Des monarchies du Golfe et le Yémen continuent de détenir, sans inculpation ou jugement, des centaines de personnes soupçonnées de liens avec le terrorisme et ont commis d’autres violations des droits de l’homme en 2003, dénonce Amnesty International dans son rapport annuel.
Au Yémen, « quelque 200 personnes arrêtées dans les mois qui ont suivi les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis sont toujours détenues sans inculpation ou jugement, en dehors de toute procédure judiciaire. Elles n’ont pas été autorisées à consulter un avocat », écrit l’organisation de défense de droits de l’homme. Sous la pression de Washington, le Yémen, d’où est originaire Oussama Ben Laden, le chef d’el-Qaëda, a lancé une traque contre les membres présumés de ce réseau terroriste depuis un attentat contre le destroyer américain USS Cole (17 morts en octobre 2000). La traque s’est intensifiée après les attaques du 11/9.
Des ressortissants étrangers au Yémen « ont été expulsés pour “des raisons de sécurité” vers des pays où ils risquaient d’être victimes d’atteintes à leurs droits fondamentaux », ajoute Amnesty.
En Arabie saoudite, « plusieurs centaines de personnes soupçonnées d’activités religieuses ainsi que des détracteurs du gouvernement et des manifestants, dont des femmes, ont été interpellés », indique Amnesty.
À Bahreïn, même si « des mesures concrètes continuent d’être appliquées pour prévenir toute violation des droits de l’homme » dans le cadre de la politique d’ouverture des autorités, « plusieurs journalistes ont fait l’objet de poursuites après la publications de certains articles », selon le rapport. Au Qatar voisin, « au moins un prisonnier d’opinion présumé a été libéré, mais 39 autres, dont 19 condamnés à mort, sont maintenus en détention », note Amnesty en référence aux 39 personnes condamnées pour une tentative de coup d’État en 1996.
Pour leur part, les Émirats arabes unis ont maintenu en détention de « très nombreux prisonniers politiques », tous des locaux, « sans inculpation ni jugement pendant plus de deux ans à la suite de mesures prises par les autorités pour lutter contre le terrorisme », relève Amnesty. « D’autres personnes, interpellées en même temps et libérées par la suite, se sont plaintes d’avoir été soumises à différentes formes de torture : elles auraient notamment été battues et reçu des décharges électriques sur leurs organes génitaux pendant les interrogatoires », ajoute-t-elle.
Au Koweït, Amnesty fait état « d’actes de tortures et de mauvais traitements infligés à des détenus politiques et de droit commun », et de l’incarcération de « prisonniers politiques, dont des prisonniers d’opinion ».
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Au Yémen, « quelque 200 personnes arrêtées dans les mois qui ont suivi les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis sont toujours détenues sans inculpation ou jugement, en dehors de toute procédure judiciaire. Elles n’ont pas été autorisées à consulter un avocat », écrit l’organisation de défense de droits de l’homme. Sous la pression de Washington, le Yémen, d’où est originaire Oussama Ben Laden, le chef d’el-Qaëda, a lancé une traque contre les membres présumés de ce réseau terroriste depuis un attentat contre le...