Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Les vétérans partagés sur l’Irak

La Seconde Guerre mondiale, « c’est la dernière que nous ayons menée par nécessité », affirme l’Américain Tracy Sugarman, 82 ans, un responsable des barges du Débarquement sur Utah Beach, le 6 juin 1944. L’Irak, à côté, « c’est vraiment n’importe quoi ». Le président Bush « ne devrait pas faire de telles comparaisons », regrette M. Sugarman en secouant la tête. Bob Powell, qui a passé 16 heures dans son B-51 au-dessus de la Normandie lors du jour J, dit être « 100 % derrière le président » Bush dans la guerre contre le terrorisme. « C’est une guerre qu’il nous faut gagner », affirme-t-il. Pour autant, à ses yeux, ce conflit reste difficilement comparable à la guerre de 39-45 contre l’Allemagne nazie. « Nous avions affaire à une armée organisée, identifiable, qui voulait dominer le monde », dit-il en marge d’une conférence sur le jour J à Washington. « Nos motivations étaient différentes et le monde entier nous soutenait, voulait que nous entrions dans la guerre. » Cet homme de 83 ans refuse l’étiquette de héros. « Les jeunes qui sont en Irak en ce moment sont aussi valables que nous, et aussi dévoués à leur mission que nous l’étions. Mais ils font face à un ennemi différent », souligne-t-il. Tracy Sugarman, malgré son opposition à la guerre, ne peut s’empêcher d’avoir une pensée émue pour les boys. Il mesure bien l’épreuve qu’ils vivent. « Ces jeunes gens qui se battent pour nous sont des gamins. Comme nous à l’époque, ils n’ont souvent que 19 ou 20 ans. » Il s’étonne aussi d’être considéré, avec ses camarades, comme « la meilleure génération ». Ce slogan a notamment été retenu sur les affiches annonçant l’inauguration samedi d’un mémorial à Washington. « Il y avait parmi nous de véritables héros, dont je n’étais pas », dit celui qui a rejoint la marine deux jours après l’attaque de Pearl Harbor, en décembre 1941. Mais « notre génération n’avait rien d’exceptionnel. Nous nous sommes simplement retrouvés dans des circonstances particulières ». « Cette guerre, comme toutes, était merdique, épouvantable, mais elle était nécessaire », explique M. Sugarman. Pas comme en Irak. « Là, il s’agit d’une guerre inventée, qui n’avait aucune raison d’être. Le gars (Saddam Hussein) était contenu, il ne représentait pas une menace. Il n’avait pas d’ADM, pas de lien connu avec el-Qaëda », énumère-t-il d’un seul souffle. Et il ne pardonne pas au président Bush « d’avoir fâché le pays avec la France » autour de cette question. « Je serais éternellement reconnaissant de l’accueil que j’ai reçu » en Normandie en 1944, dit-il, ajoutant retourner régulièrement en famille dans ce « deuxième chez lui ».
La Seconde Guerre mondiale, « c’est la dernière que nous ayons menée par nécessité », affirme l’Américain Tracy Sugarman, 82 ans, un responsable des barges du Débarquement sur Utah Beach, le 6 juin 1944. L’Irak, à côté, « c’est vraiment n’importe quoi ».
Le président Bush « ne devrait pas faire de telles comparaisons », regrette M. Sugarman en secouant la tête.
Bob Powell, qui a passé 16 heures dans son B-51 au-dessus de la Normandie lors du jour J, dit être « 100 % derrière le président » Bush dans la guerre contre le terrorisme. « C’est une guerre qu’il nous faut gagner », affirme-t-il. Pour autant, à ses yeux, ce conflit reste difficilement comparable à la guerre de 39-45 contre l’Allemagne nazie. « Nous avions affaire à une armée organisée, identifiable, qui voulait dominer le monde...