L’économie arménienne, exsangue depuis la chute de l’URSS et la guerre du Haut-Karabakh, dépend en grande partie des transferts de fonds des membres de sa diaspora, lesquels n’ont cessé d’augmenter ces dernières années et devraient dépasser le milliard de dollars en 2005.
« Les transferts de l’étranger permettent à nos citoyens de conserver un bon niveau de vie, ce qui favorise en retour la croissance du produit intérieur brut » , souligne le président de la Banque centrale arménienne, Tigran Sargsian.
En 2004, les transferts des Arméniens expatriés à leurs proches demeurés au pays ont augmenté de 55 % pour s’établir à 740 millions de dollars, surpassant le budget du pays de 600 millions de dollars.
Selon la Banque centrale, ces transferts de fonds génèrent un quart de la croissance économique. M. Sargsian explique l’augmentation des transferts par le fait que les Arméniens établis à l’étranger ont vu leur situation économique s’améliorer. Les liens entre la diaspora et sa patrie d’origine se sont également renforcés.
« La croissance économique rend l’Arménie plus attrayante pour les Arméniens de la diaspora, lesquels investissent dans l’immobilier et retournent vivre dans leur patrie historique », explique le chef de la Banque centrale. Depuis l’effondrement de l’URSS en 1991, près d’un million d’Arméniens ont quitté l’Arménie, un pays du Caucase dépourvu de ressources énergétiques et qui fait l’objet d’un blocus économique de la part de la Turquie et de l’Azerbaïdjan en raison du conflit du Haut-Karabakh, une province azerbaïdjanaise passée sous contrôle arménien au début des années 1990. La plupart ont émigré en Russie, aux États-Unis et en Europe. Une grande partie des quelque 3,7 millions de personnes demeurées en Arménie dépendent aujourd’hui pour vivre de l’argent que leur envoient leurs proches travaillant à l’étranger. « D’autres pays peuvent compter sur des ressources complémentaires comme le pétrole. Pour l’Arménie, cette ressource est son importante diaspora » et ses travailleurs émigrés, dit l’économiste Levon Barkhoudarian.
M. Barkhoudarian estime que les fonds rapatriés permettent de diminuer les tensions sociales et politiques dans le pays.
Mais d’autres experts mettent en garde contre les effets pervers de tels transferts. Vagram Avanessian estime qu’en plus d’handicaper la production locale et d’augmenter les importations, ces transferts créent une dépendance.
Beaucoup d’Arméniens risquent ainsi de devoir encore longtemps vivre loin de chez eux même s’ils souhaiteraient rentrer. « Pendant des années, mon mari a cherché vainement du travail en Arménie et a dû partir travailler à l’étranger, même si c’était très difficile pour lui de quitter sa famille, raconte Anna, 36 ans, mère de deux enfants. Chaque fois qu’il téléphone, il demande s’il y a du travail pour lui au pays .»
Le mari d’Anna travaille depuis cinq ans dans la construction dans une petite ville de Russie et envoie tous les mois entre 300 et 400 dollars à sa famille. Vardan, 60 ans, vit de l’argent que sa fille aînée lui envoie des États-Unis : « Ma fille Marina travaille comme nourrice depuis deux ans bien qu’elle soit diplômée de l’École polytechnique d’Erevan », explique-t-il. « Personne ne s’étonne plus qu’un ancien instituteur fasse du commerce dans les rues de Moscou ou qu’un scientifique soit chauffeur de taxi à Madrid », ajoute le vieil homme.
Les Arméniens qui ont émigré pour des raisons économiques depuis 1991 travaillent principalement dans les services, le commerce et la construction, selon des données de la Banque centrale.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’économie arménienne, exsangue depuis la chute de l’URSS et la guerre du Haut-Karabakh, dépend en grande partie des transferts de fonds des membres de sa diaspora, lesquels n’ont cessé d’augmenter ces dernières années et devraient dépasser le milliard de dollars en 2005.
« Les transferts de l’étranger permettent à nos citoyens de conserver un bon niveau de vie, ce qui favorise en retour la croissance du produit intérieur brut » , souligne le président de la Banque centrale arménienne, Tigran Sargsian.
En 2004, les transferts des Arméniens expatriés à leurs proches demeurés au pays ont augmenté de 55 % pour s’établir à 740 millions de dollars, surpassant le budget du pays de 600 millions de dollars.
Selon la Banque centrale, ces transferts de fonds génèrent un quart de la croissance économique. M....