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Actualités - Opinions

Les lecteurs ont voix au chapitre

Concomitance de la concomitance Merci, M. Terjé Roed Larsen, d’avoir trouvé une solution miracle à tous nos maux : il y a une concomitance entre la concomitance des volets syro-libanais, l’accord de Taëf et la 1559. Il y en a même une entre les trois concomitances ci-haut mentionnées et la Confrérie de la Passion, cette association du Moyen Âge qui s’est consacrée à la représentation des Mystères. Mais pour le représentant de l’Onu, il s’agit d’autres genres de mystères qu’il a cependant vite fait d’élucider, tant il est vrai qu’en termes de fraternité, un adage libanais dit bien d’un duo d’inséparables que « leurs intestins sont reliés ». Ainsi va-t-il du duodénum où débouchent le canal pancréatique et le cholédoque… Et dire qu’il y a encore des Libanais qui se demandent pourquoi ils sont si « ulcérés »... Samy KHAYATH Lettre imaginaire Cher Président du pays voisin, Si l’idée de remplacer votre Premier ministre vous effleure l’esprit, pourrai-je me permettre de vous proposer notre actuel Premier ministre ? Il est éminemment qualifié pour ce poste. Je sais, vous allez me dire qu’il manque de tact diplomatique et de sens de leadership. Vous pensez naturellement à sa mémorable visite dans les pays du Golfe qui s’est soldée par un total fiasco. Sans oublier, bien sûr, qu’il a réussi le tour de force de se faire bouder par un influent ambassadeur étranger. Mais son dévouement à la patrie sœur est si magnifique qu’il ferait pâlir d’envie votre politicien le plus chevronné. Mais non, n’ayez absolument aucun scrupule à l’idée de nous arracher notre chef du gouvernement. Nous les Libanais sommes habitués à faire des sacrifices. Dr Karim S. REBEIZ Erreur sur les parents En réponse à M. Rachid A. Koleilat (L’Orient-Le Jour du 8 février), comme je vous comprends, monsieur ! qui n’éprouverait pas une grande nostalgie en pensant au paradis de l’enfance ? Car il s’agit bien de l’enfance dans votre pays dont vous avez brutalement été tiré par des intrus qui ont su utiliser à merveille le précepte « diviser pour mieux régner ». Le temps de l’adolescence se termine bientôt, période si difficile où l’on se positionne en s’appropriant, ou en refusant, l’héritage des parents, avec les doutes et les conflits que cela occasionne. Mais les Libanais ne se tromperaient-ils pas de parents ? Jacqueline PETMEZAKIS D’abord accepter l’autre D’aucuns pensent que pour une bonne élection, une apocalypse serait la bienvenue. Mais si, effectivement, nous seuls pouvons changer le Liban, ce n’est peut-être pas en votant pour des candidats qui, à peine élus, agiront exactement comme tous nos hommes politiques actuels. Le changement commence par soi, il faut peut-être en premier ouvrir un peu plus son esprit et accepter l’autre sans le rejeter. Et puis, pour que les candidats écoutent le peuple, il faut aussi revendiquer, non ? Marie Nour HÉCHAIMÉ Sur la voie du changement Où donc commence le changement ? D’aucuns seraient tentés – et ils ne se privent pas pour le dire – de soutenir qu’il convient tout d’abord de changer ces hommes qui nous gouvernent. Pour une lectrice, il faudrait plutôt que chacun commence par s’ouvrir à l’autre puis qu’il fasse entendre sa voix avant de songer à la donner à tel candidat ou tel autre. A-t-on donné à une telle solution toute l’attention qu’elle mérite ? À revoir toutes les consultations populaires que le pays a connues depuis des décennies, il semble bien que non. Preuve que le peuple, lui aussi, peut être frappé d’une handicapante myopie, pour ne pas parler d’une dangereuse cécité. Plus près encore de nos préoccupations quotidiennes, et pour redescendre à terre serait-on tenté de dire, une autre lectrice, pourtant automobiliste, évoque les mille et un problèmes que rencontre le piéton beyrouthin que l’envie prendrait, le pauvre, de traverser la rue, ou plus simplement de marcher sur le trottoir, comme l’y destine normalement son statut d’homo pedibus jambus. Une véritable expédition que n’oserait tenter le plus intrépide des aventuriers. Le piéton piétiné Dans la rue, le paramètre est le suivant : plus la voiture est grosse, plus elle et ses occupants sont respectés. Les personnes à bord de petites autos sont considérées comme défavorisées. Celles sur mobylettes passent tout simplement pour des écervelés. Mais à pied, elles ne sont bizarrement pas considérées du tout. Point à la ligne. Car marcher constitue un véritable défi. Trottoir ? Euh… Passages cloutés ? Tiens, ça me dit quelque chose… C’est quoi déjà ? Observons, nous, chanceux automobilistes, le destin de ces malheureux piétons. Si traverser une rue à un sens reste possible, une rue à double sens demeure très difficilement