Hervé Laurent, troisième du Vendée Globe 1996-97, vainqueur de la course Lorient/Saint-Barth en 2002, fait son retour à la compétition sur la Transat anglaise à la voile, dont il sera au départ lundi à Plymouth à destination de Boston, rodage idéal avant le Vendée Globe 2004-05.
Pour prendre le départ en novembre du Vendée Globe, tour du monde en solitaire sans escale et sans assistance, le Lorientais de 47 ans a repris le bateau de Christophe Auguin, vainqueur de cette prestigieuse circumnavigation il y a sept ans.
La Transat anglaise est qualificative pour le Vendée Globe.
Mais la 3e place d’Hervé Laurent au Vendée Globe 1996-97 lui permet d’effectuer les 2 500 milles de qualification hors course.
Cette Transat anglaise « sans pression » est donc surtout l’occasion de « trouver le mode d’emploi » d’un monocoque dont il a pris la barre il y a juste un mois.
Ce 60 pieds (ancien Géodis rebaptisé UUDS), un peu plus large (5,85 m) que ceux de sa catégorie, est, selon lui, « plus performant » au vent portant, celui du Vendée Globe.
Panne de parraineur
Mais pour acquérir ce bateau, la quête d’un parraineur a pris des allures de parcours du combattant.
Après des déboires avec un précédent partenaire financier qui l’ont privé de course en 2000-01, le navigateur est désormais parrainé par UUDS (Un Univers de services) depuis six mois et devrait le rester jusqu’à la Jacques Vabre 2005.
Trois millions d’euros ont été investis dans le rachat du voilier, construit il y a une dizaine d’année à Cherbourg, et 200 000 euros pour « l’améliorer ».
« Il n’y a plus beaucoup de pièces d’origine. Je peux partir comme ça, mais l’idéal serait que je trouve encore 300 000 euros pour acheter des dérives deux fois plus grandes, de nouveaux safrans ou des voiles supplémentaires », précise cependant le skippeur à lunettes.
Pour celui qui s’apprête à courir sa 32e course transatlantique, c’est moins la technologie de pointe d’un monocoque que l’expérience d’un Mike Golding (grande figure britannique de la voile) ou, à un degré moindre, le vécu d’un marin comme lui qui fera la différence sur le Vendée Globe.
Jean Le Cam et Roland Jourdain ont d’ailleurs dû renoncer à la Transat anglaise en raison de problèmes techniques sur leurs monocoques jumeaux neufs.
Marin par accident
« Cela fait 25 ans que je fais de la course au large, et quand je ne cours pas, je “route” (guidage et conseils météo pour d’autres bateaux) », lance-t-il en guise de carte de visite.
Sa science hors pair des calculs météo a fait sa réputation. Surtout depuis le jour où il a redessiné de tête les cartes météo oubliées à terre avant de gagner la transat en équipages Québec-Saint-Malo de 1992.
Avec le Vendée Globe 1996-97, il a appris « à mettre l’esprit au service du corps, à ne jamais dormir plus d’une demi-heure ». « Là, je vois un sophrologue, je travaille sur la résistance », raconte le skippeur, qui compte deux tours du monde à la voile.
« Je suis né à Lorient, je suis devenu marin, explique-t-il posément. Je serais né au Mans, je serais peut-être devenu pilote automobile. D’ailleurs, j’en ai fait un peu en amateur. »
Sa première voile, il l’a hissée à 12 ans à la suite d’une erreur d’inscription des animateurs d’un camp de vacances. « J’étais venu avec mon kimono sous le bras pour une journée de judo, je me suis retrouvé en voile, j’y suis resté », se souvient-il.
Trente-cinq ans plus tard, il a hâte de retrouver le Cap Horn, son plus beau souvenir de mer en solitaire (pendant le Vendée Globe), malgré la peur de sa vie : « L’apparition d’un iceberg à 100 mètres de mon bateau. »
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Hervé Laurent, troisième du Vendée Globe 1996-97, vainqueur de la course Lorient/Saint-Barth en 2002, fait son retour à la compétition sur la Transat anglaise à la voile, dont il sera au départ lundi à Plymouth à destination de Boston, rodage idéal avant le Vendée Globe 2004-05.
Pour prendre le départ en novembre du Vendée Globe, tour du monde en solitaire sans escale et sans assistance, le Lorientais de 47 ans a repris le bateau de Christophe Auguin, vainqueur de cette prestigieuse circumnavigation il y a sept ans.
La Transat anglaise est qualificative pour le Vendée Globe.
Mais la 3e place d’Hervé Laurent au Vendée Globe 1996-97 lui permet d’effectuer les 2 500 milles de qualification hors course.
Cette Transat anglaise « sans pression » est donc surtout l’occasion de « trouver le mode d’emploi » d’un...