La mort tragique, la semaine dernière, de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri a plongé le pays dans une période d’incertitude. Naturellement, le marché immobilier s’en trouve affecté. De multiples interrogations hantent les investisseurs et les professionnels du secteur.
La première question concerne l’avenir de la société Solidere.
Le rôle prépondérant de Rafic Hariri, depuis le début des années 90, dans la création de la société foncière, peut difficilement, être nié. L’ancien Premier ministre, qui était l’un des principaux actionnaires de Solidere, était l’homme providentiel et l’instigateur du projet de reconstruction du centre-ville de Beyrouth. Il en avait fait un combat, un enjeu et un défi personnel.
À long terme, la disparition de Rafic Hariri ne devrait pas remettre en cause l’évolution de la société Solidere. L’imposante machine est suffisamment lancée pour surmonter cette période délicate. Il y a deux ans, notre analyse aurait été totalement différente. Mais aujourd’hui, la situation de Solidere ne porte pas, outre mesure, au pessimisme. Le projet du centre-ville de Beyrouth a trouvé une bonne vitesse de croissance. L’année 2004 a été, sans aucun doute, un tournant dans l’histoire de la compagnie fondée dix ans auparavant. Le bilan annuel (le cours de l’action et les revenus étaient à la hausse) et la nouvelle politique de vente de terrains avaient été particulièrement encourageants.
Un rapide tour d’horizon des ventes et des projets en cours atteste de la solidité du processus de reconstruction. La grande majorité des parcelles a déjà été vendue. Une quinzaine de projets résidentiels sont en cours dans les régions de Minet el-Hosn, Wadi Abou Jmil, Foch-Allenby et Saïfi. Beaucoup d’entre eux ont déjà écoulé, à travers des contrats de prévente, de 60 à 70 % de leur stock d’appartements. Des immeubles de bureaux et plusieurs hôtels de haut standing (Four Seasons, Hyatt, Hilton et les projets de Bab al-Seray et Khaireddine) sont également en construction. La présence de plus de 300 boutiques, 100 restaurants, 250 sociétés tertiaires, 70 banques et compagnies d’assurances, démontre que le centre-ville redevient peu à peu l’un des espaces les plus actifs et dynamiques de Beyrouth.
Certainement à court terme, le marché va faire face à quelques soubresauts. Certains acheteurs locaux et étrangers (en provenance des pays du Golfe) vont être refroidis par les derniers événements. Quelques projets seront mis en suspens. La reprise des travaux du projet des souks de Beyrouth pourrait être à nouveau retardée. Cependant, Solidere a déjà pris une telle envergure qu’elle pourra encaisser cette situation.
De vendredi à lundi derniers, le cours des actions de Solidere est tombé en chute libre (- 15 % vendredi et lundi). Cette situation était prévisible et le contraire aurait été troublant.
Devant une situation où l’ensemble des Libanais s’interrogent sur l’avenir politique et économique de leur pays, il était normal que certains préfèrent vendre leurs actions à un moment où le cours était en pleine croissance. Après avoir longtemps navigué autour de 4 dollars de 2001 à 2003, l’action A avait atteint dernièrement 9 $.
Cependant, mardi, l’action A a repris environ 10 %. C’est un signe encourageant. Dans les prochaines semaines, le cours des actions risque d’être encore sous pression. Une fois la stabilité politique retrouvée, il reprendra une trajectoire ascendante.
En coopération avec :RAMCO
Tel / Fax : 01 349 910 - email : mail@ramcolb.com
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats