La réunion de Londres sur les réformes palestiniennes est un petit pas concret pour dynamiser le processus de paix au Proche-Orient, estimaient hier des experts, tout en soulignant que son agenda restreint en limitait l’impact.
Cette réunion d’un jour a détaillé les engagements de la communauté internationale pour aider aux réformes de l’Autorité palestinienne, les engagements palestiniens en la matière, et rappelé par ailleurs Israël à ses obligations vis-à-vis de la « feuille de route », le plan de paix international resté lettre morte depuis deux ans.
L’Union européenne sera ainsi chargée d’aider à la mise en place des nouvelles institutions politiques, les États-Unis coordonneront un groupe sur la sécurité, et la Banque mondiale se concentrera sur le développement économique.
La réunion de Londres s’inscrit dans le cadre d’un « processus de légitimation » du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas par la communauté internationale, « qui a commencé au lendemain des élections palestiniennes », souligne Simon Petermann, professeur de relations internationales à l’Université libre de Bruxelles.
Yahia Saïd, expert de la London School of Economics, souligne, lui, « une nouvelle dynamique ». Le « principal progrès » est « l’implication des États-Unis » pour aider les institutions et le gouvernement palestiniens, et la présence de la secrétaire d’État américaine Condoleezza Rice à la réunion a été à cet égard « un signal fort », déclare-t-il.
Tony Blair, qui avait organisé cette réunion à laquelle ne participaient pas les Israéliens, a voulu y voir les « fondations » nécessaires à la création d’un futur État palestinien, et Mahmoud Abbas a parlé de résultats « très positifs et fructueux ».
« Les Palestiniens y ont un peu gagné, car il a été clairement dit que le but était l’établissement d’un État palestinien et qu’Israël devrait faire certaines choses pour que cela soit possible », reconnaît Rosemary Hollis, directrice des études sur le Proche-Orient au Royal Institute of International Affairs. Mais selon elle, l’agenda de la réunion était très limité. « Personne ne parle, souligne-t-elle, de négociations sur le statut final. » Le ministre français des Affaires étrangères Michel Barnier a proposé lors de la réunion une conférence internationale sur le Proche-Orient « au second semestre de 2005 », mais sans effet immédiat.
Et pour Mme Hollis, l’approche très limitée de la conférence n’est pas sans danger. « Les gens pensent que c’est très concret et réaliste, mais plus vous vous concentrez sur les détails, plus vous vous exposez à des opérations de sabotage sur un front plus large », explique-t-elle, en soulignant que la réunion n’a pas évoqué du tout les perspectives de la région. « Les faits sur le terrain sont plus contraignants que ce qu’ils étaient lors des accords d’Oslo » en 1995, dit-elle, évoquant notamment le mur construit par les Israéliens et les colonies israéliennes.
Pour Yahia Saïd, les déclarations à l’issue de la réunion n’aident par ailleurs pas Mahmoud Abbas vis-à-vis de la population palestinienne.
« Les Palestiniens, dit-il, veulent voir des progrès sur la “feuille de route” et le statut final, et cela n’a pas été le cas lors de cette rencontre. »
Les ministres des Affaires étrangères de 23 pays, dont Condoleezza Rice, ainsi que le secrétaire général de l’Onu Kofi Annan et le haut représentant de l’UE pour la politique extérieure Javier Solana participaient à cette rencontre, en marge de laquelle se tenait une réunion du quartette (États-Unis, UE, Russie, Onu).
Brigitte DUSSEAU (AFP)
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Cette réunion d’un jour a détaillé les engagements de la communauté internationale pour aider aux réformes de l’Autorité palestinienne, les engagements palestiniens en la matière, et rappelé par ailleurs Israël à ses obligations vis-à-vis de la « feuille de route », le plan de paix international resté lettre morte depuis deux ans.
L’Union européenne sera ainsi chargée d’aider à la mise en place des nouvelles institutions politiques, les États-Unis coordonneront un groupe sur la sécurité, et la Banque mondiale se concentrera sur le développement économique.
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