Demain la nuit viendra plus tard. Solstice du printemps. Vu que chez nous le printemps vient à temps, nous n’avons pas attendu le mois de mai comme ailleurs pour célébrer les mères. Il faut du soleil avec ce mot, «maman». Parce que c’est un mot triste. C’est le mot de la séparation. Un mot qui parle aux viscères, qui les brûle comme une coulée de citron sur une huître. Retournez-les, ces deux «m» du réconfort et ces deux «a» du cri. Observez-les, écoutez-les, partout où ils apparaissent, ils viennent avec une envie de pleurer. Tout le monde est en manque de mère, même le pape qui, dit-on, aime écouter encore les berceuses polonaises de son enfance.
Demain nous porterons des fleurs à celles qui nous ont portés au jour. Ces fleurs, c’est ce que nous sommes. Le produit d’une éclosion. Le résultat jamais parfait d’une maternité toujours maladroite. Elles viennent exprimer, fragiles, le lien irréversible noué un jour, parfois par accident, souvent par hasard, toujours par une pulsion impérieuse de la vie.
Demain, il fera soleil, parce qu’il le faut. Parce qu’elles en auront subi, des violences et des renoncements pour enfin nous offrir la lumière et les ailes qui vont avec, dépasser le mensonge de la vie qui leur fait croire longtemps que nous leur appartiendrons. Parce qu’elles sont belles, les mères, simplement d’être aimées . Ou de ne pas l’être, ou d’être à rebours le support d’un idéal de mère. Ou de nous trouver beaux, ou de nous rêver meilleurs que nous ne le sommes, parce que pour elles nous ne sommes jamais «finis».
Demain il fera soleil. En célébrant les mères, c’est la vie en nous que nous fêterons. Avec ses conflits, ses dangers, sa fragilité, ses tourments, c’est au fond ce que nous avons de plus précieux. À posséder et à transmettre. Et tous les jours, tâcher d’être heureux.
Fifi ABOUDIB
Demain la nuit viendra plus tard. Solstice du printemps. Vu que chez nous le printemps vient à temps, nous n’avons pas attendu le mois de mai comme ailleurs pour célébrer les mères. Il faut du soleil avec ce mot, «maman». Parce que c’est un mot triste. C’est le mot de la séparation. Un mot qui parle aux viscères, qui les brûle comme une coulée de citron sur une huître. Retournez-les, ces deux «m» du réconfort et ces deux «a» du cri. Observez-les, écoutez-les, partout où ils apparaissent, ils viennent avec une envie de pleurer. Tout le monde est en manque de mère, même le pape qui, dit-on, aime écouter encore les berceuses polonaises de son enfance.
Demain nous porterons des fleurs à celles qui nous ont portés au jour. Ces fleurs, c’est ce que nous sommes. Le produit d’une éclosion. Le résultat jamais...
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