envisageable. Les mains chargées d’emplettes, une gentille ménagère modèle essaie. Et une maman, qui, après avoir garé sa voiture, recueille son enfant, son sac à main et le sac à langer le bébé, se doit d’être vigilante. L’absence de trottoir n’arrange pas les choses. Bien sûr, elle a dû grimper dessus pour avoir une place. Et un papa qui attend le bus scolaire de son enfant. Le voilà qui le récupère, lui porte son cartable puis tente de traverser la rue à double sens ; à voir sa tête, on dirait qu’il regarde un match de tennis : droite-gauche-droite-gauche. S’il pleut, c’est la cerise sur le gâteau ! Le don des cieux transforme le chauffeur en chauffard, et le piéton en obstacle à éviter si possible. Quant aux protestations qu’écope un automobiliste s’il décide d’être clément dans son jugement, n’en parlons pas. Une fois l’exploit accompli, notre routier des villes se cloître dans son îlot de sécurité, se remettant de ses émotions. Pourtant, tout le monde a été piéton au moins une fois dans sa vie. Michèle GHARIOS Les victimes devenues bourreaux Je regardais l’autre jour à la télévision, comme tout un chacun, les reportages du 60e anniversaire de la fin des camps de concentration. Devant tant d’horreur, la tentation est de se dire plus jamais ça ! Mais sommes-nous si sûrs que depuis, il ne s’est rien passé ? En Bosnie par exemple, au Tchad et, plus récemment, au Soudan ? Mais les « lobbies » ne sont pas les mêmes et surtout ils n’ont pas les mêmes moyens. Depuis que je suis installé au Liban, je constate que les « anciennes victimes » sont devenue des bourreaux pour ne pas en dire plus. Bien sûr, je suis placé un peu plus près des évènements au Moyen-Orient, mais j’ai du mal à comprendre qu’un pays comme Israël, dont la population a eu à subir tant d’atrocités durant la dernière guerre mondiale, se comporte de la même manière aujourd’hui avec la population palestinienne. Le prétexte de la terre appartenant à je ne sais quel ancêtre me paraît un peu léger quant on regarde l’origine des hommes et comment ceux-ci se sont déplacés sur cette terre. Et ce mur pour, paraît-il, se protéger ou s’enfermer, ne ressemble-t-il pas à quelque chose de déjà-vu du côté de Varsovie ? Yves KERLIDOU Beyrouth Mouvement de gymnastique Dans un numéro de L’Orient du mois d’avril 1929, on pouvait lire l’article signé par un Parisien, comparant la ligne de chemin de fer reliant Beyrouth à Damas à un mouvement de gymnastique. Elle commençait dans notre capitale à deux mètres au-dessus du niveau de la mer pour atteindre les 1 400 mètres à Dahr el-Baïdar puis enfin redescendre en Syrie à un niveau de 850 mètres. Vu que les trains étaient des machines à vapeur dépensant beaucoup d’énergie, l’électrification des lignes était la solution. Le fleuve Nahr Brahim pouvait a lui seul fournir ce courant jusqu’à Alep. Mais, concluait-il, qui des membres de l’actuel gouvernement pensent à ces projets ? Chacun de ces messieurs a pour unique souci de revenir au Parlement. Aujourd’hui après 79 ans, rien n’a changé. La ligne de chemin de fer a disparu, mais la gymnastique continue. On attend impatiemment les bateaux de fuel, mais on est toujours sans lumière grâce à nos politiciens qui, en avril prochain, rêvent de réintégrer l’hémicycle. Antoine SABBAGHA NDLR Dans le nombreux courrier que nous recevons quotidiennement, certaines lettres comportent des passages qui seraient difficilement publiables. Pour cette raison, et aussi afin de faire paraître le plus grand nombre possible de lettres, le journal se réserve le droit de n’en reproduire que les parties les plus significatives et d’en rectifier certains termes désobligeants. En outre, chaque missive doit comporter la signature (nom et prénom) de son auteur. Les lecteurs, nous en sommes certains, le comprendront, ce dont nous les remercions par avance. Adressez vos commentaires par fax (01/360390), par lettre (Rubrique Courrier des lecteurs, boîte postale 2488) ou par mail : redaction@lorientlejour.com
Concomitance de la concomitance

Merci, M. Terjé Roed Larsen, d’avoir trouvé une solution miracle à tous nos maux : il y a une concomitance entre la concomitance des volets syro-libanais, l’accord de Taëf et la 1559. Il y en a même une entre les trois concomitances ci-haut mentionnées et la Confrérie de la Passion, cette association du Moyen Âge qui s’est consacrée à la représentation des Mystères. Mais pour le représentant de l’Onu, il s’agit d’autres genres de mystères qu’il a cependant vite fait d’élucider, tant il est vrai qu’en termes de fraternité, un adage libanais dit bien d’un duo d’inséparables que « leurs intestins sont reliés ». Ainsi va-t-il du duodénum où débouchent le canal pancréatique et le cholédoque…
Et dire qu’il y a encore des Libanais qui se demandent pourquoi...