«L’Amant de lady Chatterley», une autobiographie de D.H. Lawrence?
La liaison passionnée au cœur du roman L’Amant de lady Chatterley, de D.H. Lawrence, a été inspirée par l’histoire vraie d’une relation entre la femme de l’auteur et un officier italien, selon une nouvelle biographie de l’écrivain britannique. Le romancier, frappé par la tuberculose et incapable d’avoir des relations sexuelles, a écrit ce livre alors même que sa femme, Frieda, le trompait. Selon John Worthen, le biographe, l’affaire aurait profondément affecté David Herbert Lawrence (1885-1930) et l’aurait inspiré pour décrire la relation passionnée entre lady Chatterley et son garde-chasse. La nouvelle biographie, intitulée The Life of an Outsider, décrit la frustration de l’auteur face à sa propre maladie, un aspect qui serait reflété dans le roman par le personnage du mari de lady Chatterley, rendu impuissant par une blessure de guerre. M. Worthen, un spécialiste de D.H. Lawrence à l’Université de Nottingham, est parvenu à ses conclusions après avoir étudié les lettres de Frieda, conservées à l’Université du Texas.
«Nightclubbing»: les 70’s
contées par Alain Pacadis
Nightclubbing, anthologie déjantée des «seventies» et de la «punk-attitude» dressée à partir des articles d’Alain Pacadis, «reporter de l’underground» au quotidien Libération de 1973 jusqu’à sa disparition tragique en 1986, doit paraître demain. M. Pacadis a tout traversé en «expérimentateur des névroses modernes»: cinéma, rock, drogue, nightclubbing, show-biz, mode... «C’est toutes les marottes des années 70 et 80 qui reviennent dans ses articles traités comme un douloureux journal intime», explique dans la préface le journaliste Alexis Bernier, à l’origine de cette imposante compilation de 836 pages.
Publiés aussi dans L’Écho des Savanes ou Gay Pied, premier magazine homosexuel français, les chroniques et articles de «Paca» – son surnom dans l’underground parisien – constituent une documentation unique sur les «années glam-punk» et leur incroyable frénésie. Tout en démesure, souvent sous l’emprise de l’alcool et de stupéfiants, Alain Pacadis a été l’un des premiers adeptes français du «gonzo-journalisme», un style inventé par l’écrivain américain Hunter S. Thompson qui se traduit par des reportages écrits à la première personne dont le journaliste est le héros.
«À une époque aussi formatée que la nôtre, l’aberrance d’Alain Pacadis n’a plus guère d’équivalent», souligne Alexis Bernier. Nightclubbing permet aussi de retrouver des passages jubilatoires du roman introuvable de «Paca», Un jeune homme chic, son journal de bord de 1977, «année punk, année électrique», selon lui. «Écrire sur le rock est à la portée de n’importe quel blaireau. Tenter de vivre le rock and roll est nettement plus difficile...» affirmait Alain Pacadis pour résumer sa démarche de noctambule impénitent et «destroy».
Patti Smith, Serge Gainsbourg, Alice Cooper, les Sex Pistols et leur manager Malcolm McLaren, le travesti Marie-France, Andy Warhol, Iggy Pop ou Jacno hantent Nightclubbing. Le livre fait revivre aussi les fêtes grandioses organisées par Fabrice Eamer, créateur du «Palace», la boîte culte où M. Pacadis passait ses nuits, ainsi qu’aux «Bains-Douches» et au «Sept», premier club gay fréquenté par le tout-Paris «en genèse de la libération homosexuelle», estimait-il.
Au bout de ses délires et de lui-même, Alain Pacadis est mort étranglé « à sa demande » par son petit ami en 1986. «Le jour se lève, ça me donne envie de mourir», confiait «Paca» dans son journal de Jeune homme chic, dix ans plus tôt.
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