L’euro est resté ferme face au dollar en ce début de semaine sur les marchés des changes internationaux, profitant toujours du retour au premier plan de la question des déficits des comptes courants aux États-Unis. À cet égard, les investisseurs, très déçus la semaine dernière de l’aggravation du déficit commercial US en 2004 (+24,4 % à 717,7 mlds $ contre 496,50 $ en 2003), se sont montrés très préoccupés hier par les chiffres pour décembre de la balance des capitaux aux États-Unis qui seront publiés aujourd’hui, dans la mesure que cette statistique leur permettrait de discerner l’évolution de la balance US des comptes courants dont la dégradation en novembre était à l’origine des attaques à la baisse du dollar vers la fin de l’année dernière. Cela étant, les investisseurs semblent redouter à nouveau que la question du financement des déficits des comptes courants US revienne au premier plan et pèse sur le billet vert. De plus, les opérateurs attendent aussi l’évolution des chiffres des ventes au détail en janvier et des stocks des entreprises en décembre aux États-Unis ainsi que d’autres indices dont celui de l’activité industrielle établi par la banque de Réserve de New York (Empire State Index) et de la confiance des consommateurs calculé par l’Université du Michigan en février. En outre, le marché va s’intéresser aussi à la position du président de la Fed, Alan Greenspan, qui témoignera demain devant le Congrès sur l’état de l’économie US. Cela d’autant que les opérateurs s’intéressent beaucoup de sa position sur le cycle de relèvement des taux d’intérêt aux États-Unis. Dans cette attente et compte tenu des perspectives de hausse des taux d’intérêt dans la zone euro après que le vice-président de la BCE, Lucas Papademos, eut mis en garde hier contre des risques accrus d’inflation dans cette région, la monnaie unique ne tardait pas à se trouver dans une situation privilégiée. Ce phénomène a été renforcé par les propos attribués au ministre français de l’Économie et des Finances qui a jugé que les taux d’intérêt de la BCE offrent une position favorable mais qu’ils sont « insuffisamment diffusés dans l’économie », d’où la nécessité de création d’une commission destinée à « déverrouiller les blocages de l’épargne ». Eu égard à toutes ces considérations, l’euro est resté dans une position favorable, se négociant à New York à 1,2975 $ contre 1,2965 $ la veille.
Tendance incertaine des Bourses
La tendance de la Bourse US était incertaine en ce début de semaine. La bonne nouvelle créée par l’annonce du rachat de MCI par Verizon a été neutralisée par une enquête de la justice US et de la SEC sur l’assureur AIG. De plus, l’attente de nouveaux indicateurs sur l’économie US a entretenu un climat d’incertitude à la cote surtout après l’abaissement par Moody’s des notes de la dette de General Motors.
Sur les Bourses européennes, le suspense est resté entier jusqu’à la fin de la séance, d’autant que la tendance était contrastée outre-Atlantique. Les opérateurs ont été également attentifs à l’évolution baissière du dollar et haussière du pétrole, ce qui a pesé sur l’ensemble de la cote des marchés du Vieux Continent.
À la Bourse de Beyrouth, et peu avant l’attentat qui a coûté la vie à l’ancien chef de gouvernement Rafic Hariri, Solidere a poursuivi son mouvement ascensionnel. Les actions A et B sont remontées de respectivement 9,23 $ et 9,25 $ à 9,50 $.
Élie KAHWAGI
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