il ne s’en est fallu que de 16 heures et 20 minutes, largement perdues aux alentours du Cap-Vert.
Avec quel bateau ? De tous ceux qui existent actuellement, Orange II est le mieux armé. « Ce record sera battu, quand, je n’en sais rien, mais de tous les bateaux actuels je n’en vois qu’un seul ayant le potentiel pour le faire, et c’est Orange II. Ensuite il faudra voir ce que fera le maxi-trimaran de Franck Cammas qui est en construction », a dit Peyron.
« Je pense que nous avons, sur les cinq ans à venir, le bateau le plus rapide du monde. Il y a plein de défis à relever de par le monde, notamment dans les pays émergents », a ajouté l’aîné des frères Peyron, créateur en 2001 de The Race, la course autour du monde sans limites.
C’est là qu’intervient l’autre grande question, celle du financement, car son contrat actuel avec Orange, la filiale de téléphonie mobile de France Télécom, s’achève avec ce tour du monde. Pour le moment, Didier Quillot, le PDG d’Orange France, n’a rien dévoilé de ses intentions.
« Nous allons laisser l’équipage se reposer et nous reparlerons de cela plus tard avec Bruno Peyron », a d’abord déclaré M. Quillot. Puis après une autre question sur ce thème, sa perplexité est apparue : « C’est vrai que nous avons été surpris par un tel record. Nous ne nous attendions pas à cela. Nous sommes stupéfaits, abasourdis. On va laisser retomber la fumée et nous verrons ensuite. »
Une des clés du succès de Peyron sur ce Jules-Verne, et de tous les autres records intermédiaires glanés en cours de route, restera le confort apporté par ce partenariat avec Orange. Dans ces conditions idéales, Peyron a fait penser à « un chef d’orchestre qui dirige ses musiciens sans baguette », selon la formule du Télégramme de Brest.
À bord, ce sont l’harmonie et la bonne humeur qui ont le plus marqué les marins d’Orange II. « Je ne sais pas si Bruno mène son équipage à la baguette, mais il impose son rythme et ça marche », a conclu le Suisse Bernard Stamm, solitaire enchanté par ce tour du monde en équipage.
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