L’euro s’est renforcé face au dollar hier sur les marchés des changes internationaux, alors que les investisseurs attendent déjà la publication vendredi prochain du rapport sur l’emploi aux États-Unis en février. Dans cette attente, l’attention des cambistes a été tournée vers d’autres indices susceptibles de nourrir les pronostics. À cet égard, l’annonce d’un recul de 2,3 % des revenus personnels des Américains en janvier contre une hausse de 3,7 % en décembre et la stabilité de leurs dépenses de consommation contre une hausse de 0,8 % pendant la même période, ont déçu les opérateurs. Cela d’autant qu’ils avaient appris vendredi dernier que les dépenses à la consommation, moteur traditionnel de la croissance, ont été révisées à la baisse au 4e trimestre de 4,6% à 4,2 %. En outre, le marché a accueilli avec beaucoup de circonspection la chute de 9,2 % des ventes de logements neufs aux États-Unis en janvier après une hausse de 0,1 % en décembre, dans la mesure où le secteur de la construction est considéré comme la principale locomotive de la croissance économique. Dans ce contexte, les intervenants ont passé outre à la hausse de l’indice d’activité dans le secteur industriel de Chicago, établi par les directeurs d’achats de cette région, de 62,4 points en janvier à 62,7 points en février, estimant devoir attendre la publication aujourd’hui de l’indice PMI des directeurs d’achats US pendant la même période. Il en est de même de l’annonce par la Commission européenne que la confiance économique et le climat des affaires dans la zone euro se sont nettement détériorés en février et qui est passée comme inaperçue contrairement à l’amélioration du moral des ménages français pendant la même période (voir par ailleurs) qui a soutenu l’euro. De plus, le dollar a été affaibli par la forte augmentation de 6,9 % des mises en chantier de logements au Japon en janvier après une baisse de 2 % en décembre ainsi que par la hausse de 2,1 % de la production industrielle dans ce même pays contre une baisse de 0,8 % sur la même période. Compte tenu de toutes ces considérations, le billet vert a été délaissé au profit d’autres monnaies dont l’euro qui s’est finalement négocié à New York sur un ton ferme à 1,3245 $ contre 1,3240 $ vendredi dernier.
Baisse des Bourses
La Bourse US a été en baisse hier sur des prises de bénéfices après avoir bondi en fin de semaine dernière, les investisseurs craignant une accélération de l’inflation avec la récente flambée des prix pétroliers. Cela étant, et eu égard aussi aux indicateurs macroéconomiques décevants et aux mauvaises nouvelles en provenance du secteur pharmaceutique après le retrait de certains médicaments traitant la sclérose en plaques du marché, les baisses l’ont emporté sur les hausses à Wall Street et au Nasdaq.
Les Bourses européennes ont également fini dans le rouge, plombées par l’appréciation de l’euro et la nouvelle hausse des prix pétroliers. L’accès de faiblesse des pharmaceutiques US a pesé sur les sociétés de ce secteur à Paris et à Londres comme les nouvelles selon lesquelles Next et Marks & Spencer envisageraient une baisse de leurs prix pour concurrencer leurs rivaux par rapport aux grands magasins.
Quant à la Bourse de Beyrouth, elle était en chômage technique en raison de l’arrêt de travail observé par les banques, les établissements financiers et commerciaux.
Élie KAHWAGI
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